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L'AS CEFIGA tisse sa toile ornaise

Malgré une conjoncture agricole catastrophique, la greffe CEFIGA dans l'Orne poursuit un développement conforme aux objectifs.

© TG

lll FDSEA et CEFIGA faisaient stand commun ce week-end à la foire de Montilly. Un point d'actualité avec Anne-Marie Denis (présidente de la FDSEA) et Jean-Jacques Adam (adjoint de direction du CEFIGA)

>> Qu'est-ce que l'AS CEFIGA ?
Jean-Jacques Adam. C'est une AGC spécialisée dans la gestion et la fiscalité agricole. Nous sommes implantés dans la Sarthe où nous comptabilisons 3500 adhérents.

>> Dans la Sarthe mais aussi dans l'Orne. Quel est le point de départ ?
Anne-Marie Denis. Une volonté politique à la fois de la FDSEA et de la Chambre d'Agriculture. C'était un choix commun de conventionner avec un centre comptable purement rural. L'AS CEFIGA nous a semblé alors être le meilleur partenaire. Après 18 mois de recul, nous sommes confortés dans notre choix.

>> C'est quoi sa particularité ?
Anne-Marie Denis. Le CEFIGA est un organisme syndicaliste dans l'âme, créée par la FDSEA de la Sarthe. On le sent bien à travers son personnel qui a la fibre agricole, le sens de la proximité... Ce n'est pas forcément le cas partout.

>> La greffe a bien pris dans l'Orne ?
Jean-Jacques Adam. Nous comptabilisons à ce jour une centaine d'adhérents et 3 bureaux à Alençon mais nos comptables se déplacent partout dans l'Orne pour assurer un service de proximité. Nous avons cependant l'ambition à court terme de nous déployer dans tout le département au fur et à mesure de notre développement.

>> Un mot sur la conjoncture ?
Anne-Marie Denis. Aujourd'hui, nous sommes dans une impasse. L'an dernier, il y a avait de grosses difficultés à cause du prix du lait et de la viande. Nos trésoreries se sont alors fortement dégradées. En 2016, s'ajoutent une baisse du prix des céréales, de mauvais rendements et un manque de fourrage en foin et maïs. Pour nourrir les animaux cet hiver, de nombreux éleveurs vont devoir en acheter. De jour en jour, la situation se dégrade. Les perspectives à court terme me font très peur.

>> Les annonces faites par le Premier ministre la semaine dernière ne sont pas de nature à vous rassurer ?
Anne-Marie Denis. Il y a quelques éléments exploitables mais il y a aussi beaucoup de communication dans ces annonces. Ces mesures ne vont pas constituer une bouée de sauvetage pour les agriculteurs.
Jean-Jacques Adam. Ces annonces ne vont pas profondément changer la situation. On parle de restructuration ou de consolidation des emprunts. Est-ce que cela est de nature à sauver l'agriculture? J'en doute.

>> Les perspectives à moyen terme semblent meilleures ?
Anne-Marie Denis. On n'aura sans doute pas en 2017 des récoltes aussi catastrophiques qu'en 2016. Alors oui, ceci plus cela peut laisser présager des jours meilleurs mais ces deux dernières années de crises ne se cicatriseront pas en une campagne. Il nous faudra 2 à 3 ans pour nous remmettre à l'équilibre en espérant qu'une autre crise ne nous tombe pas dessus.

>> 2017, c'est une année d'élection présidentielle. La présidente de la FDSEA s'y intéresse ?
Anne-Marie Denis. Je regarde de très près les programmes agricoles des candidats mais dire qu'il y en a un de meilleur que les autres, «non». Mon rêve serait de picorer ici ou là pour bâtir un programme qui correspondrait à nos attentes.

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