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L'endiverie Decaen en visite sur les terres du chicon

L'endiverie Decaen (14) a organisé, mercredi 3 juillet, une visite de deux endiveries du nord de la France pour ses salariés. L'objectif de cette visite de fin de saison : découvrir d'autres façons de travailler et construire une relation sur le long terme avec les employés.

Les salariés de l'endiverie Decaen ont visité l'entreprise de Julien Spriet (en noir). La structure est équivalente à celle de Cambes-en-Plaine en matière de production, mais différente par la façon de travailler.
Les salariés de l'endiverie Decaen ont visité l'entreprise de Julien Spriet (en noir). La structure est équivalente à celle de Cambes-en-Plaine en matière de production, mais différente par la façon de travailler.
© ED

Il est 6 heures à Cambes-en-Plaine et les salariés de l'endiverie Decaen sont déjà dans la cour de la ferme. Ce n'est pas une journée comme les autres qui les attend, en ce mercredi 3 juillet. Pour marquer la fin de la saison, les dirigeants de l'entreprise ont organisé la visite de deux endiveries situées dans le nord de la France, bassin de production du chicon. L'endiverie Decaen est une structure unique dans la région, alors l'objectif de la journée est « d'aider les salariés à avoir une vue d'ensemble du monde professionnel dans lequel ils évoluent, leur faire découvrir d'autres façons de travailler et construire une relation sur le long terme avec eux », explique Sylvain Decaen, cogérant de l'endiverie.

Une structure similaire

Il est 6h30. Le bus arrive, il conduira toute l'équipe vers la Baie de Somme, dans laquelle est installée la première endiverie. L'arrivée est prévue vers 10h30. Dans le car, la plupart des passagers finissent leur nuit. Sylvain Decaen, lui, partage ses connaissances de la région des Hauts-de-France, où il y a étudié pendant un an. « L'abbaye et les jardins de Valloires sont incontournables », assure-t-il. Après quatre heures de route, le bus arrive à la ferme de Mézoutre à Vironchaux (80), chez Julien Spriet. Ce dernier a repris l'exploitation en 2012. À la différence de l'endiverie Decaen, la ferme est diversifiée : elle compte, en plus de la production d'endives, un atelier céréales et un autre en pomme de terre. Pendant la visite, les salariés normands relèvent les points divergents entre les deux entreprises : « ici, ils trient les feuilles des racines », « l'organisation pour le conditionnement est complètement différente. Chaque maillon de la chaîne est dépendant des autres. À l'endiverie Decaen, nous sommes beaucoup plus autonomes », notent-ils. Après presque deux heures de visites et d'échanges, il est temps de remercier Julien Spriet et de se diriger vers le point de déjeuner.

Cagny fait parler dans le Nord

Il est 13 heures. Le car dépose les salariés et dirigeants de l'endiverie Decaen au pied d'un restaurant, « où le repas est offert par les établissements Hoquet, implanté dans les Hauts-de-France et chez qui nous achetons les semences d'endives », rappelle Sylvain Decaen. À table, les discussions fusent et un sujet revient, même à 300 km de Caen : « comment les betteraviers vivent-ils la fermeture de la sucrerie de Cagny ? » interroge Stéphane Hoquet, président de Hoquet-Graines. « La situation est très préoccupante, un plan de reprise a été proposé par les planteurs, mais Südzucker refuse de vendre le site », répond Sylvain Decaen. Les discussions terminées et les estomacs bien remplis, il est temps de se diriger vers la deuxième et dernière visite de la journée.

Des salariés ravis

Il est 15 heures. L'équipe arrive dans la ferme de Johnny Delbey, à Canettemont (62). En termes de production d'endives, la structure est nettement plus petite que l'endiverie Decaen. Ici, une vingtaine d'hectares sont destinés au chicon. L'exploitant s'interroge sur sa stratégie commerciale à adopter à l'avenir : être indépendant ou adhérent à une structure commerciale, mais aussi sur le type d'emballage à adopter, vrac ou pré emballé. Ces questions, beaucoup d'endiviers se les posent dans les Hauts de France et notamment Johnny Delbey, qui anticipe la transmission de son exploitation à ses deux fils. Pressée par le timing, la visite est écourtée et le bus rebrousse chemin vers la Normandie. Mais les salariés de l'endiverie Decaen sont ravis de leur journée. Ils profitent du retour pour débriefer. « Les visites étaient très intéressantes. Les producteurs n'hésitent pas à nous ouvrir leurs portes alors que nous sommes des entreprises concurrentes », salue Matthieu Dedun, chauffeur à l'endiverie Decaen. Céline Reboussière, salariée au conditionnement de l'entreprise, a apprécié « de voir d'autres façons de travailler, même si je trouve que le système de l'entreprise Decaen est plus simple. Mais c'est peut-être une question d'habitude », conclut-elle. 

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