Aller au contenu principal

Le Farmbot a fait sa rentrée scolaire

Le Farmbot est un petit robot de maraichage capable de gérer une surface cultivable de 3 m x 1,5 m. Présent au Robillard (14) et à l’Institut Lemonier (Caen), il devrait essaimer un peu partout (UNILaSalle Rouen), EPL de Coutances, Hortipepi...) pour atteindre un parc d’une vingtaine d’unités. L’objectif n’est pas de robotiser le jardin potager normand mais de familiariser les étudiants aux nouvelles technologies et d’analyser les champs du possible de la robotique appliquée à l’agriculture. Région, CRAN et Dôme sont partenaires.

llll « C’est un couteau suisse qui va nous servir à différentes choses », pronostique Florestan Davoult, directeur du CFA Le Robillard (14). Du côté de St-Pierre-sur-Dives, l’entretien du potager pendant les vacances scolaires posait problème. Alors pourquoi ne pas déléguer les opérations courantes (semis, arrosage, fertilisation, désherbage) à un robot d’autant plus que Farmbot pour s’avérer également utile au développement de la «légumothèque» (conservatoire de cultures anciennes) gérée par l’établissement. Arrivé en kit de Californie il y a quelques semaines, Farmbot vient d’être monté. Top départ.

Un extraordinaire outil pédagogique
Mais à y regarder de plus près, ce carré de jardin à entretenir n’est qu’un prétexte. « C’est un extraordinaire outil pédagogique. On ne sait pas à quel point on pourra être ambitieux », souffle Florestan Davoult. Dans cet établissement pluridisciplinaire à niveaux multiples, chaque élève aura à un moment ou à un autre une bonne raison de se frotter à Farmbot. «Nos élèves sont plutôt à l’aise avec l’informatique mais en tant qu’individu. Pas en tant que professionnel», souligne pour sa part Pierre Champeyrol, professeur scientifique et technique numérique au sein de l’établissement. La belle occasion pour passer de l’informatique au numérique, du numérique à la robotique, de la robotique à la mécanique (...), sans oublier la programmation ou l’agronomie voire même le social avec pour objectif « sensibiliser à la triple performance : préservation de l’environnement, réduction de la pénibilité du traval et amélioration des coûts de production ».
Alors certes, on n’est pas près de voir le Farmbot planter des poireaux du côté du Mont-St-Michel ou désherber une linière dans la plaine de Caen. Son champ d’application: c’est le jardin familial. Son champ de développement : le petit maraichage voire l’agriculture urbaine. Mais son champ pédagogique ouvre les champs du possible. Il’agit de familiariser la génération estudiantine d’aujourd’hui aux technologies de demain, d’en faire une actrice proactive de leurs développements...
L’an prochain, 9 sites Farmbot devraient être actifs en Normandie. La Chambre régionale d’agriculture et la Région sont partenaires du projet ainsi que Le Dôme qui en définit 6 objectifs (lire ci-dessous).
Rendez-vous sur le site Echosciences Normandie (https://www.echosciences-normandie.fr/dossiers/farmbot)

llll  Un projet qui s'articule autour de 6 objectifs
- Acculturer les jeunes en formation initiale à la robotique au numérique et à l’open-source. Les technologies numériques font partie intégrante des équipements agricoles. Il s'agit de familiariser les jeunes avec le langage informatique, la programmation et l'utilisation de technologies connectées en agriculture. L'outil étant en Open source, il s'agira d'investir les élèves autour de la conception de l'outil, de son amélioration et du partage des informations avec la communauté d’utilisateurs.
- Favoriser l'innovation pédagogique en croisant les filières techniques et agricoles et intégrant toutes les parties prenantes (de la formation initiale, aux écoles d'ingénieurs et professionnels). Le projet mixe les compétences technique et agronomique. Il croise les sphères pédagogiques, scientifiques et professionnelles afin de donner du sens aux exercices pédagogiques et de mesurer les applications à l'échelle de l'entreprise. La pédagogie concilie autoapprentissage, formation à distance à partir de ressources en ligne en anglais et des échanges entre les parties prenantes du projet.
- Sensibiliser les étudiants et les professionnels à l'agriculture de précision. L’agriculture de précision se développe mais les compétences des agriculteurs ne leur permettent pas d'être autonomes, ils se retrouvent dépendants de maintenances et de services très coûteux. Comprendre le fonctionnement des outils connectés leur permettra de développer leurs propres applications ou de se réapproprier la maintenance de leurs équipements.
- Tester différentes conduites de cultures, éprouver les process et adapter les caractéristiques du robot aux conditions de productions locales. Les écoles d'ingénieurs et les centres de recherche proposent différents protocoles pour tester l'outil, sa performance et son autonomie. Les expérimentations porteront sur l'optimisation technologique (capteurs, programme) et sur la conduite des cultures. Il s'agira d'établir des références et une banque de données fiables et de la partager avec la communauté scientifique. Les étudiants en école d'ingénieurs seront parties prenantes de ces travaux afin de comprendre la démarche scientifique et s'initier à la recherche et au développement appliqués à l'agriculture de précision.
- Dialoguer avec le grand public sur le développement de l'agriculture urbaine et l'agriculture connectée. Dans l'esprit du grand public, deux modèles caricaturaux s'opposent : celui d'une agriculture productiviste, très mécanisée et polluante et celui d'une agriculture paysanne, plus respectueuse de l'environnement, impliquant un retour à la bêche. Le projet « FarmBot » montre qu'en réalité nouvelles technologies et pratiques agroenvironnementales sont indissociables. Il illustre comment l'agriculture connectée peut à la fois réduire la pénibilité du travail, limiter l'impact environnemental des productions agricoles et en améliorer la productivité. Par cette communication sur l'agriculture de précision et les compétences techniques qu'elles requièrent, les filières agricoles espèrent inverser les représentations sur les métiers et attirer des jeunes vers ses filières de formation.
- Valoriser les compétences acquises par la délivrance de Badges numériques. Le projet propose aussi d'observer le développement des compétences informelles. L'entraide, la motivation, la capacité à trouver des réponses, à gérer le changement, à fédérer un collectif sont des talents qui pourront être mis à profit dans le projet et évalué au même titre que les compétences formelles. Ces soft skills seront récompensées par des badges numériques ouverts, leur délivrance s'appuiera sur les travaux conduits dans le cadre du projet Badgeons la
Normandie porté par le Dôme dont l'objectif est d'accroître la persévérance et la réussite des utilisateurs.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

tuberculose bovine
Dans la Calvados, un 6e cas de tuberculose bovine confirmé
Le GDS confirme, vendredi 26 mars 2021, qu'un sixième foyer de tuberculose bovine a été détecté dans la zone historique.
SAMA THIBERVILLE 27
Un pôle fruits-légumes-arboriculture au départ de Thiberville (27)
Depuis le 1er mars, la Sama propose un pôle fruits-légumes-arboriculture au départ de Thiberville (27). Au commerce : Olivier…
Christian Duchemin vend la Ferme du Val d'Odon
Christian Duchemin passe la main. Alain Datin, aussi directeur du négoce D2N, a pris la tête de la Ferme du Val d'Odon,…
TUBERCULOSE BOVINE, REUNION THURY HARCOURT
Tuberculose bovine : la profession réclame efficacité et rapidité
Jeudi 18 mars, à Thury-Harcourt, les éleveurs de Suisse normande étaient invités à une réunion sur la tuberculose bovine, à l’…
Le Haras national du Pin proposé à la cession pour un euro symbolique
La préfète de l’Orne propose de céder le Versailles du cheval pour 1 € symbolique. Françoise Tahéri a annoncé la nouvelle mardi…
Saint-Louis Sucre : « La fermeture de Cagny, c’est du foutage de gueule »
Loïc Touzé, salarié Saint-Louis Sucre et délégué syndical FO, s'insurge de la fermeture de la sucrerie, annoncée le 31 mars 2021…
Publicité