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Herbe
L’éducation à l’herbe !

Au lycée agricole de Vire, l’herbe est sous- surveillance. Coût et pousse sont scrutés dans un cadre pédagogique.

Sur l’exploitation du lycée agricole de Vire, toutes les productions sont liées à la formation des futurs agriculteurs. La gestion de l’herbe en fait partie. “La ferme pédagogique est un outil de sensibilisation des élèves. Généralement, leurs maîtres de stages maîtrisent davantage les variétés de maïs. Les élèves portent souvent un regard administratif sur les pâturages. Ils ignorent les rendements, les valeurs ou les variétés. Ici nous travaillons avec l’herbe et nous n’avons pas à rougir de nos résultats. On montre qu’on peut produire de l’herbe avec peu d’intrants”, note Paule Mahmoudi, enseignante en production végétale. 

Coût de la ration : 70 €/ 1000 litres
Les coûts de pousse sont donc examinés précisément.  Sur l’année, la ration des vaches laitières traites revient en moyenne à 70 €/1000 litres, dont 31 € pour le fourrage. “C’est un bon résultat. Dans certaines exploitations, 70 € correspond à la moyenne de l’été”, constate Benoît Colombel, technicien élevage au Contrôle laitier. Un coût de production qui ne limite pas la production du troupeau mixte mêlant Normandes et  Prim’Holstein. Elle se situe à 8 000 kg de moyenne. Cette performance implique une valorisation optimale des fourrages au bon moment. “Nous utilisons le maïs comme complément de l’herbe. Les animaux n’ont pas accès aux bâtiments. Nous profitons de la traite Même si philosophiquement je serai partisan d’arrêter le maïs, il ne faut pas le décréter bêtement. Fermer le silo n’est donc pas notre objectif”, explique Jean-Paul Rousiere, responsable de l’exploitation. Actuellement, les vaches produisent 28 kg de lait. Le coût de la ration oscille autour des 33 €. Outre l’herbe pâturée, 4 kg de matière sèche de maïs et 1,5 kg de concentré sont distribués aux animaux.

Météo difficile : 25 ares par vache
Les aléas météorologiques pourraient cependant venir perturber cet équilibre. Avec la sécheresse et le froid, la gestion rationnelle des pâtures atteint ses limites. “Nous sommes coincés par la faible pousse d’herbe. C’est exceptionnel, nous arrivons en rupture cette semaine. Logiquement, la rotation des parcelles devrait atteindre 3 semaines et 20 ares par vaches. À ce moment, nous sommes à 24-25 ares”. Cette semaine quatre hectares d’herbe seront ensilés. La récolte devrait permettre de limiter l’augmentation du maïs et de maintenir les 4 kg jusqu’à la mi-juillet.

L’exploitation en chiffres

- 55 hectares de SAU.
- 308 000 litres de quota (troupeau mixte normand et Holstein à 8000 kg de moyenne).
- 5 à 6 boeufs élevés par an valorisés en vente directe via l’atelier de transformation du lycée.
- Atelier porcin post sevreur engraisseur. 1200 porcs charcutiers produits par an. 60 sont élevés sur paille et transformés par le lycée.
- 24 cages-mère lapin.

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