Le prochain poulailler d'Arthur aura 40 brasseurs d'air avec option brumisation
Dans l'Orne, le Gaec du Metz produit du lait, des céréales et des poules pondeuses élevées en plein air. Ces dernières ont particulièrement souffert pendant la vague de chaleur du début de l'été.
âArthur Fleury élève des poules pondeuses près de la Ferté-Macé à Joué-du-Bois. Le jeune homme de 28 ans est installé en Gaec avec sa maman Anne-Laurence et son frère Victor. " Je suis entré dans l'exploitation en 2019, j'ai pris la suite de mon père parti à la retraite. À l'époque, la ferme ne produisait que du lait et des céréales ". Arthur arrive alors avec un projet dans les valises : développer un atelier de 15 000 poules pondeuses en plein air. Au départ, ce projet est mené grâce à l'accompagnement d'Agrial, avant que la ferme ne devienne indépendante.
39 °C relevé en bâtiment
Les poules pondeuses d'Arthur Fleury disposent d'un bâtiment de 1 700 m2 et peuvent courir sur 6 ha de parcours en plein air, même si dans les faits " elles ne vont pas vraiment au-delà de 2 ha. Elles ne sont pas très aventurières ", explique l'agriculteur. Peu d'entre elles prennent une cure de vitamine D, même quand le mercure affiche " seulement " 25 °C (température relevée le jour du reportage, NDLR). Elles sont plutôt agglutinées devant la façade nord du bâtiment, sur un linéaire à l'ombre. Quelques-unes se prélassent plusieurs mètres plus loin, près de la haie qu'ont plantée les membres du Gaec il y a deux ans pour offrir davantage de surfaces ombragées à leurs animaux. Il semblerait presque que les poules aient encore en mémoire l'épisode caniculaire qu'elles ont subi il y a quelques semaines. Car la volaille est certainement l'une des productions les plus vulnérables à la chaleur. " La poule ne transpire pas et donc ne régule pas sa température. Elle est bien jusqu'à une température extérieure d'environ 30 °C. Ici, on est monté jusqu'à 39 °C dans le bâtiment et 40 °C ou 41 °C en plein soleil sur les pignons ". Si d'habitude, l'éleveur ferme les bâtiments la nuit, cette fois, il a laissé tout ouvert pour essayer de donner le plus d'air possible aux animaux. " Une nuit, j'ai perdu 250 poules. Je n'ai jamais vu ça depuis mon installation. Le lendemain, on s'est affolé à trouver des gros ventilateurs. Un voisin, ancien exploitant en volailles de chairs, nous a dépanné de deux ventilateurs qui brassent 50 000 m3/heure. On les a disposés à chaque pignon du bâtiment pour renouveler l'air. De l'air chaud certes, mais de l'air quand même... ".
Baisse du taux de ponte et des œufs plus fragiles
En temps normal, les 15 000 poules boivent 3 000 litres d'eau par jour. Pendant les fortes chaleurs, elles consommaient 4 500 litres d'eau par jour. A contrario, la consommation d'aliments a chuté de 1,9 t/ jour à 1,4 t/jour. " Le poids des poules baissait et, par effet domino, le poids des œufs aussi et ils étaient plus fragiles ", note l'éleveur. En période de canicule, les poules pondent moins, mais pondent quand même. " Habituellement, à 48 semaines de vies, le taux de ponte est de 92 %. Nous sommes tombés à 70 % avec un œuf par poule pondu toutes les 32 heures au lieu de 26 heures ". Aujourd'hui, les poules ont retrouvé la forme et un rythme de ponte de croisière. " L'épisode de chaleur va se voir sur le bilan à la fin du lot. Tout ce qui n'a pas été produit pendant les dix jours de fortes chaleurs est perdu et ne peut pas être rattrapé. Après, je ne m'inquiète pas trop. Ce lot est très bon depuis le départ donc ça va compenser les pertes ", rassure Arthur Fleury.
Installation de brasseurs d'air au prochain lot
Le Gaec fait actuellement construire un nouveau bâtiment qui accueillera d'ici quelques mois 40 000 poules pondeuses casseries. " Le premier bâtiment, construit il y a six ans, est standard. Celui en construction sera bien plus équipé pour mieux faire face aux épisodes de fortes chaleurs. Il sera en système volière, quand le premier est en caillebotis. Il disposera de six turbines en pignons, 40 brasseurs d'air avec option brumisation. C'est un coût supplémentaire de 60 000 euros mais, ramené à la poule, cela fait 1,50 € en plus. On préfère investir un peu plus pour que nos animaux soient bien ". Pour le bâtiment déjà en fonctionnement, les éleveurs ont décidé de l'équiper également de brasseurs d'air avec brumisateurs. " Ça sera fait au prochain vide sanitaire. D'années en années, les températures sont plus fortes et l'eau tombe moins. Il faut anticiper ", conclut Arthur Fleury.