Aller au contenu principal

70 ème anniversaire du débarquement
"Les boches dans la poche"

La plus grande bataille de la libération s'est décidée au dernier moment à Chambois, au hasard du déplacement des troupes alliées et de la retraite allemande.

D'un côté, 600 000 soldats américains, canadiens, britanniques, polonais et français,  bien ravitaillés et un moral refait à neuf depuis fin juillet et la percée d'Avranches. De l'autre 250 000 soldats allemands en déroute, souvent épuisés, ravitaillés par les corbeaux, mais encore correctement équipés. Et le tout, qui finira par converger entre le 12 août et le 21 août 1944, dans la vallée de la Dives, aux abords des plaines et des collines de Chambois. Ce sera le théâtre militaire le plus important de la bataille de Normandie dans un tout petit bout d'espace rural qui n'avait rien demandé et qui ne pouvait pas savoir que 10 jours de chaos s'abattraient sur lui, le faisant entrer à marche forcée et en grosses lettres, dans la grande Histoire. D'ailleurs en ce début de mois d'août, qui pouvait savoir que tout convergerait vers Chambois ? Pas les Allemands qui n'imaginaient pas un tel revers à leur contre-attaque de Mortain étouffée dans l'oeuf dès le 7 août. Les alliés eux-mêmes qui avaient déjà planifié un piège, alors que très bien renseignés sur les détails de la contre-offensive allemande Lüttich, ne pouvaient pas encore savoir que la tenaille qu'ils allaient mettre en place se refermerait sur Chambois dévasté. Les  habitants et réfugiés de la région pouvaient seulement constater une plus grande concentration des forces allemandes dans le département.

Aller vite
L'armée allemande est prise en tenaille dès le 12 août avec encore 150 000 hommes en  faction entre Falaise et Argentan, et déjà bien consciente du danger qui pèse sur elle. Mais Hitler refuse encore de reculer et ce n'est que le 16 août 1944 que l'armée allemande prendra l'ordre de battre en retraite sur la Touques, puis vers la Seine. Après tout ce temps perdu, les Allemands doivent aller vite, très vite, et pour les alliés, le 17 août, "il est déjà trop tard pour l'encerclement sur un axe Falaise - Argentan, il faut essayer de réaliser la jonction un peu plus à l'est, ce sera l'axe Chambois-Trun", rapporte le musée-mémorial de Montormel. La poche y sera fermée une première fois le 19 août, sera enfoncée de l'extérieur par les troupes allemandes échappées le 20, et définitivement fermée le 21. Tenant fermement le verrou sur la colline 262 durant toute cette période, la 1re division blindée polonaise tiendra bon jusqu'au bout, mais sera presque anéantie. Avantage du nombre, avantage du terrain, et avantage tactique d'une retraite allemande tardive, les pertes alliées se comptent en centaines d'hommes tandis que les pertes allemandes se comptent en milliers. Les alliés font environ 50 000 prisonniers. En débâcle, l'armée allemande a aussi laissé dans la poche une grande partie du matériel lourd, incapable de franchir la Dive, une barrière antichar naturelle que le commandement allemand n'avait pas anticipée. Du 19 au 21 août, les Allemands n'avaient plus qu'un couloir étroit et embouteillé pour circuler à découvert du feu incessant de l'artillerie alliée. Au plus fort des combats, la vitesse de circulation est de 500 mètres par heure dans ce couloir de la mort.

Convoyeurs étrangers
Cafouillage entre les différentes divisions alliées, retard pris pour fermer la poche, faible investissement de la division française. La bataille de Chambois ne sera finalement pas "le coup militaire du siècle" escompté par Bradley. Entre le 12 et le 21 août, 100 000 soldats allemands sont parvenus à s'extraire du chaudron. Les prisonniers faits à Chambois sont souvent "des troupes démoralisées, des auxiliaires étrangers, des convoyeurs de voitures hippomobiles, relate l'historien Grégory Laignel dans son récent ouvrage,"Pris au piège dans la poche de Chambois". Les guerriers les plus combatifs, les plus fanatisés, il faudra les retrouver sur d'autres fronts, notamment dans les Ardennes".

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Fin septembre, une étape importante a été franchie : "Les deux conseils d'administration ont approuvé le projet de traité de fusion 
Fusion Agrial-Terrena : on entre dans la dernière ligne droite
Après un an de travail, le projet de traité de fusion d'Agrial et de Terrena a été validé par les deux conseils d'administration.
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
Publicité