Aller au contenu principal
Font Size

Culture
L'agriculture intégrée : plus d'agronomie pour moins d'intrants en conservant sa marge

A la différence de l'agriculture raisonnée qui propose de traiter chimiquement au cas par cas ou de l'agriculture biologique qui utilise un maximum de leviers agronomiques en s'interdisant les solutions chimiques, l'agriculture intégrée s'offre à nous comme une troisième voie.

En effet, les systèmes intégrés utilisent tous les leviers agronomiques pour réduire un maximum la pression des ravageurs, adventices et maladies, mais sans pour autant s'interdire l'utilisation des produits phytosanitaires.


Les principes de l'agriculture intégrée

Les systèmes intégrés reposent sur le principe de prévention utilisant un raisonnement global des moyens agronomiques pour favoriser les processus naturels de régulation des bio agresseurs (adventices, maladies, ravageurs). Pour limiter l’emploi des produits phytosanitaires, on analysera les causes des problèmes et on mettra en place des moyens préventifs de lutte. Cette lutte passe par une meilleure connaissance des ravageurs, adventices et maladies.  L'objectif n'est pas de maximiser les rendements mais au contraire de conserver la marge en utilisant un minimum d'intrants.


Les outils de l'agriculture intégrée

L'agriculture intégrée se sert de la rotation en diversifiant les espèces (annuelles et pluriannuelles, légumineuses, cultures d'automne et de printemps). Elle utilisera le travail du sol en pratiquant des faux semis, des déchaumages pour faire lever un maximum d'adventices. Elle couvrira les sols en interculture pour étouffer les adventices, capter l'azote et structurer son sol. Pour chaque culture, elle choisira des variétés adaptées et surtout résistantes aux principales maladies de la région et les conduira de façon à ne pas favoriser les ravageurs, maladies et adventices. Ces différents leviers lui permettent, en principe une baisse considérable de l'utilisation des produits phytosanitaires.

Exemple possible en système d'élevage

Avant tout changement de rotation, il est nécessaire d'analyser tous les impacts que cela entraîne, les débouchés possibles et l'organisation du travail. Il est aussi intéressant de raisonner à la rotation et non à l'année. En effet, dans notre exemple, la luzerne pourra être implantée tôt (libération du sol précoce par le méteil). Le maïs et le blé profiteront du précédant luzerne (rendement plus important et fertilisation moindre). Les désherbages seront plus simples et donc moins coûteux (schéma).

Les résultats de l'agriculture intégrée

Aujourd'hui, plusieurs suivis et études, nous montrent de bons résultats, aussi bien au niveau technique, qu'économique. En revanche, ces pratiques demandent une bonne technicité de l'exploitant et de la surveillance. Les tableaux ci-dessous reprennent l'exemple de la culture intégrée du blé. Cette conduite est aujourd'hui bien connue. Elle consiste en un semis plus tardif et plus clair du blé, une baisse de la quantité d'azote apportée et un choix de variétés rustiques. Ces différentes opérations permettent une baisse considérable de l'utilisation des phytosanitaires tout en préservant la marge. Pour la conduite intégrée du blé, l'agriculteur s'y retrouve. Les marges entre les deux itinéraires sont comparables. La conduite intégrée requière moins de passages, demande une avance en trésorerie moins importante (moins d'intrants). En revanche, la céréale est moins productive, mais la logique de cette technique est de raisonner marge et non rendement.

A suivre : le plan ECOPHYTO 2018

Suite au Grenelle de l'environnement, dans le cadre du plan ECOPHYTO 2018, l'état a mis en place des suivis de fermes de références qui ont pour but de baisser l'utilisation des produits phytosanitaires de 50 % d'ici 2018. Cette réduction passe notamment, par la mise en place de différents leviers agronomiques (rotation diversifiée et plus longue, travail du sol en intercultures, itinéraires économes en intrants).Aujourd'hui, en Normandie, 8 réseaux sont constitués. Ils regroupent des exploitations de polyculture-élevage, de grandes cultures ou encore de cultures légumières (carte). Après leur mise en place en 2009 ou 2010, les premiers résultats devraient être disponibles assez rapidement et nous vous invitons à suivre attentivement la presse agricole qui ne manquera pas de relayer leurs travaux.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fermer les abattoirs, c’est tuer les éleveurs
Dimanche 7 juin 2020, le préfet de la Manche a pris la décision de fermer le dernier abattoir de la Manche, à Saint-Hilaire-du-…
MOISSON ORGE
Les orges ouvrent le bal des batteuses
Dès le milieu de la semaine dernière, les batteuses ont ouvert le bal de la moisson. Les orges, comme à leur habitude, sont les…
JA NORMANDIE
JA Normandie renouvelle son bureau
Après les élections départementales, JA Normandie a élu son nouveau bureau mardi 23 juin. Questions à Alexis Graindorge qui…
Le soja normand prend de l’ampleur
En 2019, la Région lance un appel à projets pour son plan protéines végétales. Le Soja made in Normandie (SMN), alliant, entre…
SAFER - JA NORMANDIE
Safer et JA de Normandie luttent contre l’accaparement des terres
En attendant une loi foncière, Safer et JA de Normandie s’organisent pour lutter contre le transfert opaque des terres. En 2019,…
Maltot exauce le vœu de la ruralité
Maltot, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est son château, sa MFR et son Bœuf en fête. La commune compte 1 095 habitants, se…
Publicité