Aller au contenu principal

Le Grenelle de l'environnement vu par les élus de la Chambre
L'agriculture en première ligne

Les assises de l'’environnement ont fait parler d'elles lors de la dernière session, sur fond de fièvre catarrhale Ovine.

Pour la Chambre d’Agriculture, “attention à ce que nos filières ne soient pas sacrifiées”.
Pour la Chambre d’Agriculture, “attention à ce que nos filières ne soient pas sacrifiées”.
© E.C.
Le Grenelle de l’environnement est clos. La Manche y était largement représentée puisque Pascal Férey (FNSEA) et Rémi Bailhache (APCA) siégeaient dans le groupe “biodiversité et ressources naturelles” et l’inter-groupe OGM présidé par un autre manchois, J.F. Le Grand. Plutôt amer, Pascal Férey a eu des mots très durs sur certains travaux, “ce que nous avons craint est arrivé, c’était le procès de l’agriculture; d’ailleurs on a failli claquer la porte plusieurs fois dans les discussions du groupe “production et consommation durables” (voir l’interview de P. Férey en page région). Les pesticides aussi Outre les OGM, sur lequel une future Haute Autorité devra donner son avis avec une loi, vraisemblablement votée début 2008, les pesticides ont aussi fait parler d’eux à Paris. “Certains se sont attachés à des propositions chiffrées; cela manque d’ambition” lâche Pascal Férey. “20% des productions en bio ? Pourquoi pas 30, 40%”. Décidément en verve, le président de la FDSEA embraye, “diminuer les phyos ? Oui, mais lorsque l’on voit les infimes tonnages en pommes de terre “bio” cette année et inférieures à la moyenne en conventionnelle, il y a de quoi se poser des question”. Gobalement, une déception pointe de ce Grenelle. Celle d’une agriculture à laquelle tous les gouvernements ont demandé de produire depuis des décennies et que l’on semble sacrifier sur l’autel de futures élections politiques ou bien du populisme. Côté syndical, les propositions de la FNSEA, les seules présentées dans le document distribué lors de la session de la Chambre, vendredi dernier, demandent notamment de préserver l’assise foncière et les facteurs de production induits malgré le développement urbain et économique. Equité La pollution a bien sûr fait parler d’elle au Grenelle. Tout le monde semble d’accord pour développer les bio-carburants. Problème, tous savent que leur culture fait monter fortement le prix des aliments bovins ou porçins. Au niveau des pesticides, Bernard Guillard, membre de la chambre, président du Comité Économique Fruits et Légumes, a mis le doigt sur les distorsions de concurrence en Europe. “Que le Grenelle, ou encore le consomateur, nous disent de réduire nos intrants ? Ok ! Encore faut-il que les producteurs s’y retrouvent financièrement, mais que la législation soit la même sur tous les bassins de production européens”. Pierre Aubril (Confédération Paysanne) estime que son syndicat a largement mis en garde la profession voici plus d’une décennie. “Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur”. Josiane Belliard (Propriété Agricole) estime qu’il est trop facile d’accuser l’agriculture de tous les maux. “Prenons en compte l’impact de tous les acteurs de la vie économique. N’oublions pas que l’agriculture peut apporter des solutions. Enfin, n’oublions pas les propriétaires fonciers dans les discussions”. L’occasion pour J. Belliard d’indiquer, en aparté, “les propriétaires, notamment dans les discussions sur la ligne THT provenant de l’EPR de Flamanville sont à peine consultés...” Ne pas opposer bio et conventionnel Les échanges ont donc été vifs sur ce premier bilan du Grenelle de l’Environnement. Hubert Pignon (Groupement Agriculture Biologique), lui, ne veut absolument pas que le “bio” et le “conventionnel” s’opposent. Propos confortés par ceux de Christian Godard (collège salariés), “les consommateurs risqueraient de ne pas s’y retrouver”. Pascal Férey a toutefois un regret, “le gouvernement avait donné des instructions pour l’on focalise sur tout, sauf sur le nucléaire. Dans un département, comme la Manche, c’est dommage...” La FNSEA, toujours au chapitre des pollutions, a demandé que l’agriculture puisse entrer dans le “Kyoto 2” avec les prairies permanentes. Nouvelles explications de P. Férey, “Cela aurait permis d’ouvrir des milliers d’hectares pour justement lutter contre la pollution globale de l’atmosphère”. Conclusion, “il faut que ce Grenelle continue à vivre”. Rémi Bailhache soulignant, “en fonction des groupes et des affinités de chacun, nous avons pu lier des liens avec des gens qui ne partagent pas forcément nos opinions”. Concernant les autres sujets discutés en session, R. Bailhache a évoqué les “SCOT”,”nous voulons être associé aux discussions. En France, nous consommons beaucoup trop d’espace pour des infrastructures diverses, hors agriculture, ce qui n’est pas le cas, par exemple, en Allemagne”. Dernier sujet d’importance, la la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). Au 24 septembre, selon le GDS, “la maladie continuait inexorablement sa progression avec 1200 cas recensés. A cette date, le virus n’avait pas été trouvé en Basse-Normandie”. Un courrier a d’ailleurs été envoyé à tous les éleveurs leur décrivant les précautions à prendre (traitement insecticide obligatoire de tous les ruminants introduits dans les exploitations du département).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Commémorations : des restrictions de circulation à prévoir le 6 juin 2024
À l'occasion des commémorations du 80e anniversaire du Débarquement, une zone de circulation régulée (ZCR) va être mise en place…
La grande championne du concours régional Prim'Holstein, cette année, est PLK Plusbelle du Gaec Christal de l'Eure.
[EN IMAGES] Festival de l'élevage de Vire : le Graal pour PLK Plusbelle
Elles étaient nombreuses sur le ring de l'hippodrome de Vire, samedi 1er juin 2024 : les Prim'Holsteins venues du Calvados, de l'…
Valentin Flajolet est polyvalent, entre bovins, ovins et équins. Avec Tatiana, génisse de 20 mois, il participe à son 1er concours en tant qu'associé.
Valentin Flajolet, jeune éleveur bien dans ses bottes dans le Calvados
Installé depuis le 15 avril 2024, Valentin Flajolet conjugue entre existant et nouveauté. À Rumesnil, dans le Calvados, il…
Yvonne Mancel, entourée de son fils, Jacques, sa belle-fille, Christine et sa petite-fille, Barbara.
À 103 ans, Yvonne Paris se souvient de la drôle de guerre
À 103 ans, Yvonne Paris fait partie des témoins précieux de cette Seconde Guerre mondiale. Dans les moindres détails, elle se…
Hervé Morin veut régionaliser l'accès à l'agrivoltaïsme
Après avoir tapé du poing sur la table sur la "méthanisation", Hervé Morin remet le couvert sur "l'agrivoltaïsme". La Région…
La semaine dernière, l'association L214 s'est introduite dans un élevage de volailles du département.
L'association L214 s'infiltre dans une ferme ornaise
La semaine dernière, l'association L214 s'est introduite dans un élevage de volailles du département. Une action dénoncée par la…
Publicité