Le GNR bondit de 60 % en un mois, la FDSEA réagit
La guerre en Iran provoque des conséquences dans les exploitations agricoles. C'est le cas sur le prix du GNR qui, en un mois, a bondi de 60 %, atteignant en ce début d'avril 1 550 € HT/m3. Le syndicalisme demande une baisse de 30 centimes d'euros/l au gouvernement sous peine de reprise de mobilisation.
En février 2026, le prix du GNR était de 945 € HT/1 000 l quand il atteint les 1 430 €/1 000 l en mars et 1 550 €/1 000 l ce tout début d'avril 2026. " C'est près de 60 % d'augmentation en un mois ", se désole Jean-Hugues Lorault, président de la commission " appro-machinisme " au sein de la FDSEA de la Manche. Une évolution fulgurante qui s'explique par l'effet de la guerre en Iran. Une guerre " qui apporte un nouveau lot d'inquiétudes bien légitime car nos exploitations pâtissent toujours de la faiblesse de leurs trésoreries pour amortir les chocs ", confie le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, lors du congrès national à Caen les 31 mars, 1er et 2 avril.
170 € en un jour pour un tracteur
Concrètement, en une journée de travail dans les champs, avec une consommation de 300 l, " c'est 170 € de plus pour un tracteur ", argumente Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. " On ne produira pas à perte, on ne tiendra pas sans soutien. Il est important de rouvrir les négociations maintenant, soutenir les filières en urgence, d'arrêter la pression sur les agriculteurs. Nous demandons de pouvoir vivre de notre travail ", martèle le n° 2 de la FNSEA. Clairement, devant les congressistes et la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, Arnaud Rousseau ne mâche pas ses mots. " Sans la prise en charge de 30 centimes sur le GNR, sans la suspension de la MACF sur les engrais, sans une protection réelle contre les distorsions de concurrence, sans réponse à la crise céréalière : nous reprendrons nos mobilisations là où nous les avons laissées."
Des trésoreries mises à mal
L'état d'esprit est similaire dans la Manche d'autant plus que " nous sommes en pleine période de travaux dans les champs et de semis, avec des besoins en volume plus importants qu'en période hivernale ", se désole Jean-Hugues Lorault.
Conjugués à une baisse des prix du lait, du porc, des légumes..., les prix du GNR mettent à mal les trésoreries " Il y a un effet ciseau entre le chiffre d'affaires et les charges. Cela vient ajouter une pression supplémentaire. C'est sans compter la TVA qui connaît la même progression. Il nous faut faire l'avance ", explique l'agriculteur.
Des vraies mesures attendues
Le gouvernement a annoncé vouloir " débloquer des stocks stratégiques. Mais cela n'a pas été la hauteur espérée, entraînant aucun effet sur le prix. On a du mal à comprendre cette hausse exorbitante. L'effet escompté n'est pas du tout l'effet constaté ", martèle-t-il. " Nous demandons de trouver un mécanisme au-delà des annonces superficielles proposées aux agriculteurs comme le report de charges MSA. C'est du baratin. Il faudra tout de même régler. Cela n'est pas fait pour régler les problèmes de trésorerie ", poursuit-il. " Il nous faut de vraies mesures qui agissent pour les différents métiers utilisateurs de carburants. Les agriculteurs vont être pénalisés aussi dans l'achat de semences, d'intrants au travers des coûts de livraison. C'est indispensable de stopper cette augmentation. Il nous faut revenir à des prix en cohérence avec nos coûts de production. Il faut que des mesures arrivent rapidement pour éviter de voir les trésoreries se dégrader encore plus ", conclut Jean-Hugues Lorault.
Faire baisser les prix grâce à l'achat groupé
La FDSEA organise depuis de nombreuses années l'achat groupé de GNR. Sur l'année 2025, pas moins de 2 184 500 l ont été commandés en 13 appels d'offres, permettant d'obtenir des prix auprès des fournisseurs, atteignant une différence par rapport au prix public de 100 €/1 000 l. " Notre difficulté est de mettre la pression sur les fournisseurs pour être en capacité à s'engager sur les prix cinq jours avant les livraisons ", souligne Jean-Hugues Lorault. Effectivement, les volumes sont recensés le jeudi soir pour obtenir un prix le vendredi midi, et une livraison la semaine suivante. " Quand la situation est stable, cela ne pose aucun problème. Les fournisseurs sont en capacité d'appliquer un prix attractif et assurer les volumes ", explique le responsable syndical. " Et c'est notre rôle d'aller chercher des réductions de prix ", ajoute-t-il. Avec la guerre en Iran, la situation est plus tendue. " Nous avons été obligés d'alerter nos fournisseurs sur le peu d'avantages que les appels d'offres permettaient d'avoir. Ils se sont bien rattrapés. Nous avons pu décrocher une économie de 31 € HT/1 000 l par rapport à un prix public ", concède Jean-Hugues Lorault.
Les prochaines commandes doivent être passées avant le 23 avril, 18 juin, 16 juillet... Il suffit de contacter la FDSEA vmarie@fdsea50.fr