Aller au contenu principal

Assemblée générale FDSEA 14
Le sénateur Laurent Duplomb invité par la FDSEA du Calvados : "Notre abrutissement normatif fait peser120 milliards d'euros sur notre PIB"

Présent à l'assemblée générale de la FDSEA du Calvados jeudi 25 juin, Laurent Duplomb, le sénateur à l'origine de la fameuse loi éponyme, qui a fait couler tant d'encre, a balayé bien des sujets lors de sa venue à Caen. Un discours approuvé par l'auditoire.

À l'occasion de son assemblée générale, jeudi 25 juin, la FDSEA du Calvados a convié Laurent Duplomb - ici entouré de Xavier Hay, président, Geoffroy De Lesquen, vice-président et Guillaume Férey, secrétaire général - pour parler de productivité et compétitivité.
À l'occasion de son assemblée générale, jeudi 25 juin, la FDSEA du Calvados a convié Laurent Duplomb - ici entouré de Xavier Hay, président, Geoffroy De Lesquen, vice-président et Guillaume Férey, secrétaire général - pour parler de productivité et compétitivité.
© LM

â Il assène les chiffres aussi bien qu'un joueur de badminton smashe un volant : Laurent Duplomb, sénateur de la Haute-Loire depuis 2017, a fait le déplacement en Normandie. Et il était en forme, n'en déplaise à ses détracteurs - dont aucun n'a osé pointer le bout de son nez dans la salle de Caen où l'audience lui était tout acquise. Jeudi 25 juin, il a assisté à l'assemblée générale de la FDSEA du Calvados. "En guest star", s'est exclamé Xavier Hay, président du syndicat local, en introduction.

Productivité visée

"L'agriculture française traverse un moment charnière de son histoire, d'après Xavier Hay. Soumise à des pressions économiques, climatiques - comme on peut le voir aujourd'hui - réglementaires et sociétales sans précédent, elle est face à un risque majeur : celui de l'érosion durable de ses capacités à produire."

"Les décisions publiques peinent à se traduire concrètement dans les cours de ferme", rétorque Xavier Hay.

Face à une balance commerciale déficitaire de 870 millions d'euros en 2025 - une première - les agriculteurs s'inquiètent.

Panorama Duplomb

La loi Duplomb, "visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur", a été promulguée en août 2025. À travers elle, Laurent Duplomb, lui-même éleveur (le Gaec compte quatre associés) a planché sur la gestion de l'eau et le stockage de la ressource, la simplification des contraintes administratives en matière de projets d'élevage (création ou agrandissement) et des contrôles environnementaux (fin du Conseil stratégique phytosanitaire par exemple), mais aussi la réintroduction de l'acétamipride (mesure censurée par le Conseil constitutionnel). La liste n'est pas exhaustive !

Mais à l'heure du projet de loi d'urgence agricole au Sénat depuis lundi 29 juin, Laurent Duplomb n'entend pas en rester là et remet cette dernière mesure sur l'insecticide - autorisé partout en Europe, sauf en France - ô combien décriée, sur la table, en intégrant la loi Duplomb 2 aux débats. "L'écologie, on en fait tous, tous les jours. C'est ça la vraie écologie. Plus ils nous tapent dessus [il fait référence à la pétition qui a été signée par plus de 2,2 millions de personnes contre la loi. N.D.L.R.], plus ça me donne envie de continuer", revendique-t-il.

Déclin

"L'agriculture est trop souvent fermée dans des débats idéologiques stériles. [...] Il y a trop d'idéologie", assène Xavier Hay. Face à ce qu'il qualifie d'une "forme d'écologisme anticapitaliste", le sénateur Duplomb défend une vision de l'écologie tout autre : celle de la relocalisation de la production en France.

"On ne peut pas, dans un pays comme le nôtre, se résigner au déclin de l'agriculture sans avoir le courage de se reposer les bonnes questions", clame-t-il, avant de désigner les causes qui ont mené à cette baisse de compétitivité et donc, de productivité : "Les charges, les normes et les surtranspositions, sans compter un modèle de concentration de l'achat (avec les GMS notamment) que nul autre pays en Europe ne connaît. L'État pas suffisamment protecteur sur les contrats de libre-échange aussi."

Des normes

À travers les 52 mesures, le sénateur porte le besoin de simplification - quand certains y voient un recul pour la cause environnementale - "pas comme avec le guichet unique haie. Le décret est impossible à mettre en place", assène-t-il. "Le coût des normes s'élève à 0,5 % du PIB en moyenne, en Europe. En France, c'est 4 % du PIB, affirme-t-il. Cela signifie qu'on fait peser, par notre abrutissement normatif, 120 milliards d'euros ; En Allemagne, ce sont 5 milliards."

"Les Français aiment les paysans, mais ils n'aiment pas bien ce qu'ils font", constate Laurent Duplomb.

Pour lui, "se donner les moyens de produire c'est se donner les moyens de s'installer. C'est pour cela, avec l'article 17, sur la simplification, que nous voulons sortir tous les élevages de volailles, de poulets, laitiers et d'engraissement de la règle ICPE", indique-t-il.

Oser prendre la parole

Outre les projets politiques, pour Laurent Duplomb, les agriculteurs doivent davantage communiquer. "Il n'y a pas dans le monde, à part dans l'agriculture vivrière, une agriculture aussi familiale et aussi vertueuse que la France. [...] Les agriculteurs en sont conscients mais ne savent pas l'exprimer", constate l'élu.

Pour lui, c'est le nœud du problème concernant le stockage de l'eau. En France métropolitaine, le gouvernement enregistre 512 milliards de m3 d'eau par an (d'après les relevés climatologiques entre 1981 et 2010). "Il y a 60 % d'évapotranspiration. Cela veut dire qu'il reste 200 milliards de mètres cubes en eau liquide, soit 3 078 m3 si on le ramène par habitant, par an. [...] À quel moment peut-on parler d'accaparer de l'eau ? En Allemagne et en Espagne, ce sont 1 000 met eux stockent beaucoup plus d'eau que nous", s'agace-t-il, déclarant qu'on devrait parler "d'eau virtuelle", en référence à celle que l'on consomme indirectement via les tomates produites et importées du Maroc.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
"Parsème est l'exemple même de projet qui participe à montrer que nos campagnes œuvrent au dynamisme et à l'innovation", déclare Philippe Blaise, maire de Lingèvres, saluant "le parcours entrepreneurial de Victoria".
Les curieux se pressent à l'inauguration de Parsème en Normandie
Installée à Lingèvres, Victoria Briend a présenté son projet d'ampleur : Parsème. Jeudi 28 mai 2026, elle a convié…
Publicité