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Le jus de pomme 100 % français a son logo

Pour valoriser l'origine France du jus de pomme, l'Association de Promotion des jus de pommes de France travaille depuis 2010 à la mise en place d'un logo « 100 % pommes de France » avec l'implication de tous les maillons de la filière. Au-delà de l'origine, le logo implique des engagements en matière de qualité, pour satisfaire au maximum les attentes du consommateur.

© TG

Pour valoriser l'origine française des pommes, aussi bien cidricoles que de bouche, dans les jus, l'Association de Promotion des jus de pommes de France a entamé en 2010 une démarche de reconnaissance avec l'élaboration d'un logo, lancé le 27 janvier en présence du ministre de l'Agriculture. Ce logo facilement compréhensible et identifiable (un hexagone dans une pomme) sera désormais apposé sur les bouteilles de jus «100 % pommes de France». S'il doit encore évoluer graphiquement, peut-être pour se rapprocher des logos déjà existants comme Viande de France, la démarche s'inscrit en tout cas dans une stratégie saluée et appuyée par Stéphane Le Foll, celle de la valorisation des produits français « qui se couple avec les enjeux de consommation locale », a soutenu le ministre. Pour Jean-Luc Duval, l'un des initiateurs de la démarche, vice-président de la coopérative Agrial, le fait que tous les maillons soient impliqués est aussi « une façon de faire vivre les territoires », avec des producteurs mais aussi des transformateurs dans les campagnes.

Engagement de qualité
«Au-delà de dire que c'est français, nous voulions avoir une charte d'engagement sur l'ensemble de la filière» pour garantir des produits de qualité, explique Jean-Luc Duval. Si le logo garantit une production et une transformation implantées sur le territoire français, il est également un gage de pratiques agricoles durables, qui limitent au maximum les traitements phytosanitaires, respectent la biodiversité (enherbement, bandes fleuries, nichoirs à mésanges...) et favorisent l'expérimentation de techniques alternatives. Côté transformation, l'engagement est identique, avec des entreprises qui se veulent responsables dans la gestion des ressources et la transparence notamment. La signature de la charte est un préalable obligatoire pour les producteurs et entreprises qui veulent utiliser le logo. Enfin, les distributeurs se montrent également intéressés par cette démarche qui répond aux exigences de plus en plus fortes des consommateurs. Le marché du jus de pomme, et du jus de pomme bio surtout, est en forte progression. « C'est à nous de nous adapter au marché », estime Jean-Luc Duval. Car avec une filière cidre en difficulté, la valorisation du jus de pommes 100 % français permet ainsi de donner de la visibilité aux producteurs et de dynamiser la production.

Jean-Luc Duval : « 30 000 à 40 000 tonnes vers le jus »
>> Pourquoi avoir initié la démarche de ce logo « 100 % pommes de France » ?
Jean-Luc Duval. Je suis issu du syndicalisme et à l’époque chez Jeunes Agriculteurs, on avait travaillé sur la valorisation de la viande de porc française. Nous avons voulu faire la même chose avec le jus de pomme français quand en 2010, nous avons vu arriver sur le marché des pommes venues de l’Est à des prix dont nous ne comprenions même pas la faisabilité. Nous sommes donc allés voir nos différents clients pour entamer une démarche de communication. Aujourd’hui, la dynamique est assez forte.

>> Est-ce que ce logo va permettre d’augmenter le nombre de producteurs ou le nombre d’hectares dédiés ?
Avec un marché du cidre en délicatesse malgré les innovations, la valorisation du jus de pomme va surtout nous permettre de surgreffer ou d’arracher et de replanter certaines variétés spécifiques pour nous adapter au marché. En cidricole, ce sont 30 à 40 000 tonnes qui vont aller vers le jus cette année. Nous avons un travail d’assemblage à faire pour arriver à un goût qui corresponde à celui du consommateur mais le souci avec les pommes de bouche, c’est que les variétés sont sélectionnées pour rester sur l’arbre jusqu’à la cueillette, avec une peau fine, alors que nous ramassons mécaniquement les pommes cidricoles. Il faudra trouver les variétés les plus adaptées. 

>> Pourquoi avoir conditionné le logo à une charte d’engagement ?
Il fallait dire davantage que « Produit français », c’est pourquoi nous avons mis en place cette charte qui est un signe de qualité pour l’ensemble de la filière. Au niveau de la production de pommes cidricoles, l’avantage que nous avons, c’est que l’on ne présente pas le produit au consommateur. Les traitements phytosanitaires sont donc moins importants. Pour un certain nombre d’entre nous, passer en bio n’est donc pas insurmontable, et cela permettra de répondre à la demande en jus de pomme bio qui est en forte progression. La valorisation de l’origine concerne aussi les pommes utilisées dans le jus concentré. Champomy est d’ailleurs entré dans la dynamique. Et il y a une demande des distributeurs, poussés par les exigences des consommateurs. Au final, le surcoût ne devrait pas dépasser 10 %, sinon le produit ne se vendra pas. La charte est par ailleurs un moyen de montrer la réalité de nos pratiques, car on en a pris plein la figure, alors que l’on n’intervient jamais de façon irraisonnée sur nos vergers. Il ne faut pas oublier que lorsqu’on le fait, c’est aussi pour assurer la production au consommateur avant tout.

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