Le département de la Manche passe intégralement en crise sécheresse
La préfecture de la Manche annonce que tous les bassins hydrauliques du département sont en situation de crise. Une décision pour éviter que l'eau ne manque, notamment pour l'abreuvement des animaux.
Cette fois, aucun secteur n'y échappe : “nous avons décidé de faire passer les trois derniers bassins hydrauliques - celui de la Sélune dans le sud-Manche, celui de la Sée et du Granvillais et celui de la Douve, de la Taute et du nord-est du Cotentin - au niveau crise. L'entièreté du département de la Manche se trouve aujourd'hui en crise sécheresse”, a introduit Philippe Brugnot, secrétaire général de la préfecture de la Manche, mardi 11 août, à l'issue du 10e comité ressource en eau de l'année.
La décision a été prise en raison de trois facteurs principaux. D'abord, le cumul des précipitations sur la période allant de mars à août est le second plus bas depuis 1976, quand il était tombé 140,5 mm de pluie contre 193 en 2026. Ensuite, le territoire affronte des températures exceptionnellement élevées depuis le mois de juin avec cinq vagues de chaleurs enregistrées et un vent de nord-est qui dessèche les sols. “Notre objectif est d'éviter toute rupture d'approvisionnement en eau potable. Il faut que chaque usager réduise au maximum sa consommation, martèle Philippe Brugnot. Nous en appelons au bon sens de chacun."
Nouvelles restrictions pour l'agriculture
Pour le monde agricole, les mesures de restriction d'eau à respecter reposent sur une multitude d'interdictions : le nettoyage des véhicules, même en station ; l'irrigation entre 11h et 18h, même avec une dérogation ; le piétinement des animaux dans les cours d'eau ; la réalisation et la mise en service de nouveaux forages, pompages et retenues d'eau destinés à d'autres usages que l'alimentation en eau potable. “Des dérogations sont possibles, au cas par cas, pour permettre aux agriculteurs de continuer à travailler” souligne le représentant de l'État.
La Préfecture, la DDTM et l'OFB s'accordent à dire qu'il n'y a pas de risques, pour le moment, de manque d'eau pour l'abreuvement des bovins. “On n’en est pas encore là. Mais la situation météorologique sur les quinze prochains jours ne va pas être favorable avec l'absence de précipitation. Il est important d'anticiper et que chacun fasse les efforts nécessaires”, demande Guillaume Barron, directeur de la DDTM 50.
Une réunion dédiée à la sécheresse avec les acteurs du monde agricole sera organisée la semaine prochaine par la Préfecture de la Manche, à la demande de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.