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L'emploi au coeur de l'assemblée générale de la FDSEA de l'Orne

Lundi 8 mars 2021, la FDSEA a organisé son assemblée générale à Joué-du-Bois. Joël Rébillard a animé la table ronde, sur le thème de l’emploi en agriculture. Morceaux choisis.

De gauche à droite : Jean-Baptiste Goutte, président de JA 61 ; Jérôme Volle, président de la commission employeurs à la FNSEA ; Pascaline Bellier de Fromont, chargée de mission emploi à la FRSEA ; Dominique Jouandet, président de la commission employeurs de la FDSEA, employeur de sept personnes.
© JP

Est-ce que le site Des bras pour ton assiette a fonctionné ?

Jérôme Volle, président de la commission employeurs à la FNSEA : « on a compté 320 000 inscrits. Parmi eux, il y a ceux qui voulaient prendre l’air. Et les sérieux, qui ont débouché sur 17 000 emplois. Cela a permis de faire prendre conscience que le monde agricole est un secteur économique, source de solutions, qui embauche. Nous cherchons des personnes fidèles au poste, compétentes et motivées. Les demandeurs d’emploi cherchent à proximité de leur lieu de résidence. Les gens en reconversion ne savent pas où aller. Mais les agents de Pôle emploi ne sont pas spécialistes du milieu agricole et n’orientent pas vers l’agriculture. Et nous ne savons pas identifier les besoins, les niveaux de formation et de salaires ».

Dominique Jouandet, président de la commission employeurs de la FDSEA, employeur de sept personnes : « l’Orne compte 1 500 agriculteurs employeurs. C’est difficile de trouver des salariés ».

Jean-Baptiste Goutte, président de JA 61 : « les agriculteurs ont besoin de communiquer. Le métier manque d’attrait pour les salariés. Les ouvriers agricoles n’ont pas de perspective d’évolution professionnelle ».

Comment fidéliser les salariés ?

Dominique Jouandet : « le Gaec du Marchis emploie huit salariés, dont sept en CDI et un apprenti. Parmi les sept salariés en CDI, deux ont plus de vingt ans d'ancienneté, deux ont entre seize et dix-huit ans d'ancienneté et trois ont entre six et neuf ans d'ancienneté. Pour les fidéliser, il n'y a pas que le salaire. Toutes les heures supplémentaires sont payées intégralement et les horaires sont attractifs puisque la journée de travail se termine à 17 h, ce qui est possible en élevage porcin. Les salariés doivent effectuer seulement un week-end de garde par mois. Depuis 2001, nous avons aussi mis en place une prime d'intéressement liée aux résultats économiques de l'élevage. Cette prime concerne tous les salariés, l'apprenti y compris ».

Jean-Baptiste Goutte : « être patron, c’est gérer de l’humain. Ça ne s’improvise pas. Trop peu d’agriculteurs sont formés pour accompagner du personnel. Il faut offrir des conditions de travail et de vie convenables. Ce sont des facteurs qui incitent à rester dans l’exploitation, ou pas ».

Pascaline Bellier de Fromont, chargée de mission emploi à la FRSEA : « l’attractivité est très importante. L’agriculture est un métier manuel, qui souffre d’un déficit d’image. Il faut s’adresser aux collégiens et lycéens. C’est un travail sur plusieurs années pour capter les jeunes. Les demandeurs d’emploi sont attentifs aux primes. Agriculteurs, vous êtes aussi le responsable des ressources humaines. Ce n’est pas inné, mais on peut vous aider à faciliter les échanges ».

Jérôme Volle : « le salarié n’est pas une charge, mais un vrai investissement. Bon nombre d’exploitations n’en ont pas et peinent à se dégager un salaire. Elles font le choix d’arrêter un atelier, souvent l’élevage. La fatigue, la surcharge de travail font faire de mauvais choix. Il y a des endroits où on voit un surinvestissement de matériel alors que la valeur ajoutée d’une ferme, c’est l’humain ».

Dominique Jouandet : « le salarié peut être la raison de la survie de l’entreprise. Il est une assurance que le travail est fait. Il apporte des compétences et un regard extérieur. Il peut améliorer l’organisation du travail et voir des choses auxquelles on ne pense pas ».

Quid de la nouvelle convention collective ?

Jérôme Volle : « en agriculture, on comptait 141 conventions collectives, dans 90 départements. La nouvelle convention offre un système où l’employeur classe l’emploi et ensuite le salarié. On peut rendre l’accord salarial plus attractif dans son département, s’il est favorable au national. Nous donnons un cadre, mais la dynamique salariale doit se faire dans l’entreprise. Elle peut mettre ce qu’elle veut en place à l’avantage du salarié. On entre dans une aire plus moderne ».

Comment la FDSEA aide-t-elle à recruter ?

Mélanie Lemasson, directrice : « nous intervenons, en amont, grâce à la bourse de l’emploi. Nous vous aidons à rendre les petites annonces attractives. Nous recevons les candidatures, on se charge de la mise en relation entre l’employeur et le candidat. Ensuite, nous assurons la gestion de la déclaration d’embauche, le service paie, la DSN, les déclarations MSA et autres formalités. Nous allons jusqu’à la fin de contrat, la démission, la rupture conventionnelle. Employeur, c’est un métier. La FDSEA vous aide pour alléger les formalités administratives, vous forme aux ressources humaines en groupe ou individuel ».

Commissions : « je ne lâcherai rien »

Lors de son discours, Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA, a insisté : « le schéma directeur régional doit sortir pour les structures agricoles. Nous demandons que les comités départementaux d’orientation agricole soient maintenus, tous les mois. Même si nous ne sommes pas décisionnaires, nous sommes de très bons indicateurs. Nous sommes aussi attachés à la CDPENAF (Commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers). Nous formons un trépied avec les JA et la Chambre. Nous ne lâcherons rien », prévient-elle à l’attentions de la préfète. Françoise Tahéri de répondre : « c’est un sujet très compliqué. Le schéma régional est en cours de révision. Le CDOA se réunit chaque mois. Son avis consultatif est souvent suivi. Ce n’est pas vous contre moi, ou moi contre vous. Nous avons un objectif commun, celui de faire avancer l’agriculture, de porter haut ses couleurs, ses transformations. Nous avons une ambition partagée, nous devons jouer collectif ».

 

Bourse à l’emploi : la FDSEA de l’Orne est partie prenante

« La bourse à l’emploi est un service de qualité, avec un gestionnaire par département, assure Pascaline Bellier de Fromont. Nous avons une plateforme téléphonique aussi bien pour s’inscrire, se renseigner ou être accompagné. » Elle est à destination des chercheurs d’emploi comme des employeurs. Un numéro : 09 73 033 200, une plateforme téléphonique ouverte de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h.

 

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