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Le sol : un allié des cuma à soigner

250 000 matériels en France, dont 20% d’outils de travail du sol et de semis. Le sol est un allié précieux des Cuma mais qui a ses exigences.

La vigilance autour du tassement des sols est déterminante en semis direct.
La vigilance autour du tassement des sols est déterminante en semis direct.
© Fédération des cuma de Basse-Normandie

Améliorer le potentiel agronomique des sols avec des itinéraires culturaux simplifiés est aujourd’hui un thème très à la mode. La finalité de ces pratiques est noble et passionnante, la demande des consommateurs et du législateur évolue d’ailleurs en ce sens et il est fort probable que des labels de production autour d’itinéraires techniques simplifiés émergent ces pro- chaines années. Mais attention, malgré les apparences, ces techniques sont complexes et la période d’appropriation peut faire-faire des erreurs.

Gare aux achats coup de cœur

Séduisant de prime abord, le semis simplifié et à fortiori le semis direct, permettent de faire des économies ; en évoluant du labour au semis direct (SD), temps et coût seront in fine divisés par 3. Mais, souvent, les économies directes sur ces itinéraires servent à réinvestir dans des techniques complémentaires.

Pour réussir, la progressivité, ainsi qu’une vision large et transversale sont indispensables. Vouloir investir directement dans un semoir SD est périlleux. Un sol a besoin de plu- sieurs années pour se réorganiser, les stratégies de fertilisation évoluent également, le désherbage devient complexe, la couverture permanente est indispensable, les compactions sont à éviter et la gestion des résidus est délicate.... Il faut laisser du temps au temps, et la machine est bien le dernier maillon de la chaîne. Une exploitation, une Cuma, possèdent déjà suffisamment de matériels pour se lancer. « Que le semoir tourne ou pas, il faut payer les annuités » insiste Pascal Diligence de la Cuma de la Vallée de l’Orne. « Un défaut d’utilisation et c’est l’activité qui en pâtie, mais il faut accepter d’expérimenter, pas facile aujourd’hui quand on court après le temps et l’argent ».

Autre point : un semoir de semis direct ne doit pas être emmené à plus de 8km/h (implantation et salissement). Les achats doivent être réfléchis en ce sens : des semoirs 3m frustreront finalement beaucoup de personnes. Un achat collectif permet d’aller désormais vers des semoirs 6m ; à voir en détail au salon aux champs.

La Cuma : tout sauf l’outil du pauvre !

Revoir ses bases, pas simple, d’autant plus quand le système actuel est rodé. La gestion du risque passe par les groupes : échanger, collecter de l’information, se former... le collectif est partout, dans les achats mais aussi dans les réflexions autour de techniques innovantes. Par ailleurs, le contexte pédoclimatique et les objectifs des uns et des autres varient. La Cuma permet d’investir dans des matériels complémentaires et performants. Surtout lorsque l’on observe que le parc matériel des Cuma de Basse Normandie a bondi en 10 ans de 60% en valeur d’achat mais seulement de 14% en nombre.

Paul Dechaufour est adhérent de la Cuma Centre plaine (Caen Sud), créée en 2016. La Cuma envisage l’acquisition d’un semoir de semis simplifié en 6m pour 800 ha. « Nous avons également fait le choix d’acheter un tracteur de forte puissance, afin de pouvoir emmener le semoir toute la saison! Sur l’exploitation, nous souhaitons économiser 45 €/ha SAU tout en allant vers le SD d’ici 5 ans ».

Ces techniques présentées au salon aux champs nous rappellent à quel point aujourd’hui, pour être solide, il faut savoir être solidaire.

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