Aller au contenu principal

Filière équine
Le Département mise sur l’excellence sanitaire

À travers son Plan cheval, le Département de la Manche accompagne la structuration de l’action sanitaire dans la filière équine.

Conseil départemental 50 - Filière équine
Pas moins de 28 vétérinaires sentinelles dans la Manche œuvrent pour le Respe, réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine.
© DR

Avec plus de 3 000 naissances, 20 000 chevaux, 2 000 entreprises et 3 500 emplois directs sur le territoire, la filière équine représente un poids économique conséquent dans le département de la Manche. En effet, le chiffre d’affaires de la filière est estimé à 130 millions d’euros par an. Par conséquent, la sécurité sanitaire de l’ensemble des structures équestres (élevages, centres équestres, écuries de cavaliers professionnels, entraîneurs de chevaux de courses…) est prise au sérieux. Avoir des cheptels indemnes de toute maladie reste la priorité. Le Plan cheval initié par le conseil départemental, pour la période 2019-2021 et mobilisant un budget annuel d’un million d’euros, vise à tendre vers une excellence sanitaire du cheptel manchois. Alors, avec le GDS de la Manche, la collectivité avance main dans la main. Le premier en créant une section équine au sein de sa structure, rejoignant la section régionale de Normandie. Quant à la collectivité, elle encourage la performance des exploitations agricoles de la filière équine et soutient le Réseau d’épidémio-surveillance des pathologies équines (RESPE). Et c’est toute la filière qui est autour de la table, avec l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), le Conseil des chevaux de Normandie, ou encore le laboratoire départemental Labéo.

Mettre en place des cellules de crise

Créé en 1999, le réseau RESPE est au service des différents acteurs de la filière équine, en surveillant les maladies infectieuses chez les équidés, grâce à un réseau des 911 vétérinaires sentinelles, dont 28 dans la Manche. Syndrome respiratoire aigu, neurologique, piro-like, avortement, maladies du poulain, maladie du pâturage, anomalies génétiques, reproduction… sont autant de maladies surveillées. Quand un cas est avéré, il est signalé sur la plateforme VigiRESPE. Si nécessaire, ce réseau est chargé de mettre en place les cellules de crise. Il soutient également la recherche sur les maladies équines et forme à la gestion du risque sanitaire et aux maladies.
Le soutien du RESPE par le conseil départemental de la Manche depuis 2019 a une résonnance particulière, du fait de la présence sur son territoire de sites de haut niveau pour le galop, avec le centre d’entraînement de Dragey-Ronthon, le trot avec l’hippodrome de Graignes ou encore le sport avec le Pôle hippique de Saint-Lô. Ce dernier, labellisé EquuRES (label environnemental et du bien-être animal, spécifiquement développé pour les structures équines) depuis 2015, a d’ailleurs adopté l’année dernière un plan de biosécurité, visant à mettre en place des
mesures de prévention et un ensemble de règles pour limiter l’introduction et la transmission des maladies infectieuses sur son site. Comme quoi la biosécurité est un enjeu majeur, tant pour la santé des équidés que pour l’avenir de la filière équine.

 

Le GDS se dote d’une section équine
Au même titre que les bovins, caprins, ovins ou porcins, le GDS de la Manche a pour ambition d’afficher la bonne santé de ses élevages équins. Ce qui se traduit par la création d’une section équine au sein de l’organisme de défense sanitaire. Les éleveurs et détenteurs de chevaux pourront ainsi adhérer afin de bénéficier d’actions de prévention, de protocole et de mesures d’hygiène, d’accompagnement dans le diagnostic sanitaire, notamment chez les jeunes qui s’installent. « Il nous est important de pouvoir attester du caractère indemne d’un cheptel à des maladies afin de qualifier les élevages ou un animal », souligne Hervé Marie, président du GDS de la Manche.
Promouvoir la vaccination des cheptels, poursuivre des actions de R&D avec les partenaires, prévenir l’entrée de maladies par des dépistages avant achat… tels seraient les missions du groupe d’élus de cette nouvelle section. Les éleveurs adhérents pourront bénéficier d’une prise en charge financière dans le cadre des dépistages effectués à Labéo ou d’aides à la vaccination, d’un soutien personnalisé ou encore d’une aide pour le transport et l’autopsie en cas de mortalité.

 

Questions à Hervé Marie, président du groupement de défense (GDS) de la Manche
>> Pour quelles raisons le GDS de la Manche veut-il mettre en place une section équine ?

Il y a une douzaine d’années, la région a été marquée par l’artérite virale équine. Cette crise a mis en avant le manque d’organisation de schéma sanitaire dans cette filière. Or, la Manche est avant tout un grand département d’élevages équins. Alors, il nous est important de pouvoir y remédier afin de miser sur l’excellence sanitaire. Dans les différentes disciplines, les déplacements sont nombreux. Si les chevaux sont porteurs de maladies, il faut pouvoir se doter de moyens pour mieux maîtriser la situation.
>> À quelle échéance cette section pourra-t-elle être opérationnelle ?
On y réfléchit déjà depuis plusieurs mois. Nous engageons un travail de sensibilisation auprès des adhérents qui ont différentes productions, comme les éleveurs bovins. Mais il y a également tous les éleveurs équins, qui pour le moment ne sont pas adhérents à notre structure. Cette section devrait voir le jour dès le début de l’année. Et au fur et à mesure, elle va s’étoffer. Autour de la table, il nous semble essentiel de retrouver toutes les familles du monde du cheval, mais aussi les vétérinaires, le RESPE (Réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine)… Le conseil départemental de la Manche est également un de nos partenaires fidèles dans la lutte sanitaire.
>> Cette section peut-elle amener davantage de sécurité sanitaire dans les élevages équins ?
Notre objectif est de tendre vers une certification d’excellence sanitaire. On aura tout à y gagner et les éleveurs également. La santé des chevaux est essentielle. Et commercialement, c’est assurer une valeur économique des chevaux.

 

Les chiffres clés
28 vétérinaires sentinelles du RESPE (Réseau d’épidémio-surveillance des pathologies équines) ont été comptabilisés en 2019 dans la Manche.
51 déclarations des vétérinaires sentinelles ont été enregistrées en 2019, en majorité pour des syndromes piro-like et avortements.
3e place des départements en France pour la Manche en nombre d’élevages, avec 2 055 élevages en 2018 et 2 902 naissances immatriculées

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

KATRINE LECORNU - MARQUE GRAND FERMAGE - AGRIAL
Marque Grand Fermage : « on veut donner une image crédible et vraie de notre profession »
Katrine Lecornu est éleveuse à Nonant, dans le Bessin (14). Depuis deux ans, elle travaille avec l’équipe marketing d’Agrial sur…
Blandine Julienne, JA 61
Blandine Julienne : " J’aime gérer le relationnel et le terrain "
Blandine Julienne est installée en lait et cultures avec son conjoint Vivien à Bizou, dans le secteur de Longy-au-Perche. D’une…
ANNE MARIE DENIS PRESIDENTE FRSEA
" Forger un syndicat régional moteur d’une agriculture multiple "
Rencontre avec l’Ornaise Anne-Marie Denis, présidente de la Fdsea 61 et désormais de la Frsea Normandie. Une femme de caractère,…
JULIEN DENORMANDIE
Julien Denormandie : « Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens »
« Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens », souligne le ministre de l’Agriculture avant d’ajouter…
COOPERATIVE CREULLY ESSAI CULTURE POMMES DE TERRE
La Coop de Creully plante le cadre des pommes de terre industrielles
La Coopérative de Creully teste avec une vingtaine d’agriculteurs la production de pommes de terre industrielles. Près de 150 ha…
Jennifer Morin, agricultrice
Jennifer Morin, « mieux vaut avoir le caractère bien trempé »
À Larchamp, commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (61), Jennifer Morin est installée avec son mari en lait. Non issue du milieu…
Publicité