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Manche
Lait : un prix correct à maintenir

Jean-François Bouillon, président des JA 50, salue la remontée des installations sur 2011. “Elles sont conditionnées à la production phare du département”

Jean-François Bouillon : “arriver à une “garantie fermage” sécuriserait les propriétaires et profiterait aux futurs installés”.
Jean-François Bouillon : “arriver à une “garantie fermage” sécuriserait les propriétaires et profiterait aux futurs installés”.
© EC
En 2003, Jean-François Bouillon s’installe en individuel (lait AOC et taurillons avec 125 ha de SAU) à Ancteville, petite commune du Coutançais. Dans la foulée, il s’engage dans les JA, dont il devient le président départemental en 2009. Son cheval de bataille ? L’installation bien sûr, elle conditionne l’avenir agricole de la Manche.

Investissements justifiés
D’emblée un satisfecit, les années sombres en matière de dossiers DJA s’efface sur 2011. “Nous sommes sur la crête des 130 installations. Logique, se réalisant pour la majeure partie en production laitière, l’installation est conditionnée par la bonne santé du prix et les perspectives de volumes”. Et de rappeler au passage que les Jeunes Agriculteurs, au niveau régional, ont obtenu une sacrée victoire en début d’année : 90 000 litres octroyés à chaque installé, sans reprise de foncier, “du gratuit purement et simplement, qui représente un sacré coup de pouce pour un jeune reprenant une structure de 200 000 litres (moyenne départementale) souligne Jean-François Bouillon, moi, je me suis installé avec 80 000 litres, il y a moins de dix ans”. Le lait se porte donc mieux. Pas question cependant de faire du triomphalisme. “La remontée des cours apporte une bouffée d’oxygène sur les trésoreries. Attention, il ne s’agit que d’un prix raisonnable par rapport à la hausse des charges. De même, j’entends beaucoup de critiques sur les investissements en matériels par les jeunes agriculteurs. Là aussi, nos détracteurs doivent avoir conscience que nous devons avoir de bons outils pour être compétitifs”.

Le foncier en question
L’installation est avant tout liée au foncier. “Les jeunes sont malheureusement freinés par  des prix qui augmentent sans cesse, sans compter un grignotement des terrains agricoles au profit d’autres secteurs d’activités (entreprises, lotissements). Les propriétaires ont de plus en plus tendance à vendre au lieu de mettre en fermage”. En clair, les propriétaires ruraux, au fil des successions (parfois les héritiers n’habitent pas le département, ni même la région) veulent ramasser un capital. “Sans doute un manque de confiance dans l’avenir des productions, notamment en matière de prix. En clair, ils craignent de ne plus être payés à un moment ou un autre”.
Jean-François Bouillon plaide pour une “garantie fermage” qui a bien du mal à se mettre en place. “Au Conseil général, il existait une ligne sur le sujet qui n’a jamais été activé. Aujourd’hui, les JA travaillent avec Groupama sur le sujet. Les dirigeants sont assez favorables, sur le principe, à cette “garantie fermage”. De toute façon, nous n’avons pas le choix, le département estime que cela ne rentre plus dans ses attributions”.

Viande bovine
La session nationale “viande bovine JA” s’est déroulée récemment dans la Manche. Jean-François Bouillon analyse les prix qui remontent “c’est clair, après des années de crise, on voit les abattoirs réclamer des animaux, dans quasiment toutes les catégories. La France manque donc de viande. Attention, la hausse enregistrée ne peut effacer les dégâts dans la filière, notamment chez les jeunes. N’oublions pas que dans le département, grosse zone d’engraissement, des éleveurs ont parfois préféré laisser les bâtiments vides, c’était encore plus rentable que de vendre à perte”.
Dernier point la PAC et colère du président des JA. “Une réforme est prévue. Elle ne nous convient pas. Les DPU varient suivant l’intensification des exploitations. La PAC veut aller vers une convergence des aides quel que soit le système mis en place sur une ferme. Nous y sommes totalement opposés. D’autant plus que les aides PAC correspondent en général au revenu disponible pour l’agriculteur. Diviser par deux les aides du jour au lendemain est une hérésie. Ceux qui bénéficient de DPU élevés ont répondu à une demande de l’aval des filières. Pas question qu’ils paient pour un mutualisme de mauvais aloi”.
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