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Calvados
Le Contrôle Laitier apporte ses réponses

“Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot”. Face à la crise laitière, le syndicat de Contrôle de performances en élevage et de conseil du Calvados apporte des réponses de circonstances.

Remerciements à Gérard Renouf (Bessin) qui quitte le conseil d’administration après 21 ans de services.
Remerciements à Gérard Renouf (Bessin) qui quitte le conseil d’administration après 21 ans de services.
© TG

“Ambiance saugrenue” a qualifié en préambule à la séance de travail Frédéric David, président de Calvados Contrôle Laitier Bovins Croissance qui tenait, jeudi dernier à Caen, son assemblée générale. Saugrenue parce qu’avec un prix du lait au ras des mamelles, une frange des producteurs cherche à faire des économies à tout prix notamment du côté des services dont le Contrôle Laitier constitue l’un des piliers. Saugrenue parce que l’on venait d’apprendre la veille, après un mois de mobilisation générale, la signature d’un accord qui laisse bon nombre de laitiers sur leur faim.

Personne n’approuve
Un accord que personne n’approuve et qui n’est pas de nature à calmer les esprits sur le terrain,” se devait d’analyser à juste titre Frédéric David, très présent ces dernières semaines sur le front des nombreuses actions menées sur le terrain ces derniers jours. Constat partagé par Patrice Lepainteur (président de la FDSEA) mais aussi par les nombreux responsables présents dans la salle. Certains s’interrogent même sur la capacité de quelques entreprises laitières à assumer ces 280 e/1 000 l.
Dans ce contexte de terrain miné, Calvados Contrôle Laitier n’a pas feint la réalité des faits. “Depuis le 20 mai, nous avons reçu une centaine d’appels d’adhérents”, a indiqué Didier Corbet. “Nous avons provoqué une réunion de crise des membres du bureau qui a proposé des mesures d’allègements destinées aux agriculteurs en difficulté” a confirmé Michel Sady, son directeur. Encore faut-il relativiser l’épidermique de la réalité des chiffres. Sur les 1 114 adhérents de Calvados Contrôle Laitier, 30 ont demandé une réduction temporaire des services, 70 une suspension de 3 mois maximum. Il n’y a donc pas le feu au lac laitier et l’heure n’est pas au plan social mais “le mot d’ordre est de serrer tous les boulons,” a insisté Frédéric David.

Connaître son coût  de production
Si dans cette conjoncture électrique, chacun des acteurs de Calvados Contrôle Laitier a préféré s’impliquer auprès des éleveurs pour défendre le prix du lait, force est de reconnaître que c’est dans l’approche technico-économique que se situe les leviers pour agir . Etienne Doligez, dans son intervention, a mis en valeur les marges de manœuvres sur les charges opérationnelles et sur les niveaux de productions. Et différents indicateurs lui donnent raison, en particuler sur le coût alimentaire qui varie de 55 à 101 €/1 000 l selon les situations.
Au niveau des cellules, on note un écart de 9 € au 1 000 l entre le prix payé de plus en moyenne aux adhérents de Calvados Contrôle Laitier et les non adhérents.
En temps de crise, il y a de fausses bonnes économies à faire. “Il faut rester optimistes malgré tout pour s’en sortir et maintenir le cap. Espérons que la tempête va se calmer”, a enchaîné Frédéric David. Au-delà, il faut escompter sur la clémence des banquiers, voire décapitaliser pour ceux qui le peuvent. A moyen terme, Calvados Contrôle Laitier réfléchit à différents partenariats avec ses homologues de la Manche et de la Haute-Normandie. “La génomique, la fin du testage et le prix du lait vont nous amener à revoirnos fondamentaux actuels”, en guise de clap de fin.

Bovins Croissance : de 24 à 190 adhérents

“Aller plus loin que la technique en aboutissant à l’économique. Il faut mesurer l’efficacité de nos pratiques”. Dans son intervention, Gérard Bossuyt (président de la branche Bovins Croissance de Calvados Contrôle Laitier) a fixé la feuille de route. Une feuille de route gravée dans une pente ascendante. Avec 24 adhérents à sa création en 1994, Bovins Croissance en comptabilisait en 2008 190, soit encore 6 de plus qu’en 2007. “Produire des repères, être mieux armés pour rentabiliser notre travail avec des objectifs de production, de reproduction et de mortalité”, a-t-il martelé en substance.

Chiffres clés
1 114

C’est le nombre d’adhérents soit 56 % des producteurs de lait du département. Ils sont 320 dans le Bocage virois, 306 dans le Bessin, 267 dans le Pays d’Auge et 221 dans le Val d’Orne.

62 %
C’est le pourcentage des vaches calvadosiennes contrôlées (soit 65 863). Cet effectif reste stable malgré la baisse du nombre d’adhérents (moins 67). Le nombre moyen de vaches contrôlées par troupeau sur l’année 2008 est de 56,9 soit 4,4 de plus qu’en 2007.

7 401
C’est la moyenne en lactation standard du cheptel départemental. Le Bocage virois arrive en tête avec 7 773. Côté races, 1ere la Prim’Holstein à 8 024 devant la Montbéliarde à 7 339 et la Normande avec  6 411.

307
C’est le PAT à 210 jours chez les mâles en race Blonde d’Aquitaine (sur un effectif de 213 animaux) devant la race Charolaise (290 kg sur un effectif de 1 451 animaux). Suivent la race Limousine à 279 kg (957 animaux) et la Salers : 260 kg (302 animaux). Quant à l’ITT (intervalle Vêlage/Vêlage), la Salers l’emporte à 378 jours devant la Charolaise (382 j).

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