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En direct de la chambre d’agriculture de la Manche
Le compostage de déchets verts et d’effluents d’élevage

La pratique du co-compostage, c'est-à-dire le compostage de déchets verts et d’effluents d’élevage, est en développement. Pour les collectivités, il s’agit de trouver un débouché local et moins coûteux aux déchets verts dont la quantité récoltée augmente en continu ; pour les agriculteurs, il peut s’agir d’une diversification, d’une action citoyenne ou d’une opportunité pour fabriquer du compost si les effluents de l’exploitation ne le permettent pas.

Le processus du co-compostage
C’est le même que celui du compostage, avec une complémentarité entre l’effluent (source d’azote) et le déchet vert (source de carbone) (Schéma).
Il y a d’abord une phase de fermentation active, avec une hausse de température, puis une phase de maturation qui aboutit à la formation de matières organiques stabilisées.

Collectivités et agriculteurs y trouvent leur intérêt
Pour la collectivité, il y a différents intérêts : économique (coût de revient en général moins élevé), d’organisation (moins de stockage nécessaire en déchetterie) et environnemental (moins de transport car la valorisation est locale).
Pour l’agriculteur, c’est une opportunité pour donner une image positive et citoyenne. Cela peut également apporter un complément de revenu (en assurant une prestation de service pour la collectivité). D’un point de vue pratique, les déchets verts permettent de composter des effluents trop humides pour composter seuls, comme du fumier mou ou du lisier. On retrouve également les avantages du compost, avec notamment des distances d’épandage réduites, un produit hygiénisé et désodorisé.
D’un point de vue agronomique, le compost apporte une fumure de fond en potasse et phosphore. Par ailleurs, les déchets verts sont en général riches en calcium (19 kg/tonne de produit*), ce qui est intéressant en sol acide (effet “chaulage”). Par contre, l’apport d’azote est faible car il est principalement sous forme organique et n’est pas assimilable par les plantes. Exemple d’un compost de fumier et déchets verts*: apport de 10 kg d’azote par tonne de produit, dont 8 kg sous forme organique.
Attention à la qualité des déchets verts
Les contraintes sont principalement liées à la qualité des déchets verts qui doivent contenir le moins possible “d’indésirables” : plastiques, ferrailles…
En cas d’ajout de liquide, il y a obligation de réaliser le compost sur une plate-forme avec récupération des jus.La réalisation pratique
Les proportions sont à adapter en fonction des produits de départ. Pour un compost de fumier et déchets verts, on peut partir sur des poids équivalents.
Lors de la réalisation des andains, intercaler les bennes de déchets verts et celles de fumier, ou faire deux andains côte à côte et relever l’andain de fumier sur celui de déchets verts.
2 à 3 retournements sont nécessaires, la durée totale de compostage est plus longue que pour du fumier seul : compter 4 à 6 mois (au lieu de 2 à 3 mois).
D’un point de vue réglementaire, l’unité de compostage est considérée comme une annexe des bâtiments (pour les exploitations soumises à déclaration ou autorisation) si le compost est produit à partir de déchets verts et des effluents de l’exploitation.
Nathalie POISSON
Chambre d'Agriculture de la Manche


npoisson@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr
* source : valorisation agronomique des effluents d’élevage et guide d’utilisation des matières organiques de Basse-Normandie. Juin 2006. Chambre d’agriculture de Normandie
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