Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Légumes : les producteurs veulent des solutions viables

La semaine dernière, les producteurs de tous les bassins de production ont une nouvelle fois manifesté leur colère, cette fois à Cherbourg, en déversant plusieurs tonnes de produits.

© EC

Drôle de feuilleton vécu par les producteurs de légumes depuis le début de l’année. Après une fin de campagne désastreuse pour les trésoreries (35 % de perte sur le chiffre d’affaires par rapport à 2013), le marché ne s’est pas redressé en prix, loin de là ; de plus la grande distribution est sans pitié. A titre d’exemple, le consommateur peut actuellement trouver dans les rayons du brocoli d’Espagne, alors que la Manche en regorge. Du coup, à l’appel de la FDSEA, 150 producteurs ont déversé quelques tonnes de légumes devant la permanence de la députée Geneviève Gosselin. Plutôt remontés, les maraîchers du Val de Saire ont au passage dénoncé un manque d’écoute de la classe politique dans son ensemble.

“Obligé d’hypothéquer”
Jean-Luc Leblond, président de la section légumes FDSEA, estime la situation catastrophique pour de nombreuses exploitations. “C’est vrai, nous avons déjà connu de mauvaises années, mais jamais à ce point. Des producteurs ont été obligés d’hypothéquer leurs terres ou d’emprunter auprès de leurs fournisseurs pour mettre en culture”. Ce que n’accepte pas Jean-Luc Leblond, c’est la position du ministre de l’Agriculture, “nous l’avons averti depuis longtemps sur nos difficultés. Il vient de nous proposer des mesurettes, du saupoudrage. Il écrit à la MSA, à l’Union européenne ; en clair Le Foll demande aux autres de régler les problèmes dont il a la charge”. D’ailleurs, les légumiers ne veulent plus de ces pansements, ou alors à dose homéopathique. “Bon sang, dans la Manche on fait quand même du bon produit ! Lorsque l’on voit la carotte et le poireau partir à 50 % de notre prix de revient, c’est à devenir fou. Notre production doit être payée à son juste prix. Quant aux premières mesures, année blanche pour les cotisations MSA et les annuités bancaires, sans oublier l’abrogation de la redevance sur les pollutions diffuses”. Une redevance qui n’est pas très claire dans la mesure où belges, hollandais, allemands utilisent sans vergogne des produits phyto introuvables en France. Dans un second temps, il va falloir gommer les distorsions sociales et fiscales par rapport à ces autres pays.
Dans la foulée, les producteurs ont été reçus par les services préfectoraux. Réunion à laquelle participaient la FDSEA et les GMS. Jean-Luc Leblond affirme, “on a senti que certaines enseignes de distribution, pas toutes, veulent dialoguer ; pourtant cette rencontre n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Mme Gosselin a soulevé un point intéressant : pourquoi ne pas reverser aux producteurs les crédits d’impôt (CICE) engrangé par la grande distribution ?” Du coup, lundi dernier, la FDSEA organisait une autre réunion, cette fois avec les parlementaires. Cinq députés ou sénateurs ont répondu à cette invitation, par le biais de leurs attachés. Des courriers devraient partir vers Paris. Les maraîchers, eux, voudraient bien voir une autre sorte de papier arriver dans leurs exploitations : orné de plusieurs chiffres avec le symbole de l’euro.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Publicité