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Disette alimentaire et biocarburants
Le diester n’affame pas la planète

Selon Prolea, ce n’est pas la production de biocarburants à partir des oléagineux qui affame la planète. L’origine de la disette est plutôt à rechercher dans une série d’accidents climatiques et l’élévation du niveau de vie en Chine et en Inde.

On l’oublie également. Outre son intérêt environnemental, la filière diester produit des tourteaux pour l’alimentation animale. Des tourteaux qui sont en mesure de remplacer le soja et autres protéines végétales importés du continent américain.
On l’oublie également. Outre son intérêt environnemental, la filière diester produit des tourteaux pour l’alimentation animale. Des tourteaux qui sont en mesure de remplacer le soja et autres protéines végétales importés du continent américain.
© Pauline Guillemot

Face à l’augmentation des prix agricoles sur les marchés internationaux qui ont provoqué des « émeutes de la faim » dans un certain nombre de pays, de nombreuses voix s’élèvent, y compris dans les enceintes internationales pour dénoncer le rôle des biocaburants. Ils seraient responsables de la disette alimentaire dont souffrent les populations dans ces pays. La filière Diester s’inscrit en faux contre cette analyse.
D’abord pour dire que la flambée des matières premières agricoles est consécutive à une série d’accidents climatiques qui ont limité la production agricole, notamment en Australie. Elle est aussi la conséquence de la croissance du niveau de vie en Asie qui a fait exploser ses importations de céréales, d’huiles et de protéines végétales. « La Chine et l’Inde qui représentent le tiers de la population mondiale ont vu leur consommation de matière première alimentaire augmenter de 7 à 8 % par an ces dix dernières années », souligne Prolea. Il ne faut pas sous-estimer non plus l’effet d’entraînement des cours du pétrole sur l’ensemble des matières premières, y compris alimentaires. Ni d’ailleurs la spéculation internationale qui a trouvé dans les matières premières agricoles des valeurs « refuge » depuis la crise des subprimes. Bref, « le développement de la filière biodiesel, s’il a un impact sur les cours des oléagineux et des huiles n’est que relatif au regard de l’ensemble des facteurs mis en cause », estime Prolea. Et de rappeler qu’en France, 2,5 millions d’hectares sont consacrés à la culture d’oléagineux (colza et tournesol), pour satisfaire les besoins en huiles alimentaires et satisfaire l’objectif d’incorporation de 7 % de biodiesel dans les gazoles. Un développement qui se fait « dans un cadre réglementé et encore plus encadré en France avec le système des agréments ».

Priorité à l’investissement agricole
On l’oublie également. Outre son intérêt environnemental, la filière diester produit des tourteaux pour l’alimentation animale. Des tourteaux qui sont en mesure de remplacer le soja et autres protéines végétales importés du continent américain. Selon Prolea, chaque litre de Diester produit en France génère 1,5 kg d’aliment pour les élevages. En 2010, ce seront ainsi près de 3,5 millions de tonnes de tourteaux qui seront produits en France et qui remplaceront autant de tourteaux de soja importés, estime la filière.
Enfin, le niveau des cours des matières premières agricoles atteint aujourd’hui doit être vu comme une opportunité de construire des filières agricoles compétitives et économiquement viables dans les pays pauvres, et notamment en Afrique. Si l’aide alimentaire est une urgence aujourd’hui pour faire face aux situations de crise, « la réflexion doit également porter sur les moyens de s’affranchir de cette aide » fait valoir Prolea. « C’est par la coopération et par l’investissement dans les infrastructures agricoles que se trouvent les réponses » insiste la filière. Notamment en Afrique où 500 millions d’hectares sont cultivables en agriculture semi-pluviale, mais où les infrastructures font cruellement défaut.

Biocarburants : Les Magasins U suspendent le développement des pompes E85

L’Enseigne de distribution Système-U a annoncé, le 24 avril, qu’elle suspendait le développement de ses pompes de superéthanol, E85, en raison de la hausse actuelle des prix alimentaires et de « l’agriculture très polluante » que nécessite la production de bioéthanol. « Nous ne pouvons rester indifférents au fait que la culture destinée à la production de cet agrocarburant entraîne mécaniquement une diminution de la surface cultivable destinée à l’alimentation », souligne l’enseigne, ajoutant que le développement du bioéthanol « tire vers le haut le prix du maïs, du soja et du blé ». Par ailleurs, cette production exige « quantité de produits chimiques toxiques », estiment les Magasins U.
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