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Le Département de l’Orne accorde 2,4 millions d’euros à l’agriculture

Les élus du Conseil départemental valident chaque année un budget agricole, dont un des objectifs est de rendre le métier attractif. Aide aux petits investissements, sanitaire, recyclage, plans alimentaires territoriaux, comices … : on fait le point avec Jérôme Nury, conseiller départemental et président de la commission agriculture.

JEROME NURY - CONSEIL DEPARTEMENTAL ORNE
Jérôme Nury est aussi député.
© DR

>> Comment est construit le budget agricole par le Conseil départemental ?
Avec la loi Notre de 2017, nous avons été contraints de rebalayer la politique agricole de l’Orne, en lien avec les autres départements normands et la Région. Nous travaillons ensemble, en complémentarité. Nous avons créé des relations entre présidents de commissions, nous nous rencontrons une fois par an. C’est notre G6 agricole. Nous avons mis en place, par exemple, une politique de lutte contre le frelon asiatique, harmonisée.

>> Comment sont répartis les 2,4 millions d’euros ?
Nous accordons une enveloppe de 1,5 million d’euros aux aides aux petits investissements. Le dispositif contribue à la modernisation des exploitations, à leur transition numérique, à l’achat de matériels pour moins forcer physiquement. Je peux citer par exemple une faucheuse, un système de détection de chaleurs, un chariot électrique pour distribuer l’aliment. Nous subventionnons l’achat de matériels de moins de 10 000 € à hauteur de 40 % et à 60 % pour les jeunes et les agriculteurs en bio. Depuis 2018, année de la mise en place des aides, nous avons subventionné plus de 1 000 dossiers.

>> Et l’autre moitié du budget ?
Nous réservons 500 000 € au groupement de défense sanitaire (GDS). C’est un budget conséquent, mais indispensable pour les prophylaxies. Une autre partie du budget est accordée à la promotion de l’agriculture ornaise lors d’événements comme le salon de l’agriculture - quand il a lieu. Ou lors des comices, qui mettent en avant les agriculteurs de manière positive. Ils accueillent de plus en plus d’activités liées à la ruralité qui attirent d’autres publics. Nous aidons les GVA dans leur opération de recyclage de pneus. Ça fonctionne très bien depuis dix ans. Nous menons une politique d’accompagnement des haies bocagères, auprès des particuliers et des collectivités. Nous soutenons les associations de races. Mais aussi les services de remplacement : ils sont importants pour donner envie aux jeunes de s’installer, pour leur montrer qu’ils peuvent s’accorder quelques jours de vacances ou bien pour les femmes en congé maternité. Cela contribue à rendre le métier attractif.

>> Comment s’articulent le plan de relance et la politique départementale ? Quid du Haras du Pin cédé pour 1 € symbolique ?
Je n’ai pas le sentiment que l’État met le paquet sur l’accompagnement des Départements. Nous sommes en discussion pour aller plus vite sur certains investissements dans les collèges, mais je ne vois pas les moyens mis en place. Pour le Haras du Pin, je ne comprends pas le rapport avec le plan de relance. Le Haras est un établissement public à caractère administratif (EPA). Légalement, il ne peut être dissous que par la loi, mais je n’ai connaissance d’aucun dispositif législatif en ce sens. Je trouve que cette annonce est davantage un effet de communication qu’une volonté de redonner son lustre d’antan au Versailles du cheval. Le Haras, c’est aussi l’Inrae et d’autres organismes. Le sujet mérite d’être creusé.

>> Quel regard portez-vous sur les négociations de la PAC pour l’Orne ?
Nous devons être très vigilants. Le revenu des agriculteurs dépend du montant des aides. Si on les baisse, beaucoup ne pourront plus vivre. C’est important d’être mobilisés. Il faut regarder ce qui va être mis dans les éco-régimes. La profession agricole est celle qui a le plus évolué en cinquante ans. Il faut lui laisser du temps. Ne demandons pas aux agriculteurs français d’être plus vertueux que leurs voisins communautaires.

>> Quels sont, selon vous, les impacts de la crise sanitaire pour l’agriculture ?
La fermeture des restaurants a engendré une baisse de consommation de viande. Cela nous inquiète beaucoup. Les prix d’achat aux éleveurs sont honteusement bas. Ils ne sont pas rémunérés. Nous avons fait remonter au ministre de l’Agriculture que la loi Egalim n’est pas appliquée. Que le coût de production n’est pas pris en compte. La loi Egalim, c’est, pour moi, une loi mirage. À l’automne, un rapport parlementaire doit en faire le bilan. J’ai peur que peu de choses en sortent.
>> Où en sont les plans alimentaires territoriaux ?
Nous sommes mobilisés sur l’organisation des circuits courts, pour créer un lien de proximité entre les agriculteurs et la restauration collective. Nous avons lancé une étude dans deux territoires pilotes : la Vallée-de-la-Haute Sarthe et Argentan intercom. L’idée est de développer un processus pour gagner en qualité et en proximité : référencer les produits disponibles, encourager les installations sur ceux manquants, aider à répondre aux appels d’offres, calibrer la logistique, plancher sur la commercialisation. L’étude est menée avec la Chambre d’agriculture auprès des mairies, des Ehpad, des écoles et des collèges. Nous allons, ainsi, voir comment nous pouvons nous organiser.

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