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Chauffer malin ?
Le GAEC du Palmier compte sur ses laitières

500 m2 d’aire paillée dans une stabulation à Sainteny, il n’en faut pas plus pour alimenter une pompe à chaleur domestique. Explications.

© EC

“Lorsque ma chaudière classique a commencé à rendre l’âme l’année dernière, j’ai fait mes comptes en fioul. A la clé, 3 000 euros par an. Cher, très cher pour une maison datant de 1974, même si elle a été isolée dans les années 1980” explique Aurélien Férey, 28 ans, installé en GAEC avec ses parents, sur Sainteny, non loin de Carentan. Son électricien-plombier local, David Noël, est alors venu à la rescousse. Artisan à Auxais, à moins de cinq kilomètres de Sainteny, notre homme écume la campagne avec sa camionnette. Sa force ? La proximité et des compétences obtenues lorsqu’il était salarié. “Nous avons discuté avec Aurélien et je l’ai “branché” sur une pompe à chaleur alimentée grâce à l’aire paillée (500 m2) de la stabulation. Je connais ce système, cela fonctionne de manière impeccable. Reste qu’aucune n’est en place dans l’ouest de la France, hormis celle de la ferme expérimentale de la Blanche
Maison”. Aurélien Férey fait confiance à l’artisan de proximité et lui donne carte blanche ou presque. Fini le pétrole, place à l’énergie renouvelable à volonté.

Ne plus dépendre du fioul
Concrètement, une pompe à
chaleur capte les calories à un endroit et les restitue à un autre. Le principe est connu depuis le XIXe siècle ; la première installation en Europe date de 1931. A l’époque, avec un prix du baril de pétrole ridiculement bas,
personne ou presque ne s’intéresse à l’installation de l’hôtel
de ville de Zurich (Suisse). La donne change dans les années 1970/1980 avec le premier choc pétrolier. Aujourd’hui, en France, on compte plus 50 000 pompes à chaleur domestiques. La technologie, cela a son importance, est donc très fiable. “Je ne voulais plus être dépendant d’un prix du fioul en constante évolution lâche Aurélien Férey. Remplacer la chaudière par une autre m’aurait coûté 8 000 € minimum. Autant sauter le pas et signer un chèque de 25 000 € pour la pompe à chaleur eau-eau”.
Reste à choisir le matériel. Là aussi notre exploitant veut jouer la carte de la proximité en cas d’une éventuelle panne. David Noël a “le” constructeur dans son carnet d’adresses : l’entreprise Lemasson installée à Agneaux (Saint-Lô) depuis 1975. “Ils fabriquent eux-mêmes les pompes. Celles-ci ne comportent pas de carte électronique mais des contacteurs mécaniques, gage de fiabilité. Un coup de pelle, pose du serpentin
à 20 centimètres de profondeur, puis on recouvre et l’on branche”. Durée des travaux quinze jours, y compris la pose, dans la maison, du bloc pompe à chaleur (puissance 10 KWh). Pas évident tout de même ! La distance entre l’habitation et la stabulation dépasse les 100 mètres. « Pour retrouver une installation du même type, hormis la ferme expérimentale de la Blanche Maison, il faut monter dans le Pas de Calais” souligne l’électricien-plombier-chauffagiste.

Cadeau de Noël
Fonctionnelle pour Noël l’installation en question tourne rond, compteurs à l’appui. “Eau chaude et chauffage à volonté pour une facture annuelle (estimée) de 900 € avec bien sûr une satisfaction, celle de jouer la carte de l’autonomie”. Serpentin et pompe à chaleur ont une durée de vie minimum de 25 ans. “Les installations que j’ai vues, basées sur les différents principes de pompe à chaleur, précise David Noël le bien nommé pour la circonstance, ont pour certaines passé les trente ans ; elles fonctionnent toujours”.
Pour financer le projet, Aurélien a fait appel à l’éco-prêt puis a déposé une demande de crédit d’impôt correspondant à son investissement. “Outre le prix, il y a aussi d’autres avantages par rapport à la chaudière fioul : un meilleur confort de chaleur et moins d’entretien”. D’accord pour l’hiver, mais au printemps et en été, comment avoir de l’eau chaude ? “Simple, la raréfaction sur le toit de la stabulation en tôles “fibro” suffit à produire assez de chaleur pour alimenter le ballon”. Elle est pas belle la vie ?
E. Charon

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