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Les agriculteurs doivent s’investir dans la vie publique

Agricultrice dans le centre-Manche, Florence Mazier fait partie des 102 conseillers régionaux de la nouvelle Normandie. Même si elle ne brigue pas la présidence de la commission agricole, elle compte défendre la profession dans sa nouvelle région.

© SB

C’est en 2001 que Florence Mazier a décidé de chausser les bottes en rejoignant l’exploitation familiale sur la commune de Le Dézert, située dans la région saint-loise. Un véritable choix qu’elle a effectué « en 30 secondes », après avoir été clerc de notaire puis enseignante en gestion, droit et économie dans un lycée agricole. « J’ai eu l’opportunité à ce moment-là de revenir sur l’exploitation familiale et je ne le regrette pas ». Pour autant, son installation n’a pas été sans embuche. « Je me suis installée avec mon frère. Lui a pu bénéficier d’aides à l’installation. Ayant été considérée comme conjointe et non comme chef d’exploitation, les droits étaient différents à l’époque », dénonce-t-elle. Vécue comme une injustice, cette situation aura été le déclic de son implication dans le syndicalisme agricole. « Cela m’a poussée à rejoindre les JA », assure-t-elle entre 2001 et 2006. Et au fil des années, elle a gravi les échelons comme trésorière, secrétaire générale puis présidente, tout en endossant la vice-présidence des JA de Normandie pour défendre au niveau national deux dossiers concernant les agricultrices et la réforme de l’élevage.

Les JA : une bonne école
Femme de terrain, cette quadra a continué de saisir les opportunités. En 2008, elle intègre le conseil municipal de sa commune dans le but de participer à la vie locale. « Je vis sur un territoire et je m’y intéresse tout simplement. L’agriculture est partie intégrante du milieu rural. C’est donc important que les agriculteurs s’investissent dans la vie locale », confie la nouvelle élue de la Normandie. Et son expérience au niveau des JA ne lui aura pas été inutile.
« C’est une bonne école pour apprendre. Il faut savoir défendre des idées tout en étant ouvert d’esprit et à l’écoute des autres », note Florence Mazier qui a eu a cœur de porter des dossiers phares comme l’installation et la transmission.

Faire des choix
Son investissement dans la vie politique prend encore plus d’ampleur en intégrant l’équipe de Jean-François Le Grand, tête de liste aux élections régionales de Basse-Normandie en 2010. « Cela a été une surprise mais comme je le disais, la vie est faite de choix. C’est un domaine que je ne connaissais pas. Les agriculteurs doivent s’investir dans la vie publique. Et c’est une nouvelle expérience que j’ai voulu saisir » souligne-t-elle. Pendant cinq ans, elle siègera dans l’opposition au sein de la commission « Europe, coopération, tourisme et réunification, agriculture, Environnement et pêche ». Cette fois-ci, depuis le soir du second tour des élections régionales de la nouvelle Normandie, elle est dans la majorité conduite par Hervé Morin. « J’ai beaucoup appris au cours de mon précédent mandat. Et cela avait attiré ma curiosité. J’avais envie d’élargir mes domaines de compétences. Et je n’ai pas envie que l’agriculture soit oubliée ». Un souhait partagé par le nouveau président de la Normandie puisqu’il a émis le souhait que la prochaine commission soit pilotée par un professionnel de l’agriculture. Mais ce ne sera pas Florence Mazier. « Je n’ai pas demandé de vice-présidence » assure-t-elle. Pour autant, elle compte s’investir pleinement pour le bien du territoire.

Une collectivité d’avenir
Participer à l’écriture du PDR ou encore suivre le devenir des Abattoirs Industriels de la Manche de Sainte-Cécile reste une priorité pour l’élue qui a envie d’avancer au sein de cette nouvelle région. A ses yeux, « c’est la collectivité d’avenir. C’est là où seront décidées les orientations économiques, gérés les fonds européens… C’est un échelon incontournable au vu de la réforme des collectivités et le regroupement de communes ou de communauté de communes ».
Alors, au sein de l’équipe, elle veut participer à faire de la Normandie le grenier de la France. Une expression martelée par Hervé Morin pendant la campagne électorale. « On a naturellement un bon climat et des productions diverses sur le territoire. Tout le monde doit pouvoir s’y retrouver pour que l’agriculture normande obtienne une place prépondérante à l’échelle nationale et européenne ». Et comme au cours de la manifestation organisée par les JA de la Manche à la veille de Noël à Saint-Lô devant la préfecture, Florence Mazier appelle les différents syndicats comme les chambres consulaires et autres interlocuteurs à participer à cette construction. « Cela ne peut pas se faire en un claquement de doigts mais tout le monde peut y contribuer » conclut-elle.

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