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Séchage solaire en grange
Le foin fait son come-back

Sécher du foin en grange ? A la Ferme expérimentale de la Blanche-Maison, située à Pont-Hébert, on bosse sur le sujet depuis plus d’un an. L'expérience se prolonge jusqu'en 2010.

Principal enjeu du séchage de foin en grange, un meilleur respect de l’environnement.
Principal enjeu du séchage de foin en grange, un meilleur respect de l’environnement.
© DR
L’association Segrafo organise les “Jeudis du Foin”, portes ouvertes sur des fermes équipées de séchoir à foin en grange (système vrac solaire) sur les trois Régions de l'Ouest. L'une d'elles aura lieu le jeudi 17 janvie au Gaec St Martin à St Martin le Hébert sur une exploitation bovin lait. Objectif de l’association ? Promouvoir la technique du séchage du foin en grange à l'énergie solaire. Une technique qui permet d'allier respect de l'environnement et rentabilité, tout en engageant les éleveurs vers une autosuffisance alimentaire. A la ferme expérimentale des Chambres d’Agriculture de Normandie, à Pont-Hébert, non loin de Saint-Lô, une unité de séchage fonctionne depuis septembre 2006. Explications de Bernard Houssin, responsable du projet. Rien ne vaut l’herbe Depuis des décennies, la production laitière normande s’est développée avec les ensilages de maïs etd’herbe. “Cette dernière technique a ses limites en raison des risques de butyriques et de listéria que l’on peut rencontrer”. Bernard Houssin est clair, “rien ne vaut l’herbe, soit pâturée soit récoltée, encore faut-il qu’elle soit de qualité”. Notre technicien connaît toute la gamme de l’alimentation des laitières sur le bout des doigts. “Ici, à Pont-Hébert, nous travaillons sur la bonne gestion du pâturage de l’herbe depuis de longues années (1986). En 1998, nous sommes passés aux effets de l’alimentation des laitières sur les beurres et camemberts”. Et d’insister, “avec l’incorporation d’ensilage d’herbe, on obtient des produits correspondants plus aux attentes de la filière laitière (couleur, goût ou tartinabilité)”. Des limites Problème, l’ensilage d’herbe a ses contraintes. Alors, à la Blanche-Maison, on est passé au séchage de foin en grange par le biais du solaire. “Le foin traditionnel a lui aussi ses limites, il passe mal au niveau zootechnique. Sécher en grange, cela permet de récolter une herbe jeune et de bonne qualité”. Reste à connaître les résultats sur la production; “nous avons effectué des essais analytiques sur 8/10 semaines. Avec le foin séché en grange, les résultats obtenus étaient assez proches de ceux du maïs”. D’autres enjeux sont aussi mis en avant avec le foin “ventilé”: une meilleure protection de l’environnement, une moindre dépense d’énergie (par rapport à la récolte de maïs), une bonne productivité et une moindre charge de travail... en hiver. Tout n’est pas rose cependant. “Le coût d’un séchoir est très important. Il faut aussi récolter l’herbe toutes les 4/6 semaines”. En attendant, l’expérience de Pont-Hébert se poursuit. “Pour répondre à tous ces enjeux, nous avons mis en place une comparaison de sytèmes sur 4 ans (jusqu’en 2010). Deux lots de vaches sont alimentés différemment (maïs ou foin en hiver, pâture au printemps et en été), nous pourrons ainsi mesurer tous les paramètres (zootechnie, environnement, économie, énergie, travail, qualité des produits, etc.) et les diffuser ultérieurement au public”.
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