Le souchet, la bulbille qui coûte des millions aux maraîchers
Depuis l'interdiction du métham-sodium en 2019, le souchet comestible, plante invasive, prolifère dans les zones de production de la Manche. Une enquête nationale lancée en juillet 2026 tente d'en mesurer l'ampleur. L'Agriculteur Normand a pu prendre connaissance des premiers chiffres.
Dans le bassin maraîcher de Créances, Philippe Jean connaît la plante par cœur. Aujourd'hui retraité, l'ancien président du groupe de producteurs Légumes de la Manche est aujourd'hui chargé de mission pour SILEBAN et l'AOP Jardin de Normandie. Et si le souchet est son sujet du moment, il le combat depuis longtemps. "C'est pire que le chiendent, parce que le chiendent, on arrive à le contenir ".
La plante n'est pas nouvelle. Présente sur tous les continents, elle s'est installée dans les bassins maraîchers normands depuis 20 ans. " Au début, on la maîtrisait, car on disposait de beaucoup de produits chimiques, notamment les fumigants dont le métham-sodium, se souvient-il. Ce produit servait à lutter contre le nématode, la tavelure et le rhizoctone violet lors des opérations de désinfection des sols. Ce faisant, il réduisait aussi le souchet. " Mais, depuis l'interdiction du métham en 2019, sa prolifération se fait à grande vitesse.