Action syndicale devant la préfecture de la Manche
Les agriculteurs ne veulent pas se retrouver sur la paille
Entre un épisode neigeux et la tempête Goretti, les agriculteurs se sont mobilisés le 8 janvier devant les grilles de la préfecture à Saint-Lô de manière à faire remonter leurs doléances, exprimées face au préfet, Marc Chappuis, venu les rencontrer. C'est toujours non face à l'accord du Mercosur, la baisse du budget de la PAC, la taxe MACF...
Place aux actes concrets. Ce sont les mots clairement inscrits sur le document transmis au préfet de la Manche, Marc Chappuis, par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs de la Manche le 8 janvier, jour de la mobilisation d'une centaine d'agricultrices et agriculteurs des deux réseaux syndicaux. "La conjoncture n'est pas facile, les signaux sont vraiment défavorables pour nous. On a vraiment besoin de rappeler à l'État ses responsabilités", débute Luc Chardine, qui attend "des décrets d'application", suite à la loi votée depuis plusieurs mois. "C'est inadmissible. On a encore besoin de se battre", ajoute-t-il pour éviter "de mettre les agriculteurs sur la paille".
Que des promesses
"Il n'y a rien, juste beaucoup de promesses. On a besoin d'actes. On a besoin de concret", reprend Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA.
Dans la liste des doléances, il y a bien entendu le refus de l'accord du Mercosur. "C'est non et nous ne changerons pas d'avis", avance fermement le responsable syndical. Il y a la taxe de la MACF (même si une suspension a été obtenue la veille), la baisse du budget de la PAC...
ICPE : un décret attendu pour février
En termes de simplification, les décrets d'application n'arrivent pas. C'est le cas pour les ICPE (installations classées). Cela se traduit dans la Manche par des projets d'élevage bloqués ou retardés, une insécurité juridique pour les exploitations soumises à la réglementation, un découragement des porteurs de projets... "On en est à la phase du conseil d'État. J'espère que le décret sera signé en février. Vous l'attendez mais nous aussi. Ce sera moins pesant pour nous tous", indique le préfet de la Manche.
Donner une perspective européenne
Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, a mis en lumière les attentes de la profession vis-à-vis de l'Europe. "L'agriculture n'est plus une priorité", se désole-t-il, en voyant un budget mis à mal. "Aujourd'hui, toutes les filières d'élevage sont déficitaires hormis la filière laitière, mais pour combien de temps. Il faut se ressaisir", avance-t-il devant ses collègues mobilisés. Les sujets sur le bien-être animal, les IED (émissions industrielles)... sont autant de sujets qui "induisent des contraintes à l'élevage. C'est inadmissible", martèle-t-il, rappelant l'avancée européenne obtenue quelques heures avant la mobilisation devant la préfecture. Il parle de la taxe MACF. "Il y a une suspension. C'est une avancée importante obtenue grâce à la mobilisation du réseau le 18 décembre à Bruxelles", rappelle-t-il.
Alors, la mobilisation ne devrait pas faiblir. Les Jeunes agriculteurs ont été sur le Pont de Normandie ou encore au port du Havre. Désormais, le 20 janvier, c'est à Strasbourg que le réseau syndical sera présent. "On va ressortir", promet Luc Chardine.