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Légumes dans la Manche : les producteurs répondent au préfet

ont manifesté le 29 avril dernier devant la préfecture de la Manche. Ils ont mis en avant la distorsion de concurrence face aux carottes importées, utilisant un produit non autorisé en France. Le préfet leur a répondu dès le lendemain. Une réponse qui a fait bondir le syndicat FDSEA et Jardins de Normandie.

Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche et Bernard Guillard, président de Jardins de Normandie montent au créneau face aux propos du préfet, Jean-Marc Sabathé. DR
Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche et Bernard Guillard, président de Jardins de Normandie montent au créneau face aux propos du préfet, Jean-Marc Sabathé. DR
© SB

Le 29 avril dernier, à l'invitation de la FDSEA de la Manche, les producteurs de la filière légumière avaient manifesté devant les grilles de la préfecture de Saint-Lô pour dénoncer les distorsions de concurrence sur les légumes « inacceptables » suite à l'arrêt du 1,3 D. Le lendemain, le préfet, Jean-Marc Sabathé, leur a répondu assez sèchement. « Cela fait 10 ans que ce produit est interdit, qu'on dit aux légumiers qu'il faut trouver des solutions, à un moment il faut que ça s'arrête. L'Etat ne changera pas de position, c'est à eux de trouver des moyens d'en sortir », rétorque-t-il.

18 pistes travaillées
Un positionnement qui a agacé les producteurs. Le retour de Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche et Bernard Guillard, président de Jardins de Normandie et du Sileban (structure expérimentale légumière) ne s'est pas fait attendre. Le 6 mai dernier, ils ont exprimé conjointement leur désaccord par rapport aux propos du préfet. « C'est un faux procès. Nous dire que nous n'avions rien fait depuis dix ans est faux », débute Sébastien Amand.  Et Bernard Guillard argumente. « Nous avons investi plus de 1,5 million au cours des 20 dernières années. Au total, plus de 18 pistes ont été travaillées, ne donnant aucune alternative. Le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) et l'INRA entre autres confirment bien qu'il n'y a pas pour le moment de solutions », martèle Bernard Guillard.

Italie, Portugal, Espagne
La rotation des productions ne suffit pas pour faire face à ce nématode. Sinon, les producteurs l'auraient pratiquée. Un semencier travaille le sujet. Et une semence pourrait répondre à la problématique des sols sableux de la côte ouest mais pas avant 2021, pour une récolte en 2022.
« Nous demandons un pas de temps pour nous permettre de trouver des solutions. Nous ne sommes pas entrain de soutenir un produit
insoutenable », assure le producteur légumier.
Il en veut pour preuve que l'Espagne tout comme l'Italie et le Portugal
ont renouvelé la dérogation.

Clause de sauvegarde
Et c'est ce qui les fait monter au créneau et demander à l'Etat français de faire valoir la clause de sauvegarde. Une clause qui éviterait aux consommateurs français de voir sur les étals des carottes de ces pays ayant autorisé le pesticide interdit en France. « N'importons pas l'agriculture que nous ne voulons pas chez nous », s'insurge Sébastien Amand. Un retour de la commission européenne se fait attendre sur le sujet.
Alors, les deux responsables demandent « un pas de temps nécessaire pour s'adapter. Le président de la République avait pourtant promis de ne laisser personne sans solution. Ce que j'en doutais et ce qu'on remarque aujourd'hui. Or, il y a des pistes. Il faut que la problématique soit gérée à l'échelle européenne », indique Bernard Guillard.

Des conséquences sociales et économiques
Le manque de décisions a des répercutions sur le territoire.
Une dimension sociale en raison « des producteurs qui raccrochent les gants, ceux qui devaient transmettre... », explique le président de la FDSEA. Une dimension économique également. « On sacrifie l'économique, on sacrifie des emplois dans nos territoires », poursuit-il.
Ce sont 60 producteurs et 1 000 emplois concernés.

De l'Europe
Alors, un courrier recommandé va être adressé au préfet de la Manche pour remettre le dossier de la filière légumière et les pistes de travail engagées sur la table.
Des pistes en vue d'accompagner la mutation du bassin de la côte ouest de la Manche. A quelques semaines des élections européennes, Bernard Guillard, souhaite « de l'Europe, rien que de l'Europe. Il faut avancer à la même vitesse que l'Europe »,
conclut-il. Mais pas plus vite.

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