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FDSEA de l'Orne
Lait : les OCEP (Organisation Collective et Economique des Producteurs) en débat de producteurs

Conjoncture laitière, marchés et surtout organisation collective et économique des producteurs étaient au cœur de la journée “lait” proposée par la FDSEA avec les JA

Face à une soixantaine de producteurs de lait ornais, Patrick Ramet (trésorier de la FNPL) a plaidé pour “des OP avec plusieurs clients et massifiées, 500 producteurs, peut-être plus. Pourquoi pas 1 milliard de litres de lait ?”
Face à une soixantaine de producteurs de lait ornais, Patrick Ramet (trésorier de la FNPL) a plaidé pour “des OP avec plusieurs clients et massifiées, 500 producteurs, peut-être plus. Pourquoi pas 1 milliard de litres de lait ?”
© TG

"OCPE : qu’est-ce que c’est que cette bête ?” Une formule idoine qu’a utilisée Olivier Borel (président de la FDSEA) pour lancer le débat sur l’organisation collective et économique des producteurs de lait. Face à une soixantaine de syndicalistes jeunes et aînés réunis mardi dernier à Alençon : Patrick Ramet, trésorier de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait), une des chevilles ouvrières du projet OCEP. Producteur de lait en Haute-Savoie (un GAEC de 6 associés avec 900 000 litres de référence), il défend une contractualisation qu’il a testée au niveau de sa coopérative avec Entremont et Lactalis. “On peut être parfaitement indépendant tout en étant partenaire de grandes entreprises régionales ou nationales”, plaide-t-il.

Vous avez évoqué dans vos propos le terme “révolution”. Pourquoi ?
Patrick Ramet. Parce que l’on change définitivement de monde. Le monde organisé, qui date de la PAC, avec ses mécanismes d’intervention, de stockage, d’aides à l’exportation, de prix de références (...), tout cela est en train de disparaître. Y compris le dernier né des outils de régulation qu’étaient les quotas. Nous rentrons dans un monde dérégulé. Notre difficulté est de percevoir ce que cela va représenter à notre niveau.

On en a eu tout de même déjà un petit aperçu ?
P. R. Effectivement depuis 2007 avec des augmentations, des baisses puis à nouveau une phase d’augmentation telle qu’on la vit aujourd’hui. La volatilité des marchés, et donc celle du prix du lait, ça va être notre quotidien.

Pas facile de produire dans ces conditions?
P. R. En tant que syndicaliste FNPL/FNSEA, on n’a pas voulu cette situation. On l’a combattue. Mais il faut être réaliste et ne pas rester dans l’idéologie du “Y-a qu’a et du faut qu’on”. Il y a un combat que nous avons perdu mais une réalité qui s’impose à nous. Il nous fallait donc mettre en chantier des outils nouveaux pour que les producteurs soient moins fragiles.

Quelles sont les priorités ?
P. R. Puisque au travers de la LMA (Loi de Modernisation Agricole), les pouvoirs publics ont souhaité un transfert de responsabilités vers les professionnels, il faut mettre en place une nouvelle organisation de la filière et gérer les relations entre les différents acteurs, non pas par des règles administratives, mais par des contrats.

L’aboutissement de cette réflexion, ce sont les OCEP  ?
P. R. C’est un des aboutissements. Historiquement, l’organisation des producteurs passait essentiellement par le monde syndical (Ndrl : FNPL). On dit aujourd’hui : le syndicalisme à lui seul ne pourra pas assumer l’ensemble de la problématique de la filière laitière. La dimension économique va prendre de plus en plus d’importance. A côté et avec le syndicalisme, il faut mettre en place des organisations qui auront un rôle économique plus fort qu’auparavant. C’est pourquoi nous proposons les OCEP. 

Les producteurs de lait vont donc disposer de deux outils ?
P. R. Un outil politique et un outil économique qui s’appelle coopérative, GIE, association, syndicat de vente... La forme juridique importe peu.

Cependant, les OP(Organisation de Producteurs) existent déjà ?
P. R. Elles ne sont pas à la bonne dimension, pas de nature à remplir un rôle économique satisfaisant. Il faut massifier, restructurer, rassembler les OP là où il y en a et en créer là où il n’y en a pas. Par ailleurs, la FNPL considère qu’elles ne doivent pas s’organiser uniquement autour des entreprises. Elles doivent être inter-entreprises comme n’importe quelle activité économique.

Pourquoi ?
P. R. Parce que quand on a un seul client, on est complètement dépendant. Il faut lutter contre cette dépendance économique. C’est plus facile d’aller rechercher un client pour 25 % de son débouché que pour 100 %.

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