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Hervé MARIE, président du GDS de la Manche
Le GDS doit être un réseau actif et proactif ,,

Les GDS sont nés dans les années 50 d'une volonté commune de l'État, du syndicalisme agricole et des vétérinaires. Ce fut le cas également dans la Manche. Le GDS a été créé le 14 octobre 1954. Le président actuel, Hervé Marie, nous livre son regard sur l'actualité sanitaire et exprime son attachement à la bonne santé des animaux.

Quelle est l'origine du GDS ?

À la base, il n'y avait que l'État qui gérait le sanitaire. Quand il a fallu faire la première gestion et éradication de la brucellose, il s'est aperçu que seul, il n'y arriverait pas. Avec la profession agricole, le syndicalisme et la profession vétérinaire, les services de l'État ont décidé de créer ce qui est devenu le groupement de défense sanitaire. Sans l'implication de la profession pour le coordonner sur le terrain, cela n'aurait pas été possible. C'est ainsi que le premier réseau sanitaire est né, un réseau basé sur un fonctionnement pyramidal, devenu une structure purement professionnelle.

En partant de la base ?

Effectivement, le GDS c'est avant tout des adhérents et des délégués répartis sur l'ensemble du territoire. Ils se sont organisés en canton, en département, en région et à l'échelle nationale. Il faut se rappeler que nous étions seulement 10 ans après le Débarquement en Normandie et 9 ans après la libération de la France. Pour nourrir la population, il était essentiel d'avoir un troupeau sain. C'est un joli tour de force d'avoir monté un tel dispositif quand on pense qu'il n'y avait pas l'eau courante dans toutes les maisons, ni le téléphone, l'électricité... Il n'y avait pas de tracteurs non plus. Malgré tout, ils ont réussi à monter un dispositif national. C'est quelque chose d'assez formidable. Aujourd'hui, on compte 93 GDS en France dont 6 Ultramarins. Dans la Manche, le GDS reste une structure importante avec plus de 7 500 adhérents. C'est quelque chose d'assez formidable.

Quelles sont les maladies qui ont marqué le département ?

Il y a eu la Brucellose suivie de la Tuberculose. Nous avons eu la gestion de la fièvre aphteuse. Ce sont des grandes maladies ! Il y a eu la leucose, l'IBR, la BVD... Il y a toujours besoin d'assainir le cheptel. On sait que le seul moyen d'y arriver, c'est le collectif. Le dernier exemple, ce sont les maladies qui arrivent en métropole en raison du dérèglement climatique. Avec les GDS ultramarins, GDS France a passé des accords pour analyser leurs maladies pour mieux anticiper ce qui pourrait impacter nos élevages parce que les maladies n'ont pas de frontières. C'est la force de notre réseau.

Parmi les nouvelles maladies, il y a la MHE. Où en est-on dans la Manche ?

La question n'est pas de savoir si nous allons l'avoir mais plutôt quand allons-nous l'avoir. Aujourd'hui, à l'heure où je parle, il n'y a toujours pas de vaccin. Or, il faut être prêt à agir. Nous sommes en veille avec les services de l'État afin de pouvoir se prémunir notamment sur la zone importante des marais. C'est une zone propice au développement des insectes piqueurs, vecteur de transmission d'un animal à l'autre.

Aujourd'hui, quelle est la force du réseau dans la Manche ?

Le département est articulé en 18 secteurs. Le GDS de la Manche peut s'appuyer sur 450 délégués répartis sur l'ensemble du territoire. C'est un maillage important qui nous permet, le cas échéant, de neutraliser une zone dans un rayon de 10, 20 km en moins d'une heure. C'est une force à la fois pour l'élevage mais aussi pour l'État. Le GDS doit être à la fois actif et réactif.

Quel est aujourd'hui l'état sanitaire du cheptel manchois ?

La Manche est un grand département d'élevage, le premier département d'élevage bovin français mais pas que. Il y a aussi un cheptel ovin, caprin, porcin important sans oublier l'équin et l'apiculture. L'état sanitaire est bon voire très bon grâce aux efforts à la fois des éleveurs et de tous les maillons de la chaîne dont le maillage vétérinaire. Cela nécessite une veille permanente. Sans un élevage en bonne santé, la Manche ne serait pas le département qu'il est. Cette activité économique assure à la fois une alimentation saine et un entretien du territoire.

Que représente le sanitaire pour vous ?

Pour moi, le sanitaire est la clé du bien commun. Si je prends l'exemple d'une voiture de sport : elle peut être belle, on peut lui mettre le meilleur carburant possible c'est-à-dire l'alimentation, mais sans entretien, elle ne pourra pas aller loin. C'est la même chose avec le sanitaire. On peut donner une bonne ration à un animal. Mais s'il n'est pas en bonne santé, cela ne fonctionnera pas.

Je ne connais pas un éleveur qui n'aime pas ses animaux ! Cela n'existe pas ! Il est quand même plus facile d'être un animal malade dans le département de la Manche qu'un humain. Dans la nuit du samedi au dimanche, je peux appeler mon vétérinaire. Je n'aurai pas un répondeur qui me dira de faire le 15. Une demi-heure après, il est dans ma cour pour soigner l'animal. Dans le département de la Manche, nous ne laissons pas les animaux en souffrance.  

Pour conclure ?

C'est beaucoup plus facile de se mobiliser pour de la défense économique plutôt que de s'engager pour la défense sanitaire. C'est pour cela que j'ai un grand respect pour ceux qui m'ont précédé, qui ont su aussi malgré toute l'évolution agricole des années 70/80 basée sur le développement économique et productif, ont su maintenir et transmettre l'esprit du GDS. Il reste toujours très présent.

Au moment des guerres, les hommes étaient partis au combat et les femmes étaient sur les fermes. C'est grâce à elles si la Manche est devenu un département d'élevage. Il faut leur en être reconnaissant d'autant plus qu'elles n'avaient pas choisi ce métier. Et pourtant, elles sont devenues des agricultrices.

Les présidents du GDS depuis 1954

De 1954 à 1974 : Gabriel Huault

De 1974 à 1986 : Eugène Duchemin

De 1986 à 1999 : Gérard Blin

De 1999 à 2012 : Daniel Delentaigne

De 2012 à 2014 : Noël Lefebvre

Depuis 2014 : Hervé Marie

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