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60 bougies pour la FDSEA
L’avenir se construit aussi avec le passé

Le syndicat agricole fêtait, vendredi dernier, ses soixante ans. L’occasion de retracer le parcours d’une profession qui nourrit encore et toujours les Français.

1200 adhérents de la FDSEA se sont réunis, vendredi soir, au Hall des Ronchettes de Saint-Lô pour fêter le 60è anniversaire de la structure. L’occasion pour les responsables syndicaux, Pascal Férey en tête, de mettre en exergue une certaine idée du syndicalisme agricole. Au menu de cette soirée qui restera sans doute dans les annales, Henri Nallet, ancien Ministre de l’Agriculture et Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Sur tous les fronts “Si certains doutent encore de la force de la FDSEA, qu’ils se rassurent, elle est présente sur tous les fronts depuis 60 ans” explique en préambule Pascal Férey. Il est 20 h, les invités se pressent à l’entrée du hall, aménagé en une immense salle de restaurant. Chaque table (voire plusieurs) porte le nom d’un canton. A l’entrée, FDSEA et JA dirigent les invités vers leur chaise, dont de nombreux conseillers généraux. Sur des panneaux, des fac-similés de la “Manche Rurale”, puis de l’Agriculteur Normand, édition Manche, retracent tous les évènements, petits ou grands, qui ont jalonné l’agriculture départementale. 20 h 45, tout le monde est en place, la soirée peut débuter. Agriculture offensive A la table d’honneur, on remarque, outre les présidents de la Chambre d’Agriculture et des JA, J.F. Le Grand pour le Conseil Général, Michel Raimbaud (DDAF) et bien sûr Henri Nallet, ancien Ministre de l’Agriculture au début des années 1990. C’est lui qui ouvre le “bal” avec un discours qui s’avère un véritable plaidoyer pour une agriculture offensive et surtout qui a encore toute sa place aux niveaux national et européen. Henri Nallet débute son intervention par quelques souvenirs, “avec Michel Cottebrune, Michel Hamel, ça a souvent été chaud.... C’était il y a bien longtemps puisque 15 ministres m’ont succédé”. Tout en évoquant le soixantième de la FDSEA, “un bel âge”, H. Nallet a rendu hommage “au travail effectué depuis des décennies. “A mon avis, les responsables politiques n’ont pas conscience de ce que deux générations d’agriculteurs ont bâti. Lorsque j’ai débuté en agriculture, la moyenne économique laitière était à 2000 litres/an. D’énormes progrès ont donc été faits. D’ailleurs, lorsque l’on vous a demandé de produire dans tous les domaines, vous avez répondu présents. En clair, vous étiez le pétrole vert de la France. Je vous tire mon chapeau”.ugmenter la productivité Sur l’avenir du monde agricole, Henri Nallet se fait revendicatif. “Nous sommes dans une période de dénigrement facile (vache folle, dioxine, etc...) Vous vous interrogez sur votre avenir. Mais soyez-en sûr, vous en avez un ! Je suis persuadé que dans les 20, 30 ou 40 années qui viennent, la société aura besoin de vous comme producteur d’aliments mais aussi comme occupant de l’espace rural. Dans les 30 prochaines années, notre planète va passer de 6 à 9 milliards d’habitants. Nous n’avons pas assez de réserve foncière, il va donc falloir produire encore et toujours. Nous y arriverons si la productivité augmente de 2%. Il faudra peut-être voir du côté des OGM”. Et de conclure, “vous serez toujours soumis à la concurrence mondiale, vos exploitations doivent donc être compétitives. Ceux qui disent le contraire vous mentent. Vous devez donc être combattifs. Pour y arriver, il faut absolument un accord entre le gouvernement et les syndicats agricoles. Bref, l’agriculture doit retrouver la place qu’elle avait lors du Traité de Rome en 1957”. mmmmmm Dans la foulée, c’est au tour des anciens présidents de venir sur l’estrade pour être remerciés de leur travail. Il y a là Auguste Lefèvre (1964/1973) qui a aussi défendu l’agriculture au Conseil Général; Michel Cottebrune (1973/1983), Michel Hamel (1983/1991) et Eric Lecler (1991/1995) auquel a succédé Pascal Férey. Chacun est reparti vers sa table avec une médaille commémorative et sans la larme à l’oeil. Christiane Lambert, elle, parle de la Manche comme d’un département qui fournit beaucoup de responsables professionnels. “60 ans, c’est le bel âge. En 1946, tout était à construire avec des hommes et des femmes à l’esprit conquérant. La FNSEA, c’est une aventure extraordinaire. Nous pouvons être fiers de notre riche passé car nous avons apporté des atouts irremplaçables. Aujourd’hui, notre secteur, peu le savent, représentent aussi 1. 800 000 emplois et 9 milliards d’excédents dans la balance commerciale”. Christiane Lambert parle aussi des acquis récents de la FNSEA, “DPU, remboursement de la TIP notamment”. Sur la disparition des quotas, “cela aurait des conséquences dramatiques, idem pour le découplage total en viande bovine”. En final, la vice-présidente de la FNSEA se prononce pour “une nouvelle réflexion sur le système de protection sociale et une meilleure gestion du foncier, face au grignotage des zones habitées”. Quant au bio-carburants, “l’agriculture, elle le prouve, est porteuse de solution et non de pollution”. Nouveaux combats Pascal Férey, lui débute son allocution, avec une pensée pour Charles Mélingue (journaliste à France 3 Cherbourg), récemment décédé, avant de rappeler le défi du monde agricole pour demain. “Certains agriculteurs refusent de voir la force du syndicalisme. Mais, la préservation du prix du lait, l’acompte sur le fuel ou encore celui sur les DPU sont des faits bien réels. Pour demain, d’autres chantiers nous attendent, à commencer par la reconnaissance des droits des femmes comme conjoints en agriculture, mais aussi des retraites agricoles. Nous sommes loin des 75% du Smic. Enfin, je remercie l’ensemble des OPA pour nous avoir épaulé dans nos combats. Je remercie aussi celles qui nous ont aider à préparer cette soirée. Soyez fiers d’être paysans !”
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