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Le sous-préfet de Lisieux fait sa rentrée agricole

Frédéric Monpierre, sous-préfet de Lisieux, s'est rendu sur la ferme de Christophe et Arnaud Grière, à Saint-Ouen-le-Pin. Divers sujets ont été abordés : juste rémunération, transmission, foncier agricole...

Nouveau sous-préfet de Lisieux depuis janvier 2026, Frédéric Monpierre a fait sa première sortie agricole en avril dernier, lors de la Foire de Lisieux. Depuis, il a pu se familiariser avec un territoire rural. Dans cette continuité, la Chambre d'agriculture du Calvados l'a invité, mercredi 2 septembre, au Gaec de la Cour Madame à Saint-Ouen-le-Pin, près de Cambremer.

600 000 litres de lait

Au cœur du triangle d'or du Pays d'Auge, Christophe et Arnaud Grière sont éleveurs laitiers depuis 1995. En plein cœur du bourg, les deux frères ont choisi l'agriculture biologique il y a bien longtemps. Une orientation consciente après plusieurs épisodes sanitaires et économiques nationaux (syndrome de la vache folle, crise laitière, avènement du bio...) et en adéquation avec leurs pratiques. "Ici, il n'y a pas de céréales. Nous n'avons pas d'aliment additionnel, seulement l'herbe et le foin", explique Arnaud Grière.

"La traite, c'est ma vie. Le numérique, c'est leur génération."

Engagé au sein de l'organisme de producteurs Bio Commun (500 producteurs, commercialisation à sept laiteries privées) depuis 2012, le duo a expliqué au sous-préfet son quotidien : "Aujourd'hui, le prix du lait est de 523 €/1 000 l, en bio, avec Lactalis. L'OP permet des négociations avec les laiteries et de la transversalité. On en a besoin pour une juste rémunération." Cela a été l'occasion d'initier le Franc-Comtois d'origine - Frédéric Monpierre est né à Pontarlier dans le Haut-Doubs - aux notions de formule de prix, de revenu et de qualité. "Le bio, le bas carbone... Nous avons des règles à respecter avec 210 jours de pâturage minimum", relate Arnaud Grière.

Robot ou pas ?

Avec leurs 110 vaches et 600 000 litres de lait, ils voient la traite comme "une liberté. Chacun fait une semaine et un week-end, c'est plus de liberté, de week-end et de congé", atteste-t-il. Mais pour le fils d'Arnaud et neveu de Christophe, "la question d'acheter un robot de traite se pose", indique Florian, 21 ans, destiné à s'installer en septembre 2027 après quatre ans dans la mécanique agricole. "On n'y ferme pas la porte, commente son père. Mais ce serait compliqué car le troupeau doit traverser plusieurs routes entre les parcelles. La traite, c'est ma vie. Le numérique, c'est leur génération." La réflexion sur cet investissement illustre à elle seule les enjeux de transmission.

Autre question : le foncier agricole, en particulier dans ce secteur prisé où les terrains se vendent des fortunes à des acquéreurs étrangers, notamment au monde du cheval. "Nous sommes à l'aube de grandes transmissions de propriété foncières par des propriétaires âgés, avec des baux ruraux qui ne seront pas tous transférés. Le monde agricole n'aura pas la capacité d'acquérir ces terres car elles représentent de grosses sommes d'argent", confirme Carole Lize, cheffe de projet territorial des Chambres d'agriculture. "Les droits de préemption ne suffiront pas comme solution face à la révision des prix. Il ne faudrait pas gêner ces transmissions", martèle Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre du Calvados.

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