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Viande
Le bœuf AOC “Le Bringé” au milieu du gué

Environ 10 ans. C’est le temps qu’il faut compter pour obtenir le fameux sésame que représente une AOC. Le dossier “Le Bringé” est en instruction depuis 5 ans. Sur le terrain, une poignée d’éleveurs se bat becs et ongles.

Denis Lelouvier : “il ne faut surtout pas que le Bocage laisse filer ce train de l’AOC. C’est l’intérêt économique qui mobilisera les producteurs pour assurer une production régulière donc suffisante en volume et en qualité AOC”.
Denis Lelouvier : “il ne faut surtout pas que le Bocage laisse filer ce train de l’AOC. C’est l’intérêt économique qui mobilisera les producteurs pour assurer une production régulière donc suffisante en volume et en qualité AOC”.
© TG
L’Association du Pays de “Bocage-Bessin” pour la défense de l’AOC Bœuf de race Normande tient son assemblée générale le mardi 5 septembre, à 14 h 30, au Lycée agricole “Les Champs de Tracy” à Vire. A sa tête, Denis Lelouvier, agriculteur à Landelles-et-Coupigny et par ailleurs trésorier de JA 14. Un jeune éleveur qui attend le soutien de ses homologues pour muscler et donner du crédit au dossier AOC en cours d’instruction. A ses côtés aussi, Françoise Legros, conseillère, qui accompagne les débats pour le compte de la Chambre d’Agriculture du Calvados. 5 ans de travail déjà La démarche a été initiée il y a 5 ans environ. C’est ainsi que s’est créé le Syndicat de défense et de Promotion du Bœuf Traditionnel Normand. Un syndicat “Grande Normandie” qui regroupe non loin de 150 éleveurs répartis en 7 associations correspondant à 7 régions naturelles. Les zones de plaine en ont été exclues. Premier signe ostentatoire de cette peut-être future AOC, le dépôt d’une marque “Le Bringé”, propriété de l’association et qui rappelle la robe de la race. L’utilisation de la marque suppose le respect d’une charte (lire ci-contre), base de travail à l’élaboration d’un cahier des charges inhérent à l’AOC. Bœuf (castré avant 10 mois) de race Normande, né, élevé et abattu dans sa région, nourri à l’herbe (...) en constitue la colonne vertébrale. Une filière qui prend forme Manquait pour continuer à dérouler la pelote, un circuit de commercialisation organisé et pérenne. Sur ce dossier, l’association a rencontré le 30 novembre dernier abatteurs et transformateur (Jean-Marie Quentin-Abattoirs de Vire 14, Jean-Luc Blandin - “La Chaiseronne” à Brécey 50 et les Ets Mabille à Alençon 61. Principales remarques de ces professionnels de la viande : “améliorer la conformation et la musculature des animaux, assurer un approvisionnement régulier tout au long de l’année”, entre autres. Rien de rédhibitoire et un premier essai qui pourrait être transformé dans les prochaines semaines. Au 1er janvier 2007 avec le nouvel abattoir de Vire, la commercialisation de bœufs sous la marque “Le Bringé” pourrait atteindre 10 animaux par semaine, voire 20 à terme. Des débuts prometteurs qui confortent Denis Lelouvier dans ses convictions : “il ne faut surtout pas que le Bocage laisse filer ce train de l’AOC”. A la clé aussi : une plus value minimale de 0,20 e/kg juge notre jeune président. “C’est l’intérêt économique qui mobilisera les producteurs pour assurer une production régulière donc suffisante en volume et en qualité AOC”, conclut-il. TH. GuillemotMarque "Le Bringé" Un cahier et des devoirs “Le Bringé” est une marque déposée appartenant exclusivement au Syndicat de Défense et de Promotion du Bœuf Traditionnel Normand. Elle répond à un cahier des charges et les producteurs sont soumis à quelques devoirs. Principales caractéristiques - mâles castrés (avant 10 mois) de race Normande, - animaux nés, élevés et abattus dans les zones herbagères de Normandie qui constitueront la future zone d’appellation, - pâturage pendant au moins 2 saisons complètes de 6 mois minimum chacune, - ration hivernale à base de foin, ensilage ou enrubannage d’herbe, - en phase de finition, l’herbe doit représenter au minimum 60 % de la ration de base (l’ensilage de maïs est interdit), - l’âge à l’abattage doit se situer entre 30 et 48 mois pour un poids minimum de 350 kg (conformation minimum O= et état d’engraissement de 3 voire 4), - maturation de 12 jours minimum pour les pièces à griller et à rôtir à l’exception de la hampe, du filet et de l’onglet...
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