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Tentative d'escroquerie dans un GAEC manchois
Le téléphone sonne toujours deux fois

Pas de doute, les arnaqueurs en période de crise ont une fâcheuse tendance à grossir en nombre. Leur principe ? Plus c’est gros, plus ça marche. Dernièrement, un GAEC du sud-Manche a évité, grâce au sang-froid des associés, assorti des conseils d’un ami, une escroquerie de 49 000 euro pour abonnement à un annuaire téléphonique "bidon" . Si le téléphone a bien sonné deux fois, aucune euro n'est tombé dans l'escarcelle de l'escroc.

Les escroqueries par téléphone ou courrier se multiplient. Au moindre doute, contactez le service juridique de la FDSEA.
Les escroqueries par téléphone ou courrier se multiplient. Au moindre doute, contactez le service juridique de la FDSEA.
© ec
Les deux associés de GAEC lait-porcs du sud-Manche veulent rester anonymes et on les comprend. « Nous n’avons pas envie de susciter d’autres convoitises de genre » expliquent la maman et son fils. Bref retour en arrière. Mardi 18 novembre, vers 10h, le téléphone sonne au siège de l’exploitation. Voix courtoise, posée, une personne se présentant sous le nom de « Moreau », travaillant au Tribunal de Grande Instance de Paris, annonce la donne qui peut lui rapporter très gros. « Vous n’avez pas payé votre abonnement à un annuaire publicitaire sur Internet entre 2004 et 2008. J’ai devant moi le document que vous avez signé à l’époque. Le TGI a statué, vous devez la somme de… 49 000 euros ! » L’un des associés commence à demander des explications qui ont du mal à venir de la part du dénommé « Moreau. L’exploitant raccroche. Le téléphone sonne une seconde fois. Monsieur « Moreau » est toujours en ligne et insiste en brandissant, toujours d’une voix courtoise, une menace, « les 49 000 euros vont êtres saisis sur votre compte bancaire par la Banque de France… Mais on peut arriver à un arrangement ».
Service juridique contactéDans la foulée de cette conversation, un technicien d’OPA, travaillant régulièrement avec le GAEC, intervient, demande des explications précises puis repasse le combiné à l’un des associés. « L’interlocuteur au téléphone a senti que le vent tournait. Je suis monté « en régime » et j’ai raccroché ». Nos deux associés, quelques jours après cette affaire sont sereins. « De toute façon, nous n’avons Internet. Cela ne pouvait pas nous concerner. Reste que s’entendre annoncer que l’on doit près de 50 000 euros, cela jette un froid dans le dos. Des arnaques ? j’en ai vu à la télévision, dans des reportages, mais je ne pensais pas être concerné. Il est vrai aussi que nous recevons parfois, par fax, des papiers nous demandant de nous abonner ou nous désabonner à des annuaires, toujours en demandant de l’argent». Nos deux associés ont aussitôt contacté le service juridique de la FDSEA. Joëlle Levavasseur, chef de service, souligne, « les tentatives d’escroquerie auprès du monde agricole ressurgissent. Les exploitants ne doivent en aucun cas répondre ou régler les sommes réclamées ».
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