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Energie
Le bois déchiqueté : en produisant et en consommant juste

Producteurs et “créateurs” de produits cidricoles de longue date, Etienne et Stéphane Van Tornhout s’intéressent de près aux énergies renouvelables. Et ils le prouvent.

Etienne et Stéphane Van Tornhout entourés de David Vallois, 
le chauffagiste, et M. Gondy de la société distributrice Hargassner.
Etienne et Stéphane Van Tornhout entourés de David Vallois,
le chauffagiste, et M. Gondy de la société distributrice Hargassner.
© EA

 

Sur son exploitation de Gauciel, la famille Van Tornhout a toujours fait preuve d’initiative. Etienne, le père, a développé - avec patience et réalisme - la production cidricole sur la ferme du Clos Cerisey. Stéphane a repris depuis pas mal d’années le relais avec la même passion et la même capacité à créer.

Agriculteurs et producteurs, ils conduisent le métier en s’intéressant aux questions d’environnement. “Par la production de produits cidricoles, nous sommes en prise directe avec les consommateurs qui nous interrogent régulièrement sur ces questions...” Un vaste sujet qui ne peut se satisfaire de déclaration d’intention ni d’approximation. “Surtout quand il s’agit de gérer une entreprise comme l’est une exploitation” estime encore Stéphane Van Tornhout. “Ainsi, en s’intéressant au bois déchiqueté, nous optimisons ce qu’on pourrait appeler les co-produits de nos vergers (les coupes réalisées régulièrement) qui ne servaient à rien jusqu’à présent en les utilisant pour chauffer les bâtiments de l’exploitation et les maisons d’habitation qui s’y rattachent...”

 

Une gestion intelligente

“En fait, le problème ne se posait pas d’abord en matière de chauffage, explique Etienne Van Tornhout.. Non, la question était de bien gérer les tas de branches réalisés après la coupe des pommiers. Cela représente des volumes incroyables. Et, jusqu’à présent, nous n’en faisions rien, si ce n’est de les brûler. Ors, les tas de branches encombraient tellement l’accès de nos parcelles de pommiers qu’il fallait trouver une solution pérenne.” jusqu’alors, la solution employée était donc le feu... “Seulement, la dernière opération du genre a failli mal tourner. Vu l’importance du tas, les flammes sont montées à plus de 30 m et la fumée qui se dégageait formait un mur impressionnant. Et, comme nous sommes dans l’alignement de la piste d’aviation de la base 105, les pompiers sont arrivés en quatrième vitesse et m’ont copieusement “engueulé”Après ce coup de chaud, je me suis dit qu’il fallait trouver le moyen d’évacuer intelligemment ces tas.”

Ce qu’Etienne Van Tornhout ne dit pas là, c’est qu’il avait engagé la réflexion autour de l’utilisation des ces tas de branches depuis longtemps. Sur l’exploitation de Gauciel, d’ailleurs, il fut l’un des tous premiers agriculteurs à s’intéresser à l’utilisation des sous produits agricoles pour le chauffage. “J’ai eu ainsi une première chaudière à paille, à petits ballots précisément. J’ai même essayé les balles rondes mais ce n’était vraiment pas pratique. J’ai aussi essayé en démarrant la chaudière avec de petits ballots puis en complétant le foyer par du bois. C’était quand même du bricolage” reconnaît-il, en souriant.

L’agriculteur de Gauciel imagine d’utiliser ses branches de vergers pour se chauffer. Le passage au bois déchiqueté était donc l’une des solutions. “J’ai beaucoup regardé ce qui se faisait un peu partout. Et je voulais un type de chaudière mixte capable de valoriser les déchets mais aussi, dans son utilisation, de permettre une production de chaleur minimisant la charge de travail. Et, aujourd’hui, j’ai une trémie grande capacité qui me simplifie vraiment la tâche en terme d’alimentation de ma chaudière Hargassner”.  Le choix de la marque s’explique surtout par l’expérience acquise par ce fabricant autour de l’utilisation du bois déchiqueté. Le type de construction mécanique mais aussi les systèmes de régulation proposés par cette marque ont fait la différence auprès d’Etienne Van Tornhout. “Paradoxalement, quand j’ai acheté cette chaudière, il m’a fallu six mois pour trouver un installateur. En fait, je ne voulais pas quelqu’un qui vienne de trop loin, qui soit simplement de passage. Car quand les problèmes arrivent, c’est difficile d’y répondre vite et bien. Je voulais trouver des gars certifiés “Qualibois” dans le coin. Avec David Vallois, le plombier chauffagiste de Saint Vigor, j’ai enfin trouvé l’installateur qu’il me fallait...”

L’installation est toute récente mais Etienne et Stéphane Van Tornhout ont déjà décidé, vu le besoin de chauffe élargi, de prendre une gamme de chaudière plus puissante. Une chose est sûre : Ils ne manqueront jamais de matières premières pour l’approvisionner.


 

Retrouvez d'autres photographies ainsi que le explications de David Vallois, chauffagiste

dans l'Eure Agricole

du 30 septembre 2010

page 5

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