Aller au contenu principal

Élections Chambre d'Agriculture
“Le département doit évoluer pour ne pas sombrer”

A un mois des échéances électorales à la Chambre d’Agriculture, Pascal Férey fait le point sur l’agriculture manchoise.

P.Férey, “pas de projets utopiques pour la FDSEA et les JA mais une agriculture compétitive et viable avec un maximum de paysans”.
P.Férey, “pas de projets utopiques pour la FDSEA et les JA mais une agriculture compétitive et viable avec un maximum de paysans”.
© EC
Votre approche des élections à la Chambre d'Agriculture ? "Notre liste (FDSEA/JA) est la seule à présenter un véritable projet économique aux agriculteurs du département. Soyons réalistes, se contenter de quelques hectares et vivre, mal, de ses productions est complètement dépassé. Nous ne sommes pas évidemment pour un libéralisme outrancier. Mais, bon sang, qu'on nous laisse vivre de nos productions, qu'elles soient laitières, légumières, cidricoles, porcines ou autres et surtout qu'on nous laissent des perspectives ! Il est évident que l'on aura toujours des reproches sur nos actions ou sur le comportement des responsables professionnels actuels. Mais, peu de gens le voient, nous montons au "charbon" tous les jours pour défendre la profession. C'est vrai, nous n'appelons pas la presse à chaque instant pour faire du triomphalisme, mais ce que nous apportons est bien réel : maintien du prix du lait, combat sur la Taxe intérieure sur les produits pétroliers, mais aussi mise en place de nouveaux projets comme les biocarburants ou encore développement du tourisme rural. Avec les Jeunes Agriculteurs, qui ne ménagent pas leur peine, nous nous battons sur l'installation, l'attribution de quotas supplémentaires, incitation à des reprises foncières structurantes". L'agriculture manchoise évolue, jusqu'où peut-elle aller dans sa restructuration ? "Ce n'est pas seulement l'agriculture départementale qui évolue mais tout le contexte agricole européen, une conséquence des choix politiques et des orientations de la Politique Agricole Commune. Nous ne pouvons nier la réalité démographique. Soyons clairs : un agriculteur sur deux, dans la Manche, va partir en retraite d'ici dix ans; nous devons, une fois de plus, nous adapter pour garder nos richesses départementales et mettre en place des projets. Or, pour que ceux-ci aboutissent, il faut une agriculture unie et solidaires sans projets utopiques. C'est ce que la FDSEA et les JA défendent ! Dans les dix ans à venir, nous devons faire en sorte de continuer à installer mais dans des conditions viables. Nous ne pouvons permettre à un jeune de s'endetter sans qu'il ait une perspective d'agrandissement ou de nouveaux ateliers. Nous devons aussi améliorer la reconnaissance des actifs agricoles car la situation des chefs d'exploitation, des associés, des conjoints ou encore des salariés est extrêmement variable. Notre but, c'est d'intégrer cette notion d'actif investisseur dans le projet agricole départemental afin de mieux reconnaître les personnes et particulièrement les femmes, qui s'engagent dans la réussite de l'entreprise. A ce prix, nous pourrons garder une agriculture compétitive et viable, avec un maximum d’agriculteurs, non seulement dans la Manche, mais aussi en Normandie et dans l'Ouest français. Les retraités agricoles sont nombreux, quelles sont vos positions sur leurs revendications ? "Tout d'abord, chaque agriculteur, quelle que soit sa tendance, doit commencer à les remercier. Ce sont eux qui ont mis en place, en grande partie, les outils que nous valorisons. Après la seconde guerre mondiale, particulièrement dans les années 1950/1960, la France a demandé à ses agriculteurs d'être compétitif, de produire. Aujourd'hui, leurs retraites sont sans rapport avec le travail et les produits qu'ils ont fourni. Pour nous, il ne doit y avoir d'écart entre salariés et agriculteurs. Nous continuerons à défendre un rattrapage à la hauteur de 85% du Smic net, soit 890 euros par mois. Reste que l'ensemble des retraités de l'agriculture doivent bénéficier annuellement d'une revalorisation au moins égale à l'augmentation du coût de la vie.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

AUTORISATION CHASSE 61
Feu vert à la chasse dans l’Orne
Jeudi 5 novembre, la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage était en réunion extraordinaire. Malgré le…
SOJA NORMAND MOISSON
Le potentiel du soja prend racine
Au printemps, des éleveurs adhérents à l’OP des 3 Vallées (Danone) et des cultivateurs ont semé 29 ha de soja, en partenariat…
SCoT Caen métropole
Le futur visage de la métropole de Caen
Le nouveau SCoT de Caen métropole réduit la possibilité d’urbaniser les terres agricoles et naturelles. Une enveloppe foncière…
Pascal Desvages et Stéphane Carel Président et directeur de la coopérative de Creully (14).
Coopérative de Creully (14) : " Nos choix stratégiques sont confortés "
Malgré la crise sanitaire et autre perturbateur conjoncturel et structurel, la coopérative de Creully (14), qui tient son…
LIN ET COVID
Le lin : une filière d’excellence à l’épreuve de la Covid
80% de la production mondiale de fibre de lin teillé est d’origine européenne et la France en est le leader mondial. Outre leur…
pressoir lycée agricole Sées
Au lycée de Sées, on presse beaucoup pour le plaisir
Le pressoir de Patrick Yvard s’installe chaque année durant deux mois et demie dans la cour de la cidrerie du lycée de Sées. Les…
Publicité