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Consommation de carburant
Le semis direct évite les coups de pompe

Céréalier dans la Manche, Patrick Broquet a opté, il y a 9 ans, pour le semis direct : économies de temps et de fioul à la clé.

Christian Savary (spécialiste machinisme à la Chambre d’Agriculture de la Manche) et Patrick Broquet : “simplifier certaines techniques culturales sans remettre en cause les performances techniques peut générer des économies substantielles de temps et de carburant”. 
Christian Savary (spécialiste machinisme à la Chambre d’Agriculture de la Manche) et Patrick Broquet : “simplifier certaines techniques culturales sans remettre en cause les performances techniques peut générer des économies substantielles de temps et de carburant”. 
© TG

Un bon 40 litres par hectare pour implanter une céréale en chaîne traditionnelle (8 litres pour le déchaumage, 15 à 17 pour le labour et autant pour le combiné) contre 15 l/ha en semis direct, les TCS (Techniques Culturales Simplifiées) évitent de sérieux coups de pompe côté fioul. Autre atout : un gain de temps considérable.

100 % céréalier
Agriculteur atypique dans le paysage manchois, Patrick Broquet l’est assurément. Céréalier spécialisé au cœur du département français qui comptabilise le plus de têtes de bovins, presque un pied de nez. Il s’est installé en 1976 en production laitière mais a raccroché les griffes en 1983. Un atelier de 200 à 250 taurillons par an a suivi jusqu’en 1996. Il était alors double actif et s’appuyait sur un employé. “Mais j’ai toujours été meilleur en blé qu’en élevage”, assume-t-il, sourire aux lèvres. C’est ainsi que Patrick Broquet est devenu 100 % agriculteur et 100 % céréalier (mis à part quelques ha de prairies/marais pentus). Aujourd’hui seul à la tête d’une exploitation de 160 ha (90 ha de blé, 40 de maïs et 15 de colza). Attiré par les TCS, il s’est petit à petit fait la main pour aller crescendo. “Il y a 9 ans, j’ai fait de la place sous le hangar”. Adieu charrue, bonjour semoir direct. “J’ai acheté en même temps une bonne bêche avec un manche incassable pour bien étudier la structure du sol”.

Préserver le sol
Pour engranger de bons rendements en TCS, certaines règles incontournables s’imposent. “Il faut savoir attendre que la terre soit bien ressuyée avant d’intervenir pour respecter la structure du sol, insiste Patrick. Trop humide, on lisse le sol”. Pneu basse pression (y compris sur la moissonneuse-batteuse) et des remorques qui restent en bout de parcelles à la récolte contribuent également à la préservation d’un terrain très limoneux en haut de colline et profond en contrebas. Mais la grosse difficulté en l’absence de labour, c’est la maîtrise des mauvaises herbes. Après la récolte, il effectue un déchaumage rapide. Suit en octobre un désherbage chimique (Roundup + Banvel) avant un autre déchaumage “si j’ai le temps et s’il fait beau” pour enfin semer.
Côté consommation de fioul, Patrick Broquet aligne ses chiffres : 4,75 l/ha pour déchaumer, 0,7 l/ha pour traiter et 4,3 l/ha pour semer. Soit un total de 9,75 l/ha (14,5 l/ha en cas de double déchaumage).

15 l/ha contre 40
“En technique classique, il faut compter un bon 40 l/ha”, précise Christian Savary, conseiller machinisme à la Chambre d’Agriculture de la Manche. Soit un delta de 25 l/ha (11, 50 e/ha environ). Sur 160 ha : 4 000 litres de fioul en moins et 1 920 e économisés. Au delà du poste carburant, c’est du temps que Patrick Broquet économise. Il peut semer 30 ha en une journée. Et le temps, c’est aussi de l’argent ou alors un certain art de vivre...


Consommer moins ?
- Adoptez une conduite économique,
- Passez votre tracteur au banc d’essai AILE (Association d’Initiatives Locales pour l’Energie et l’Environnement),
- Utilisez un tracteur calibré aux outils,
- Regroupez les travaux pour éviter les séquences de travail trop courtes,
- Lestez à bon escient,
- Veillez à bien atteler et bien régler vos outils,
- Adoptez une pression de gonflage optimum,
- Utilisez le relevage avant de votre tracteur s’il en est équipé.

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