Aller au contenu principal

L’élu agriculteur : « fin connaisseur du territoire »

Olivier Paz est maire de Merville-Franceville, président de la communauté de communes Cabourg – Pays d’Auge, président de l’Union de l’amicale des maires du Calvados (Umac). Selon lui, beaucoup de qualités prédisposent les agriculteurs aux responsabilités locales.

© JP

>> Quel sera l’enjeu, pour les élus ruraux, des prochaines élections municipales ?
De redonner de la saveur au mandat d’élu de proximité, soit la confiance des concitoyens et l’ambition d’améliorer la qualité de vie des habitants de la commune. Il faut recréer l’organisation entre les communautés de communes et les communes, entre les communes nouvelles ou les communes déléguées, pour que le maire puisse toujours faire bouger les choses. Qu’il propose et réalise des améliorations : je pense par exemple à un nid de poule sur la voirie. Il faut que le maire puisse engager les réparations directement, sans remplir des formulaires de demande d’autorisation. La loi 3D – pour déconcentration, différenciation et décentralisation – à venir devrait ajuster l’application de la loi Notre (Nouvelle organisation du territoire de la République). Tous les territoires ne sont pas égaux et on n’y applique pas les lois de la même façon.

>> Quels sont les atouts des agriculteurs pour s’engager dans les conseils municipaux ?
Ils sont souvent les plus fins connaisseurs du territoire, de son sol et de sa géographie. Ils remplissent des dossiers de demandes de subventions à la Région, à l’Europe souvent très complexes. Ils ont de l’expérience pratique dans le domaine administratif. Ils apportent une vraie plus-value dans les syndicats d’eaux, car ils connaissent le sujet. Ils sont viscéralement attachés à la terre, à leur village et en sont la force. Ils sont ancrés dans leur commune et sont des élus de terrain, réactifs. Les communes ne peuvent pas se priver de leur savoir. Le mandat de maire n’a rien à voir avec des horaires de bureaux, il faut se dégager du temps. Les agriculteurs ont cet avantage de pouvoir aménager le temps qu’ils passent dans leur exploitation.


>> Et les défis ?
Nous vivons à une période compliquée. Les urbains qui arrivent en campagne veulent les avantages de la ville sans les nuisances rurales. Le métier d’agriculteur est prenant. Les structures mises en place – intercommunalités, syndicats d’eaux, syndicat d’ordures ménagères, communes nouvelles – multiplient les réunions. Le travail de maire devient presque un mi-temps. Nous organisons, après les élections, une université des maires où nous faisons en sorte que les édiles disposent des fondamentaux pour leur mandat : comment lire un budget ? quel est leur rôle d’officier de police ? quel est le droit funéraire ? … Le maire doit avoir des compétences multiples, il est le médecin généraliste de la République : il sait un peu tout dans tous les domaines, on lui serre la main, on lui parle. Le maire est un chef de tribu, il connaît les familles, leurs joies, leurs peines.

>> Les députés ont adopté, le 21 novembre, un amendement prévoyant d’instituer pour les collectivités un droit de préemption des surfaces agricoles sur un territoire délimité en tout ou partie dans l’aire d’alimentation de captages utilisés pour l’alimentation en eau destinée à la consommation humaine. Qu’en pensez-vous ?
La Safer, dont le rôle premier est de préempter pour les agriculteurs, peut le faire pour les communes afin d’assurer la qualité de l’eau. Le droit de préemption est nécessaire et exorbitant du droit commun, nous devons en user avec parcimonie. Nous avons déjà pléthore de lois et devrions commencer par examiner l’utilité de celles que l’on a en place.

>> Récemment des maires ont pris des arrêtés municipaux interdisant les traitements phytosanitaires à moins de 150 m des habitations…
Je ne pense pas que ce soit le rôle du maire de prendre ce genre d’arrêté. Dans le Calvados, seul celui d’Epron a pris un arrêté de ce genre. Nous avons fait en sorte que le débat existe entre les agriculteurs et le maire. Ce qui est certain, c’est que les gens sont inquiets mais aussi que la distance de 150 m entretiendrait le mitrage. En tant que président de l’amicale des maires du Calvados, je fais en sorte que les gens se parlent : que le maire d’Epron raconte qu’il a eu des demandes des habitants, que les agriculteurs expliquent les progrès techniques qu’ils réalisent, les précautions qu’ils prennent. Le maire Providence n’existe plus, les citoyens veulent un élu inscrit dans la démocratie participative.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Observez bien les routes dans le canton d'Évrecy à l'approche de Noël.
La traditionnelle parade de tracteurs des Jeunes agriculteurs est de retour
Les Jeunes agriculteurs du canton d'Évrecy reviennent avec leurs parades de tracteurs en décembre 2025.
Un "concours du plus beau tracteur" aura lieu cette année encore. L'occasion de remettre le titre en jeu. "Cela fait participer le public", indique Romain Maroquesne. 
[EN IMAGES] Parades de Noël dans le Calvados : quel jeune agriculteur aura le plus beau tracteur ?
Les Jeunes agriculteurs du canton d'Évrecy, dans le Calvados, se préparent avec enthousiasme aux parades de tracteurs de Noël. Un…
Les congressistes sont venus nombreux pour assister à ces 5e assises du lait organisées par la FNPL à Saint-Malo. Parmi les sujets prégnants de cette édition : la négociation du prix du lait en lien direct avec l'actualité des producteurs de lait français. Quelques stratégies ont été évoquées notamment lors de la table ronde réunissant un ancien sénateur, un commissaire européen, une productrice française et une dirigeante d'une coopérative belge.
Comment obtenir une meilleure rémunération du lait ?
Les 3 et 4 décembre derniers, à Saint-Malo, la 5e édition des Assises de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de…
"Nous demandons aux autorités compétentes de renoncer à tout projet de prise en charge de cadavres infectés par la DNC sur le site de Saint-Langis-lès-Mortagne".
Des animaux euthanasiés pour cause de DNC traités par Atemax dans l'Orne ?
Le 19 décembre 2025, un communiqué de presse demandant de ne pas accepter le traitement des cadavres infectés par la DNC sur le…
"J'encourage tous les JA à mettre en avant des messages en faveur de l'agriculture française", indique Clémence Girard.
Des parades de Noël pour sensibiliser le grand public
Du 13 au 21 décembre 2025 les parades de Noël, organisées par les JA, font leur grand retour dans l'Orne en Normandie pour la 6e…
Publicité