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Au Mesnil-Clinchamps (14)
Le lapin a chassé les laitières

A une dizaine d’années de la retraite et au moment d’investir, l’EARL Mophipo mise sur la cuniculiculture. Les vaches laitières disparaissent de la ferme au profit des lapins. Avec leur nouveau bâtiment, Monique et Philippe Poret disposent de 780 cages-mères.

© VM

Jusqu’au 1er septembre dernier, Monsieur s’occupait des vaches laitières. Madame gérait l’atelier lapin. Depuis, Monique et Philippe Poret ont mis un terme à la vocation laitière de leur exploitation basée au Mesnil-Clinchamps (14). “Nous devions faire un choix, sachant que nous sommes à 15 ans de la retraite. Les bâtiments laitiers comme ceux des lapins devenaient vétustes. Nous ne pouvions investir dans les deux domaines. Nous nous sommes donc spécialisés dans les lapins”, explique Philippe Poret. Le couple a cédé la partie laitière de l’exploitation à un jeune agriculteur. Ce dernier a racheté le cheptel et s’est installé avec ses beaux-parents.

Choisir son investissement
A l’origine, la ferme des Poret est bien laitière. “Il y a 12 ans, nous avons mis les bâtiments des vaches aux normes. Nous n’avions que 30 vaches laitières pour 270 000 litres de lait. A l’époque, nous avons diversifié notre activité avec le lapin”. En 2013, la marge brute et le chiffre d’affaires des deux activités se révèlent équivalentes. Le confort de travail a finalement dicté l’orientation de la ferme. “Les lapins sont plaisants à travailler. Nous sommes au chaud l’hiver. Nous ne subissons pas l’astreinte des vaches laitières. Enfin, nous avons 50 ans, ces animaux se manipulent plus facilement. L’effort physique est plus limité qu’avec les vaches. Et aucun de nos enfants ne reprendra la ferme”, détaille Philippe Poret.

Un bâtiment neuf
Reste l’aspect technique de la cuniculiculture. Le revenu de l’exploitation est conditionné par des résultats techniques au-dessus de la moyenne. “Nous ne gagnons pas d’argent si nous sommes dans la moyenne. Car comme tous les élevages hors-sol, le lapin est confronté à la flambée des matières premières”. Concrètement, l’EARL Mophipo produit 20 kg de viande par insémination artificielle. A titre de comparaison, la moyenne du groupement Normandie Lapin se situe aux environs des 15 kg par IA.

L’échangeur d’air récupère les calories
Dans cette logique d’excellence, Monique et Philippe Poret ont doublé leur capacité de production et investi dans un bâtiment flambant neuf.  Les agriculteurs ont associé Sanders à la réflexion. La firme a adapté le système de récupération de chaleur. Une technique qui est répandue dans le domaine de la volaille. Un échangeur permet de capter les degrés de l’air sortant pour les réinjecter dans le bâtiment. Trois ans d’étude se sont révélés nécessaires pour affiner le concept. “80 % des calories sont ainsi récupérés. La méthode permet également d’assécher l’air. L’hygrométrie baisse de 30 %. C’est un  vrai gain sanitaire”, souligne Philippe Tétrel, technicien Sanders. L’impact sanitaire a d’ailleurs motivé Philippe Poret, autant que l’économie d’énergie. En fin de semaine, le nouveau bâtiment accueillera donc ses premiers lapins.

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