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L’aviculture bat de l’aile

La grippe aviaire est de retour dans le sud-ouest de l’hexagone. Un arrêté datant du 15 juillet 2016 présente les différentes mesures de biosécurité mises en place dans le cadre de la lutte contre l’influenza aviaire. Explications d’Emmanuel Prévost, éleveur à Normandel (61).

© ED

Emmanuel Prévost est aviculteur à Normandel (61). Il est installé en polyculture élevage avec 70 hectares de surfaces agricoles utiles et 2 400 m² de poulailler en production standard (poulets, dindes, pintades). L’agriculteur a assisté à la réunion d’information concernant les mesures de biosécurité mise en place par l’arrêté du 15 juillet 2016. Le territoire ornais est passé en risque « élevé » concernant le virus.

Des mesures déjà appliquées
Pour l’exploitant, l’arrêté a provoqué « beaucoup de bruit pour pas grand-chose, surtout pour les productions déjà confinées ». En effet, les mesures mises en place afin de lutter contre le virus sont déjà appliquées dans les élevages avicoles, la plupart du temps. « L’arrêté prévoit des normes que nous avons déjà : un sas sanitaire dans chaque bâtiment, du matériel de désinfection et de nettoyage, le confinement des volailles. L’arrêté est plus complexe pour les éleveurs labellisés élevant les animaux en plein air », explique Emmanuel Prévost. En effet, les éleveurs labellisés sont plus handicapés par cet arrêté. Tous les élevages doivent mettre en place un plan de circulation concernant les véhicules amenés à circuler sur le site. Les engins ne doivent pas passer deux fois au même endroit. Quelques normes sont nouvelles, mais ne nécessitent pas beaucoup d’investissements pour les aviculteurs. « Nous devons cloisonner le site. Nous avons mis une chaine à proximité des bâtiments pour que les véhicules ne puissent pas entrer.  Nous devons également mettre le bac d’équarrissage en bordure de site, et non à proximité des bâtiments. Une formation est aussi obligatoire pour tous les exploitants et salariés avicoles, pour prévenir des risques de propagation », affirme Emmanuel Prévost.

Ne pas créer de psychose
Ce genre de crise sanitaire est néfaste pour le monde agricole, déjà très affaiblie par la conjoncture. Notamment à l’approche des fêtes de fin d’années, moment où la consommation de foie gras, dinde, chapon explose. « Les éleveurs labellisés risquent de voir la demande baisser. Mais il ne faut pas créer de psychose. Les consommateurs ne doivent pas oublier qu’une fois la viande cuite, ils ne risquent  plus rien. De plus, la grippe aviaire n’est transmise que par les oiseaux migrateurs. Si les intervenants extérieurs jouent le jeu, en se désinfectant entre chaque ferme, les productions standard n’ont rien à craindre. Nous, aviculteurs, faisons aussi ce qu’il faut pour protéger nos animaux de ce virus, il faut nous faire confiance », déclare l’aviculteur. Ce dernier déplore le manque de communication auprès des consommateurs, et la peur que font naître les médias. Il poursuit :
« Les médias font certaines fois beaucoup de mal à l’agriculture. Il ne parle du monde agricole que lorsqu’il y a des manifestations, des crises sanitaires ou des scandales. Il faut aussi parler de nous quand ça va bien ». Que les consommateurs et éleveurs se rassurent, après cet épisode de grippe aviaire dans le Sud-Ouest, la France retrouvera son statut indemne au virus au 1er janvier 2017. Rappelons aussi qu’aujourd’hui, aucune étude n’a établi que le virus était transmissible à l’homme.

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