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Le premier robot d’affouragement 100 % taurillon est Mayennais

Unique en France, le premier système d’alimentation automatisé (le Vector de chez Lely) destiné à un atelier taurillons est en fonction à l’Earl Gauvenière à Chemazé (53).Rencontre avec Jean-Marie et Francine Gautrais, éleveurs robotisés et heureux de l’être.

© TG

“Notre capital le plus important, c’est la santé, affirme Francine Gautrais. Notre première motivation concernant cet investissement, ça a donc été les conditions de travail pour aller le plus loin possible”. Enfin, “jusqu’à la retraite, 63 ans, complète Jean-Marie son époux. Il vaut mieux être un peu moins riche mais en bonne santé en évitant les TMS,” (Ndrl : Trouble Musculo Squelletique).Et de fait, depuis un an que le robot Vector de chez Lely est en fonctionnement, Jean-Marie se sent moins fatigué.
Ce n’est pas pour gagner plus mais pour s’économiser et rester motivé par le métier”, plaide-t-il. Economiser sa santé donc mais aussi économiser du temps, environ 1 heure 30 par jour. Cela lui permet d’être un peu plus au côté de Francine sur les deux autres ateliers de l’exploitation : veaux de boucherie et dindes pondeuses.

S’économiser la santé et économiser du temps
Sur notre secteur, 7 Vector sont en fonctionnement et 2 autres en cours d’installation (Ndrl : 76 au total en France). Notre cœur de cible reste la vache laitière mais le 100 % taurillon constitue une nouvelle clientèle”, explique Anthony Jarry, responsable commercial et marketing du Lely Center Le Lion d’Angers (49). On peut se poser la question d’un tel investissement à partir d’une centaine d’animaux”. Son coût ? De 140 000 à 155 000 € en fonction de la taille de la cuisine. “Il suffit de diviser le nombre d’animaux par deux et d’ajouter 25 m2 pour en déterminer la taille, explique Anthony, voire 50 m2 si on pense, à court terme, augmenter le nombre d’animaux”.
Un investissement raisonnable ? La conjoncture plombe bien sûr l’ambiance mais le Vector ne manque pas d’arguments technico-économiques. “Un bol mélangeur avec un tracteur, c’est 11 litres de fioul par heure soit 8 €. Le Vector, quant à lui, ne consomme en énergie que 2,50 € par jour”. Une économie potentielle d’environ 2 000 € par an sur la base d’une heure de travail. L’autre retour sur investissement repose sur une meilleure technicité. Vector peut ainsi cuisiner jusqu’à 16 rations différentes. Mais, à l’Earl Gauvenière, on se contente de 4 rations (contre 2 auparavant), une ration par période de 3 mois d’engraissement. 

150 grammes de plus/jour
Une ration mieux adaptée aux besoins des animaux, plus pointue, toujours fraîche parce que distribuée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les refus sont d’ailleurs insignifiants. “J’ai noté globalement une meilleure rumination des animaux avec moins d’acidose. Les poids des taurillons en sortie sont plus réguliers : une trentaine de kg de différence contre une centaine auparavant. Les animaux sont plus calmes, ils se bagarrent moins”, explique Jean-Marie. Selon les premières estimations de notre éleveur, le gain de GMQ (Gain Moyen Quotidien) serait de l’ordre de 150 grammes. “Je pense gagner un mois d’engraissement”. Du côté du technicien bovin de chez Agrial, on confirme ces meilleures performances mais elles doivent être encore étayées sur un chiffrage significatif. On manque encore un peu d’historique pour faire la bonne balance. “Et puis il y a des choses qu’on n’arrive pas à mesurer ou à quantifier précisément, conclut Jean-Marie Gautrais. Moins de cornes cassées, un meilleur état sanitaire du troupeau donc moins de frais véto. Plein de petits plus qui s’additionnent.” Alors pour en savoir plus, une petite visite s’impose. Jean-Marie et Francine vous attendent.

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