Aller au contenu principal

L'amour est dans le pré : fidèle à la réalité ?

La chaîne de télévision M6 diffusait le 4 janvier une émission spéciale pour fêter les dix ans de l'Amour est dans le pré. Une longévité presque surprenante pour un programme télévisé qui s'expliquerait par un savant mariage de valeurs qui touchent les téléspectateurs.

© TG

"Nous présentons une vision magnifiée de l'agriculture", reconnaît Marie Genest, directrice du divertissement et des magazines chez FremantleMedia, la société qui produit L'Amour est dans le pré. "Nous sommes les seuls à parler d'agriculture de façon très positive, mais cela ne veut pas dire que nous ne connaissons pas les difficultés économiques et le problème du suicide chez les agriculteurs", poursuit-elle. Les propos de Marie Genest sont clairs et, au-delà de son expertise en télévision, elle admet avoir beaucoup appris en 10 ans sur le milieu agricole. "Je peux vous parler de la fin des quotas laitiers si vous voulez!", plaisante-t-elle.

Témoin de l'évolution de l'agriculture
Et l'émission semble être à son image. "Si quelques candidats des premières saisons semblaient parfois caricaturaux, depuis quelques années, les différents profils des agriculteurs de l'émission reflètent bien la grande diversité du milieu agricole", analyse Christophe Giraud, sociologue à l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) spécialisé dans les relations familiales et le milieu rural notamment. "Lorsque nous faisons les castings, nous nous basons sur plusieurs critères : nous cherchons à couvrir toutes les régions, présenter des activités agricoles diverses et avoir un panel d'âges large", explique Marie Genest. Si ces critères existent depuis les premières saisons, l'expérience acquise par les équipes de production de FremantleMedia et l'évolution des techniques agricoles ont modifié sensiblement le casting. "Nous ne rencontrons plus les mêmes agriculteurs, témoigne Marie Genest. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'agriculteurs très diplômés, modernes de par leurs outils de travail mais aussi leur façon de vivre. Il est essentiel que nous reflétions cette réalité !"
"L'équilibre du casting est intéressant, observe Christophe Giraud, entre agriculture traditionnelle et systèmes de production modernes, avec des types de productions très variés".

Les agriculteurs conquis
"Pour la première saison, on craignait d'avoir du mal à trouver des candidats", témoigne Marie Genest. Finalement, de nombreux agriculteurs ont souhaité participer à l'émission. "Bien sûr, il y a eu de la méfiance au départ. Les agriculteurs, surtout les agricultrices, étaient réticents". Le sociologue Christophe Giraud explique les craintes des débuts par le fait que "le célibat était un peu un sujet tabou dans la profession agricole".

Du rêve pour les téléspectateurs
En mettant cette problématique en lumière, les organisations d'agriculteurs craignaient que les jeunes s'éloignent de cette profession déjà vieillissante, selon le sociologue. "Finalement, les agriculteurs ont très vite été rassurés lorsqu'ils ont vu l'image positive de l'agriculture que l'on projetait", se félicite Marie Genest. "Aujourd'hui, vous n'imaginez pas les quantités de lettres de candidatures d'agricultrices et d'agriculteurs que nous recevons chaque jour !" La plupart des anciens candidats sont d'ailleurs satisfaits et constituent les meilleures cautions de l'émission. Selon la production, sur plus de 100 candidats passés par l'émission en 10 ans, près de 70 sont aujourd'hui en couple (grâce à l'émission directement ou à ses répercussions), 17 mariages ont été célébrés et 39 enfants sont nés. Niveau audience, L'amour est dans le pré reste le programme phare de M6. Pourquoi un tel succès ? Pour Christophe Giraud, les téléspectateurs ont un regard nostalgique sur l'agriculture, ils sont attachés à ce milieu traditionnel. Selon Marie Genest, une émission de "dating" sur une autre profession n'aurait pas un tel succès.
"Lorsqu'on leur montre la campagne, les téléspectateurs voient le bon vivre, la qualité de la vie, la bonne nourriture". Par ailleurs, "l'émission a un côté magique car elle met en présence des gens qui ont peu de chances de se rencontrer", explique Christophe Giraud. Ils ne sont ni de la même région, ni du même milieu, et pourtant "l'amour naît de ces rencontres improbables". L'émission donne également à voir des valeurs chères aux Français, notamment les liens de la terre. Marie Genest a été marquée par un candidat de la saison 2015, un jeune producteur de porcs élevé par une famille adoptive. "Pour lui, reprendre l'exploitation de ses parents adoptifs se présentait comme une évidence", explique-t-elle.
Marie Genest, qui confie "adorer ce programme" entend bien repartir de plus belle pour "10 saisons de plus !"

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
À Domjean, l'agriculteur a pu remettre sur route les automobilistes.
[EN IMAGES] Les agriculteurs prêtent main-forte aux laitiers et automobilistes
Le 5 janvier, la neige a semé la pagaille dans la Manche. Elle a rendu les routes parfois impraticables dans la Manche. Les…
Publicité