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ETA Jean-Claude Dubois
L’autochargeuse/ensileuse revient dans son pré bas-normand

250 ha d’herbe ensilée pour sa première année de fonctionnement du côté de La Croix Avranchin (50). Un retour gagnant.

Christian Savary et Jean-Claude Dubois. Ensilage à l’autochargeuse ou avec l’ensileuse automotrice : le prix de revient est comparable. Par contre, question contraintes et organisation de chantier, avantage à la première citée.
Christian Savary et Jean-Claude Dubois. Ensilage à l’autochargeuse ou avec l’ensileuse automotrice : le prix de revient est comparable. Par contre, question contraintes et organisation de chantier, avantage à la première citée.
© TG
Entrepreneur de travaux agricoles à La Croix Avranchin (50), Jean-Claude Dubois a investi l’an dernier dans une autochargeuse/ensileuse de marque Pöttinger. Aucun client au départ mais l’offre a généré la demande. Pour sa première année de mise en service, elle a ensilé 250 hectares de prairies mais aussi de la luzerne, du blé et de la paille. Un chantier simplifié Le principal atout de l’autochargeuse/ensileuse repose sur l’organisation du chantier puisqu’elle transporte jusqu’au silo le fourrage. Besoin donc uniquement d’un tracteur et d’un chauffeur en dehors des opérations de tassage. Un avantage plus particulièrement apprécié dans une zone où la récolte de l’herbe vient se télescoper avec une grosse pointe de travail liée aux semis de maïs. Côté débit de chantier, Jean-Claude Dubois annonce de 2 à 4 ha par heure. "Un débit très variable cependant lié à la distance entre la parcelle et le site de dépôtage" précise notre entrepreneur. Autre avantage : un entretien et une maintenance plus simple et moins onéreuse qu’une ensileuse automotrice. Quant à la capacité de la remorque, son volume affiche 47 m3 correspondant à 72 m3 de fourrage comprimé soit environ 17 T, l’équivalent d’environ un hectare. Besoin de puissance Si la technique présente des avantages indéniables, certains préalables comme la puissance du tracteur sont à respecter. Jean-Claude Dubois utilise à ce titre un tracteur développant 220 cv. Parallèlement le tassage s’avère plus délicat qu’avec un ensilage traditionnel. Il doit donc faire l’objet d’une attention particulière. Côté dessilage, ça se complique aussi un peu et le godet déssileur selon certains spécialistes ne serait pas adapté. Rien de rédhibitoire cependant. Dernière précaution que prend enfin notre entrepreneur, il fauche (à la faucheuse/conditionneuse) tout ce qu’il ensile. Question de qualité de travail et de respect du fourrage. C’est ainsi, qu’en conditions moyennes, il lui faudra 7 mn pour remplir la remorque et 3 mn pour la vidanger. Côté prix de revient, peu ou pas de différence pour l’agriculteur en comparaison avec un ensilage classique. Par contre pas de voisins ni de remorques à mobiliser pour le chantier et donc pas "de corvées à rendre". Et pour Jean-Claude Dubois, une utilisation supplémentaire pour son tracteur de grosse puissance sans compter l’économie de deux journées de travail correspondant au changement de configuration de l’ensileuse maïs/herbe. La Manche dénombre à ce jour 4 machines de ce type. Un marché qui pourrait encore se développer au niveau des ETA et des CUMA, voire même au niveau des exploitations individuelles avec des machines de moindre puissance. Th. GuillemotChristian Savary (CA 50). Une place entre l’enrubanneuse et l’ensileuse automotrice L’autochargeuse/ensileuse avait, il y a une quinzaine d’années, fait une première tentative d’implantation dans notre région. Semi échec ! "Les gros tracteurs de l’époque affichaient 110 cv. Ils manquaient de puissance, explique Christian Savary, technicien machinisme à la Chambre d’Agriculture de la Manche. Parallèlement, les dispositifs de hachage étaient dotés de moins de couteaux". Verdict : des débits de chantiers insuffisants et une qualité d’ensilage un cran au dessous par rapport au travail réalisé par une ensileuse automotrice. Depuis, les équipements ont évolué et l’autochargeuse/ensileuse retrouve un regain d’intérêt pour se positionner entre l’ensilage classique et l’enrubannage. " Avec deux remorques, on arrive d’ailleurs à un débit de chantier similaire à celui d’une grosse ensileuse, fait remarquer Christian Savary. La concurrence est donc bien là. Et si l’enrubannage constitue aussi une alternative, cette technique est plus coûteuse en temps et en argent (mais le bachage est mécanisé) sans parler des équipements spécifiques qu’elle peut nécessiter (comme le pince balle). Ultimes arguments enfin en faveur de l’autochargeuse/ensileuse : sa polyvalence. Elle peut en effet aussi ramaser la paille (pour une utilisation en logette ou en poulailler) et même servir au transport de l’ensilage de maïs !
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