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Chambre d’agriculture
Le projet met l’accent sur la compétitivité de l’élevage

En session le 21 mars, la mandature 2013-2019 a présenté son projet stratégique pour le département.

© AD

“On ne subit pas l’avenir, on le fait”. C’est dans cet état d’esprit que la nouvelle équipe mise en place à la Chambre d’agriculture de l’Orne depuis 2013 a réfléchi depuis un an pour mettre en place le projet stratégique pour l’agriculture du département. Dévoilée en session du 21 mars, cette ligne de route donne “priorité à l’élevage, tous les élevages, en mettant l’accent sur la compétitivité et la création de valeur ajoutée”, a clarifié Jean-Louis Belloche, président de la Chambre d’agriculture de l’Orne.&8200;

Un potentiel de développement
Concrètement, il s’agit de fédérer tous les acteurs pour créer un climat positif à l’élevage. “Le passage de l’élevage aux céréales est présent dans tous les esprits, rappelle Jean-Louis Belloche. L’arrêt de l’élevage, c’est des emplois et de la valeur en moins pour le territoire. Nous pensons que l’élevage a de vraies chances avec la croissance de la démographie et de la consommation mondiale.  Rien que pour les produits laitiers, la croissance annuelle de la consommation mondiale équivaut à la consommation annuelle de la France. Il y a des marchés qui s’ouvrent à l’exportation et il y a encore des places à prendre. Notre territoire a des cartes à jouer. Nous avons des compétences, des éleveurs motivés, un climat tempéré, un terroir et des industriels présents.&8200;Tout ce qu’il faut pour créer une dynamique”.&8200;La volonté est aussi d’accompagner au mieux les producteurs.&8200;“Entre les résultats dégagés par les meilleurs éleveurs et les moins bons, il y a encore des marges de progression importantes. Notre travail est de vulgariser les connaissances techniques et de faire progresser les éleveurs”.&8200;

Favoriser l’installation
Un volet spécial du projet stratégique est consacré à l’installation et à la transmission d’exploitations agricoles. “Il faut un an à un jeune, pour monter un dossier, dans le cadre d’un projet d’installation. C’est encore très lourd, souligne Jean-Louis Belloche. Malgré cela, il y a eu une croissance des installations en 2013 avec 75 installations aidées dans le département. Notre objectif est de monter régulièrement entre 80 et 100 installations par an. Il y a en moyenne 200 départs par an”.

Producteur d’énergie
Le projet est également axé autour des énergies renouvelables. Il y a déjà 5 méthaniseurs dans le département et cinq autres sont en construction. La Chambre souhaite aussi pousser à la mise en place de centrales photovoltaïque sur les toitures des bâtiments agricoles et à la valorisation des filières bois-énergie. Les démarches de qualité sont également mises en avant, ainsi que les circuits de proximité, notamment en restauration scolaire.

Préserver le foncier comme outil de production
Gros enjeu, le maintien de l’agriculture dans le territoire, avec une veille active sur la consommation directe de foncier, mais aussi sur les contraintes associées au foncier productif, dans l’établissement des PLU (plans locaux d’urbanisme), PLUI (plans locaux d’urbanisme intercommunaux), SCOT (schémas de cohérence territoriale) … “Vu les projets qui sont dans les tiroirs, on pourrait croire que la population de l’Orne va doubler à moyen terme, alerte Jean-Louis Belloche. Gardons de la cohérence dans les projets et évitons les gaspillages de terres agricoles. On ne peut pas adopter la politique de la chaise vide sur ces sujets-là. Certains projets remettent complètement en cause l’équilibre économique des exploitations agricoles concernées”. Des conséquences non moins problématiques pour les entreprises naissent également de mesures de protection des milieux prises à l’échelon local. “Nous devons être présents au cours des discussions, pour permettre à l’agriculture de perdurer en tant
qu’activité économique, insiste Jean-Louis Belloche. Généralement, nous sommes entendus, mais parfois cela est plus difficile, comme dans le cas du PLUI de Flers pour lequel près de cinq points posent problème à la profession. Les conflits de voisinage notamment se multiplient. Il faut être très vigilant pour éviter les constructions trop proches des exploitations agricoles. Lorsqu’on le peut, il faut anticiper les sources de conflit”.

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