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Élevage
Lait : Coûts de production en hausse

Le prix des céréales flambent. Quelles conséquences pour le département. Analyse de Philippe Legrain (Chambre d’Agriculture).

Les cours des céréales flambent et se répercutent sur les coûts de production d’élevage.
Les cours des céréales flambent et se répercutent sur les coûts de production d’élevage.
© DR
Al’occasion de la session Chambre d’Agriculture, Philippe Legrain, technicien, en se basant sur les résultats des comptes par système CER-Chambres de Normandie, a développé les conséquences de hausse des prix sur les grandes cultures et les produits laitiers. Les causes C’est clair, céréales et oléagineux ont pulvérisé des records. Quelques chiffres, “le prix du blé rendu à Rouen cotait 115 euros en juillet 2006 (niveau déjà élevé). A la mi-juillet 2007, la cotation au mois d’août atteignait tout d’abord 220 euros/tonne, puis 240, 260 et enfin 285 euros/tonne début septembre”. Selon P. Legrain, plusieurs explications à cette flambée. “Une récolte décevante sur 2007 dans le monde en céréales, des stocks au plus bas auxquels s’ajoutent une demande en progression, surtout en asie, ainsi qu’un développement des biocarburants”. Quant à la pérennité de ces prix élevés, personne ne veut se hasarder à faire des pronostics. Concernant les produits laitiers, le retournement du marché a été total... en quelques semaines ! Le beurre et la pourdre ont vu leurs prix s’envoler respectivement de 90 et 40% avec tout de même à la clé une revalorisation du prix à la production. “La hausse des prix vient de la sécheresse observée depuis trois ans en Australie, mais aussi de hausse des achats de produits laitiers par la Chine notamment”. Par ailleurs, il semble que la hausse faible, mais continue, de la consommation européenne de fromages a tari progressivement le surplus de beurre et de poudre que l’Europe exportait sur le marché mondial. “A court terme, les prix seront très élevés jusqu’en décembre. A moyen terme, les prix des produits laitiers seront en hausse de 40%”. Conséquences Celles-ci sont importantes. P. Legrain souligne, “si on constate + 30% sur le prix en céréales et colza, le revenu augmente de 20 000 euros. Cette hausse des recettes céréalières variera assez fortement d’une exploitation à l’autre, notamment sous l’effet du mode et de la période de commercialisation choisie”. Pour les éleveurs, la hausse des céréales les touchent de plein fouet au niveau de l’alimentation animale. “En août 2007, la hausse des aliments concentrés était de 30 à 50% par rapport à août 2006. Pour l’ensemble de la campagne en cours, les prévisions sont de l’ordre de + 50%”. Voilà qui n’est pas sans poser des difficultés aux producteurs de porcs . L’aliment coûtait 158 euros/tonne en 2007, il est estimé à 235 euros/tonne pour cette campagne. “A noter que la hausse de la production européenne de porcs et la forte concurrence sur le marché mondial, tendent à faire baisser les prix”. Pour la production laitière, la hausse des coûts de production est estimée à + 21 centimes d’euros (pour une hausse de 30% des concentrés). A cela s’ajoute des problèmes de pénurie de fourrages sur certaines régions de la Manche, d’où une nouvelle obligation d’achat.
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