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Le “sécateur” géant sécurise et rentabilise

Structurer une filière de la haie bocagère passe par la mécanisation. La CUMA Calvados Innovation l’a bien compris. Après la déchiqueteuse à grappin, le coupeur-abatteur devrait faciliter l’entretien des haies.

L’outil agit tel un sécateur géant. La haie n’y résiste pas. Installée sur une pelleteuse à chenilles, la tête d’abattage saisit, serre puis découpe les arbres et autres plantations présentes sur les haies. La FDCUMA du Calvados a étudié le coût de production des plaquettes vertes. La valeur du bois du bois atteint 5 % des charges totales. Le déchiquetage et le transport vert en représentent respectivement 45 et 25 %.  L’étude révèle également que l’abattage constitue 30 % du prix de revient de la plaquette. La solution : mécaniser. Après la révolution déchiqueteuse à grappin, le coupeur abatteur doit contribuer à réduire ce coût.

1 h 35 pour 200 mètres
Une pelleteuse à chenilles, une tête d’abattage et un homme suffisent. Les haies sont coupées puis groupées au sol, prêtes à être broyées. La semaine dernière, l’outil était en démonstration à Saint-Laurent-du-Mont (Calvados). En 1 h 35, l’équipement a coupé environ 200 mètres de haies bocagères. En moyenne, la tête d’abattage accepte des diamètres maximums de 40 cm. Le débit mesuré sur les premiers chantiers est estimé entre 100 mètres par heure.

Depuis la fin du mois décembre, les adhésions sont lancées. Actuellement, 10 agriculteurs ont versé les 100 € de capital social. 19 000 € ont été investis dans la tête d’abattage. Mais, la pelleteuse à chenille appartient à l’entreprise SOS TP, de Didier Cailly. “Au final, la CUMA Calvados Innovation propose un service complet. Matériel, main d’œuvre et carburant sont prévus dans les 120 € de l’heure de coût prévisionnel (hors temps de déplament)”, précise Caroline Revert, animatrice de la FDCUMA du Calvados.

Sécurisation du chantier
Outre l’aspect financier, les porteurs du projet misent sur l’aspect humain. L’outil répond à des problèmes de sécurité et de disponibilité de la main d’œuvre. L’idée est née dans le secteur de Vassy. “On nous a demandé si on pouvait fournir régulièrement des plaquettes pour la collectivité. Mais, moi comme d’autres agriculteurs, nous avons passé l’âge de la couper à la main”, explique Didier Cailly, alias SOS TP. Ensuite, les recherches ont débuté pour sélectionner le matériel adéquat.  La CUMA Calvados innovation a dû s’adapter. Aucun matériel spécifique n’existe pour les haies. Les têtes d’abattage sont conçues pour saisir des sujets uniques. “Avec les petits bois, les chaînes sautent”, explique Didier Cailly. “Nous avons donc trouvé du matériel canadien qui cisaille le bois. J’ai réalisé quelques modifications pour gangner en rapidité”, poursuit Caroline Revert.
La CUMA Calvados a donc sa réponse. Une tête d’abattage peut s’adapter aux haies. Une tâche accidentogène et consommatrice de temps peut être supprimée dans les fermes.

Inscriptions auprès de la CUMA Calvados Innovation :
02 31 53 55 15. (1 rue d’Hermia, 14 200 Hérouville-Saint-Clair fd.14@cuma.fr).
Groupage des chantiers par région.

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