Aller au contenu principal

Biopousses
Le bonheur est dans le maraîchage

Le 19 octobre prochain, l'association ouvrira ses portes, à Lingreville, pour une journée de débats sur leurs productions bio et la protection de l'environnement.

© EC

Lorsqu'un informaticien sa-voyard et sa compagne bourguignonne lâchent tout dans les Alpes-Maritimes pour se retrouver dans les champs de Lingreville à biner les parcelles de légumes, l'interrogation vient tout de suite. "Nous avons voulu rompre avec des systèmes qui ne nous convenaient pas forcément" lâche Christophe Boizier, en rejoignant l'association Biopousses, nous trouvons des valeurs qui nous conviennent : travailler à l'extérieur, avec la végétation, en respectant l'environnement". Même réponse de Laure Paris, sa compagne, "ici, nous allons apprendre, en tant que porteurs de projets, à travailler les légumes en bio ; ensuite nous nous installerons d'ici deux ans, sans doute sur le bassin de Lingreville, en espérant avoir cinq à dix hectares". Tout est dit ou presque. Christophe et Laure, avant que leurs candidatures ne soient retenues par Biopousses, gérée par le CFPPA du lycée agricole de Coutances, ont suivi une solide formation en BPREA maraîchage bio, bien sûr.

Moins de maraîchers
Biopousses ne fait pas beaucoup parler d'elle en Manche, mais l'association avance sûrement. Explications de Philippe Deshayes, président de la structure, et directeur du CFPPA. "La création est récente, 2011, explique t-il, tout est parti d'un constat effectué par la mairie de Lingreville. Ils perdaient pas mal de légumiers, partant à la retraite, sans forcément avoir un renouvellement de génération. Les élus ont demandé au lycée agricole de réfléchir à cette problématique". La demande était on ne peut plus clair, "donnez-nous des maraîchers !". La filière bio montait alors en puissance ; "elle représente une bonne alternative pour à la fois installer des jeunes et répondre à la demande en légumes bio pour la restauration collective". En effet, pas question d'aller marcher sur les plates-bandes des petits copains. "En vente directe ou sur les marchés, d'autres maraîchers ont investi ; il n'était pas question de leur couper l'herbe sous le pied".
L'opération intéresse d'autant plus le CFPPA qu'il y a très peu de jeunes en formation initiale "production légumières bio". Logique, la filière n'existe pas, du moins en Manche. "Les adultes, relativement jeunes tout de même, qui passent par Biopousses ont déjà goûté à la vie active. Ils savent ce qu'ils veulent". De réunions communales en réunion nationale au ministère de l'Agriculture, qui a en charge l'enseignement agricole, la décision est prise. Biopousses va émerger sous la forme d'une "couveuse" d'entreprises, avec l'aide des CUMA, du GAB, de la Chambre d'agriculture, de l'ADASEA et de la SAFER.

1 000 euros par semaine
Sept hectares sont récupérés dans un premier temps avec une base de deux ha, bénéficiant de tunnels, pas tout jeunes mais avec de la bonne volonté et un peu d'organisation, on fait des miracles. Cinq ha sont donc dédiés aux cultures de plein air. "Actuellement, nous avons six porteurs de projets sur place. Nos légumes sont vendus et livrés  notamment aux cinq lycées de Coutances. Nous sommes aujourd'hui en contact avec des établissements scolaires de Saint-Lô". Les quantités vendues restent modestes (1 000 euros/semaine en salades, poireaux, pommes de terre, navets et autres choux) ; elles sont récoltées le lundi et livrées le lendemain, mais elles suffisent au bonheur des futurs maraîchers.
"Nos portes ouvertes de samedi prochain s'effectueront sur un thème principal, "Quelle agriculture pour nos assiettes ?". Nous aborderons aussi l'intérêt de relocaliser nos productions, l'installation, le pourquoi de la fondation "Terre de liens", sans oublier la visite de nos parcelles". La Manche, terre légumière par excellence, pourrait retrouver un nouveau souffle. De nombreuses zones, à l'instar de Lingreville bien sûr, mais aussi de Créances pourraient jouer la carte du bio : la production française dans cette branche est actuellement déficitaire ; quant aux rurbains ou citadins, ils commencent sérieusement à étudier le contenu de leurs assiettes.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Jean-François Le Meur (débout), président d'Elvup, mise sur un conseil impartial à destination des éleveurs.
Elvup met le cap sur 2030
L'ambition est clairement affichée : Elvup veut être "le partenaire de référence et de confiance auprès des éleveurs". C'est…
Marie Lecardonnel n'a pas pu se séparer d'un morceau d'obus conservé dans une boîte recouverte de l'inscription "morceaux de bombe ou d'obus ramassé dans la cour par Clermont Lecardonnel".
[EN PHOTOS] A 101 ans, Marie Lecardonnel reste un témoin précieux
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d…
Au côté d'Arnaud Nuttens, éleveur de Limousine, Frédéric Monpierre a arpenté les allées.
Le nouveau sous-préfet en visite découverte à la Foire de Lisieux
Frédéric Monpierre, sous-préfet de Lisieux, a fait une halte à l'hippodrome de la ville, samedi 18 avril 2026. L'objectif…
Bertrand Detroussel a consacré 43 ans de sa vie au service de la commune de Neuilly-le-Bisson. Lors des municipales en mars 2026, il a rendu son écharpe de maire.
Bertrand Detroussel : 42 ans au service de Neuilly-le-Bisson
Nous consacrons cette série aux anciens maires ornais qui ont un lien avec l'agriculture. Place à Bertrand Detroussel,…
Une nouvelle visite se fera bientôt pour observer l'efficacité du passage du robot après quinze jours.
Le robot Ara d'Ecorobotix, en test sur une prairie du Bocage
Vendredi 27 mars 2026, une démonstration du robot pulvérisateur Ara d'Ecorobotix a été proposée par les Chambres et les Cuma…
Retraité d'Agrial depuis juin 2025, Ludovic Spiers est à la tête de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin.
Ludovic Spiers, de directeur d'Agrial à président de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin
A la Communauté de communes de la Baie du Cotentin, depuis le 9 avril, Ludovic Spiers succède à Jean-Claude Colombel à la…
Publicité