Aller au contenu principal
Font Size

Covid-19
Le point sur la distribution agricole

Impactés par l’épidémie, les concessionnaires et vendeurs de matériel poursuivent une partie, voire l’intégralité de leur activité. Comment s’organisent-ils, quels services ont-ils maintenu ? Ils font le point sur leur situation.

Pierre-Olivier Leroux  (directeur de LVES) : les éleveurs apprécient qu’on mette tout en place pour les dépanner
« Avant la crise, notre planning était bien équilibré, avec une bonne charge de travail. Aujourd’hui, on tourne à 2/3 d’effectif, ce qui correspond à l’activité réelle. Au début du confinement, on a maintenu exclusivement les dépannages urgents. La semaine dernière, l’entretien préventif a été repris pour éviter les retards et assurer la qualité du lait, c’est important. Les installations qui étaient prévues sont maintenues, sauf quand les chantiers non terminés nous en empêchent ou quand les éleveurs en auto construction ont arrêté les travaux. Le relationnel client se passe bien, on a de bons échanges. Il y a une reconnaissance du service qu’on leur rend, ils apprécient qu’on mette tout en place pour les dépanner.
Le plus compliqué à gérer est l’aspect social. Les annonces contradictoires qu’on a entendues, de rester chez soi puis d’aller travailler, ont créé des changements de situation au sein de l’équipe. On est redescendu aux 35h parce que je ne sais pas quand ça va finir.
Pour préparer la sortie de la crise, on valorise les salles de traite et robots d’occasion, qu’on avait tendance à laisser au second rang. Le contexte peut se durcir, avoir des machines d’occasion à proposer sera bienvenu, à condition qu’elles soient propres et reconditionnées. C’est ce qu’on fait en ce moment, on les révise pour qu’elles soient prêtes à être remontées. La problématique c’est d’anticiper l’après confinement, il ne faut surtout pas prendre de retard. »

Xavier Lebaudy (Président des Etablissements Lebaudy) : nos employés se sentent
investis d’une mission auprès du monde agricole
« Sur nos trois services, commercial, pièces et atelier, seule la partie commerciale est un peu à l’arrêt. Dès le départ, nous avons demandé à nos commerciaux de ne pas aller en clientèle. Il y a toujours des papiers à faire pendant une semaine ou deux, ils ont pris une semaine de congés. John Deere leur envoie des tutos pour se former sur le matériel. Certains ont enfilé la cote pour aider à l’atelier, désherber les cours. La vente est à l’arrêt mais, de toute façon, avec la forte activité dans les champs, elle l’aurait été sans la crise.
Les équipes d’atelier et de service sont sur le pont depuis la première heure. On n’a pas eu trop le choix puisque l’activité agricole est considérée comme essentielle. Nous avons construit des sas pour recevoir les clients ou bien nous les recevons à la barrière pour éviter toute contamination. Les tracteurs qui arrivent en dépannage sont désinfectés. Les premières semaines, c’était dur, mais ça y est, les gestes barrières sont vraiment respectés par tout le monde : le mètre de distance, le roulement pour les repas etc.
Lebaudy est une boîte familiale avec de la bienveillance pour les employés. Aujourd’hui, ils nous rendent la pareille, ils aiment leur boîte, ils aiment John Deere et se sentent investis d’une mission auprès du monde agricole.
Nous n’avons aucun problème d’approvisionnement pour les pièces détachées, la livraison est seulement un peu plus longue. »

François Monique (directeur général de Vivagri) : on a la chance d’avoir une très bonne équipe qui ne compte pas ses efforts
« C’est traditionnellement une période très active, avec la préparation des sols et des semis. En temps normal, on est surbooké, en ce moment, c’est pire. A part les commerciaux qui travaillent a minima, tous les autres sont présents. On a la chance d’avoir une très bonne équipe qui ne compte pas ses
efforts, mais on perd du temps du fait des mesures de sécurité et des problèmes de livraison. Les trois premières semaines, on parvenait à être livré avec un ou deux jours de retard, aujourd’hui, certaines pièces
manquent. C’est particulièrement le cas pour les pièces électrotechniques que l’on ne peut pas reproduire et qui pourraient venir de l’étranger.
Toutes les commandes de matériel passées l’an dernier ont pu être honorées. Par contre, pour celles du début d’année que nous n’avons pas reçues, on trouve des solutions transitoires avec du dépannage, du
matériel de démonstration ou d’occasion. Notre priorité est que nos clients puissent réaliser leurs travaux. On vit un drame, mais il faut être objectif et honnête, notre métier n’est pas le plus impacté..»

Antoine Ruaux (Responsable du Lely center de Marolles) : on ne fait que du dépannage urgent
« Depuis le confinement, on ne fait que du dépannage urgent. Les maintenances préventives réalisées trois fois par an ont été arrêtées. Les installations prévues sont poursuivies mais la mise en service des appareils ne se fera qu’après la fin du confinement. Nos techniciens sont équipés de masques, de gants et de gel hydroalcoolique. Ils appellent les clients avant de venir et essayent au maximum de résoudre les problèmes par téléphone. Une fois sur place, on s’arrange pour qu’ils ne croisent personne. C’est moi qui fais la navette pour leur déposer les pièces dont ils ont besoin au dépôt. Notre magasinier y travaille toujours, il prépare les commandes.» 

Antoine Valéry (Directeur commercial de la Sama) : je remercie les salariés tous les jours
« L’ensemble du service après-vente est en place : dépannage et fourniture de pièces. La réparation de matériel est maintenue dans tous nos ateliers et nos magasiniers travaillent. En revanche, nos portes sont fermées, il faut appeler pour prendre rendez-vous. Les mesures de sécurité ont été mises en place : port de gants, lavage régulier des mains, distances de sécurité, désinfection systématique des machines avant réparation. Ça alourdit un peu le travail, mais la sécurité n’a pas de prix. Pour la suite, nous avons commandé 8 000 masques. On les attend. A part ça, c’est un fonctionnement quasi-normal. C’est une très bonne chose, je remercie les salariés tous les jours, je les félicite d’assurer le service pour les agriculteurs depuis le début du confinement. Nos clients sont très reconnaissants.
L’activité est soutenue, mais c’est davantage dû à la période de travaux qu’au coronavirus. Toutes les commandes de matériel prévues ont été honorées, parfois avec un peu de retard. Les commerciaux poursuivent leur travail depuis chez eux, ils continuent à garder le contact et à répondre aux éventuels besoins des clients. Tous nos services sont disponibles.»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Moisson 2020 : Et si les blés redonnaient un peu d’espoir ?
Toutes les semaines, nous vous proposons de faire le point sur l’avancement des récoltes dans le Calvados, la Manche et l’Orne.…
(VIDEO) Une Lexion à tapis semi-chenillée dans le Bocage
À Villy-Bocage dans le Calvados, Thierry Bossuyt tourne avec la nouvelle Lexion 7700 qu’il a achetée en commun avec son frère.…
Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, curieux du contexte local
Julien Denormandie est venu visiter la ferme de François Rihouet à Périers (50) et écouter les demandes liées à plusieurs…
Requiem pour l’abattoir de Saint-Hilaire
Vendredi 10 juillet, Manuel Pringault, président du groupe Teba et patron de la société d’abattage saint-hilairien, ASH (gérante…
MC DO CONTRAT
Contrat McDo : « Je connais le prix, quelle que soit la date de sortie »
Romaric, Bernard et Françoise Anquetil élèvent des Prim’Holstein à Saint-Jean-des-Champs (50). Depuis 2007, les jeunes bovins…
Julie Bléron, gendarme référente agricole cultivée sur le milieu
Julie Bléron est référente agricole de gendarmerie depuis le mois de janvier. Sa mission est de recréer du lien entre les deux…
Publicité