Manifestation contre le Mercosur
Le Parlement européen freine l’accord, l’agriculture retient son souffle
Sous la pression d’une forte mobilisation agricole, dont de nombreux agriculteurs normands présents à Strasbourg, les eurodéputés ont voté mercredi en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur l’accord UE-Mercosur. Un vote serré qui bloque, au moins temporairement, l’entrée en vigueur de ce traité très contesté par le monde agricole.
Sous la pression d’une forte mobilisation agricole, dont de nombreux agriculteurs normands présents à Strasbourg, les eurodéputés ont voté mercredi en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur l’accord UE-Mercosur. Un vote serré qui bloque, au moins temporairement, l’entrée en vigueur de ce traité très contesté par le monde agricole.
Un accord ancien, une contestation toujours vive
Négocié depuis plus de vingt ans, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) vise à créer l’une des plus grandes zones commerciales mondiales, avec plus de 700 millions de consommateurs. En échange de débouchés facilités pour l’industrie européenne (automobile, machines, vins et spiritueux), il ouvrirait davantage le marché européen à des productions agricoles sud-américaines : viande bovine, volailles, sucre, riz ou soja. Des importations jugées déloyales par les agriculteurs, en raison de normes de production très inférieures à celles imposées en Europe.
Un vote clé à Strasbourg
Par 334 voix contre 324, le Parlement européen a décidé de saisir la CJUE pour vérifier la légalité du traité, notamment sur son mécanisme de « rééquilibrage ». Cette décision suspend de fait la ratification pour plusieurs mois, voire plus d’un an. Une issue saluée comme une « victoire syndicale » par l’alliance FNSEA-JA, mobilisée de longue date contre l’accord.
Et maintenant ?
Si la saisine bloque le processus, la Commission européenne conserve la possibilité d’une application provisoire du traité... Un scénario jugé inacceptable par la FNSEA-JA. Dans les prochains jours, la pression politique va donc se concentrer sur Bruxelles. Pour les agriculteurs, le combat n’est pas terminé : le vote envoie un signal fort, mais l’accord avec les pays du Mercosur reste, pour l’instant, seulement mis en pause.