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Recherche et développement
Le verger cidricole relève les défis de demain

“Le verger cidricole face aux enjeux de demain”. Thème d’un colloque qui s’est tenu il y a quelques jours au Lycée agricole du Robillard en présence de plusieurs centaines de producteurs, techniciens et chercheurs de la filière.

A l’occasion de la table ronde, il a beaucoup été question aussi d’agriculture biologique. L’AB, de part son très haut niveau de technicité, peut apporter sa contribution dans la conduite d’un verger traditionnel plus économe en intrants. 
A l’occasion de la table ronde, il a beaucoup été question aussi d’agriculture biologique. L’AB, de part son très haut niveau de technicité, peut apporter sa contribution dans la conduite d’un verger traditionnel plus économe en intrants. 
© TG

Avec un itinéraire cultural faiblement consommateur d'intrants, le verger de pommes à cidre faisait déjà bonne figure. Les acquis récents de la recherche semblent offrir des perspectives encore plus intéressantes. “Allons plus loin, osons innover davantage encore !”, c'est le message à retenir de la journée technique du 30 mars organisée au Lycée agricole du Robillard. Cette journée était l'occasion pour la Chambre régionale d'agriculture de Normandie et l'IFPC d'exposer les résultats des 25 dernières années de recherche et développement sur le verger cidricole.
Nous sommes en phase de transition, les premiers vergers spécialisés plantés il y a une trentaine d'années doivent être renouvelés. Ils le seront sur des bases techniques novatrices avec des variétés plus résistantes qui permettront, aujourd'hui comme demain, de conduire son verger de manière durable.

Pour continuer à faire évoluer les pratiques
Les exposés ont apporté des pistes de travail encourageantes (lutte contre la tavelure, le carpocapse…). Certaines venant d'ailleurs de partenaires du Nord de la France et de Belgique.
Le programme expérimental "le verger de demain" tout juste lancé se propose d'aller encore plus loin avec l'implantation d'un réseau de 8 parcelles en analysant les systèmes de production dans leur globalité.
La présentation de matériels était aussi une réponse apportée : des contacts et échanges intéressants entre les producteurs participants et la dizaine de constructeurs présents ont pu s'établir.

Pratiques culturales durables et produits cidricoles naturels !
Les responsables professionnels présents ont rappelé la perception très "naturelle" dont bénéficient les produits cidricoles auprès des consommateurs. Sans tomber dans le piège du non-réalisme économique, cet atout doit cependant être conforté au mieux par un système de production de la pomme, en adéquation. De nombreuses boissons aimeraient certainement pouvoir bénéficier d'une telle image… A la profession et la filière tout entière de continuer à l'entretenir !

Ils ont dit
Thomas Pelletier, président de la FNPFC (Fédération Nationale des Producteurs de Fruits à Cidre)

“Le plus gros défi que nous ayons à relever, c’est de répondre à l’attente du consommateur notamment à travers une utilisation moindre des intrants. C’est une démarche que nous avons déjà entamée. Mais vouloir se passer du tout chimique, ce serait comme supprimer toutes les pharmacies. Par ailleurs, les haies autour de nos vergers, ça existe depuis longtemps.
On devrait communiquer plus sur ce que l’on fait déjà.
L’autre objectif est économique. Il nous faudra les variétés et les qualités qui correspondent à la demande du marché. Cela ne passe pas par une révolution mais par une évolution naturelle du verger”.


Jean-Luc Duval, président de l’OP (Organisation de Producteurs) Pommes chez AGRIAL
“La culture de la pomme, c’est récent : 20, 30 ans. On a donc besoin de recherche pour progresser. Il faut aussi trouver l’équilibre économique qui est la multiplication d’un prix par un volume. Par ailleurs, nous avons la chance de disposer d’un institut technique propre. La chance aussi de pouvoir mutualiser nos travaux avec le Nord, la Belgique. N’ayons pas peur de travailler avec des variétés étrangères à notre région”.

Denis Rouland, vice-président de l’IFPC (Institut Français des Productions Cidricoles)
“Producteurs et transformateurs ont travaillé sur des variétés locales pour aboutir à une qualité de fruit. Nous nous heurtons cependant à des problèmes d’alternance. Or, nous avons besoin de régularité. Il nous faut des réponses à court terme et des réponses à long terme. Une autre difficulté, c’est Ecophyto qui nous conduit à des impasses techniques. Quelles alternatives ?”

Marc Lateur, Centre de Recherche Agronomique (Belgique)
“La tendance européenne à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires est un plan très ambitieux mais qui manque de moyens. Les politiques doivent être plus responsables. Cependant, c’est via l’AB (Agriculture Biologique) que l’on va progresser. Il faut appliquer ses techniques en lutte intégrée. Avant, on se regardait en chien de faïence mais tout cela va évoluer.
Concernant les variétés locales de vos régions, elles ont leur poids et leurs racines mais il ne faut pas être passéiste. La variété moderne d’aujourd’hui sera l’ancienne demain.”


Pascal Le Doledec, président du Comité Cidricole Normand
“L’agriculture biologique devient source d’inspiration. On assiste à une demande grandissante de conversion et il faut accompagner parallèlement le transfert de technologies : destruction des feuilles, éclaircissage mécanique, enherbement total... Il faut aussi reconsidérer le sol à sa juste valeur”.

Marie Bourut, producteur transformateur en agriculture biologique
“Je suis passée en bio par conviction personnelle. Ça me dérangeait de balancer des produits dans la nature surtout avec un tracteur sans vitre. Techniquement, en transformation,ce n’est pas un problème. J’ai le droit d’utiliser du chlore. Au niveau du verger, la problématique, c’est le rendement. Je n’ai pas envie d’avoir trop d’alternance car il me faut mes 120 tonnes par an. C’est donc simple, si l’éclaircissage bio ne marche pas, j’arrête le bio. Enfin, si je suis passé en bio, ce n’est pas pour le marché. Ce n’est pas parce que je mets “Bio” sur mes bouteilles que je vais en vendre plus. En restauration , le cidre fermier marche mieux que le bio”.

Jean-Luc Duval, bis
“Il ne faut pas passer en bio sans interroger son marchand de pommes. Ne refaisons pas l’erreur du lait bio qui s’est vendu sur le marché spot”.

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