Aller au contenu principal

Les bottes et les cottes au pied de la préfecture

Le 2 juillet 2019, à la suite du mot d’ordre national, les Jeunes agriculteurs de la Manche se sont donné rendez-vous devant les grilles de la préfecture de la Manche pour manifester leur mécontentement face à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) mettant à mal l’agriculture française.

Le 28 juin, la Commission européenne a conclu un accord commercial avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). C’est ce qui a poussé les Jeunes agriculteurs de la Manche à manifester le 2 juillet dernier. Une soixantaine d’adhérents avaient amené leurs bottes et leurs cottes de travail afin de les déposer devant la grille de la préfecture. « C’est un geste symbolique », explique François Rihouet, président des JA de la Manche. « Un geste qui démontre que nous ne pourrons plus travailler avec cet accord commercial trouvé avec les pays du Mercosur », déplore-t-il.

Comment croire en l’avenir

Dans cet accord, c’est la viande de bœuf qui cristallise l’angoisse des agriculteurs. Pas moins de 99 000 tonnes de viande pourraient être importées. « Comment voulez-vous qu’un jeune installé en viande bovine puisse encore croire en l’avenir avec une telle annonce », s’insurge le président des JA.

Ne rien dire, c’est accepter

« C’est d’autant plus révoltant que nous avons travaillé avec ce gouvernement dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, que nous n’avons rien entendu de la part des différents candidats aux élections européennes. C’est un véritable pied de nez à notre travail », poursuit-il, la gorge serrée. « Oui, ça prend aux tripes de voir ça. On a cru qu’on était entendu et qu’on pouvait avoir des perspectives parce qu’on croit en notre métier », avoue-t-il. Tout simplement, pour les JA, « ne rien dire, c’est accepter. Et nous n’acceptons pas que l’agriculture serve de monnaie d’échange et soit ainsi sacrifiée », martèle François Rihouet.


Des échanges équilibrés

Les JA avaient également amené du papier qu’ils ont déposé de l’autre côté des grilles. Là aussi, cela se voulait symbolique. « Ce n’est pas pour se réchauffer mais bien pour montrer qu’on croule sous la paperasse. On nous impose toute une réglementation alors que nous allons être en concurrence avec une agriculture qui n’est pas du tout la notre. Nous ne sommes pas contre les échanges internationaux, mais nous voulons qu’ils soient équilibrés. Le gouvernement ne peut pas brader l’agriculture au profit de l’automobile, la chimie... », explique le responsable syndical.

Continuer l’action

Une rencontre avec les parlementaires et la FDSEA de la Manche a été programmée lundi 8 juillet afin de bien exprimer les inquiétudes de la profession, d’évoquer aussi le CETA, accord en perspective avec le Canada. « Le gouvernement parle de garanties. Mais quelles sont-elles ? Ce qui est sûr, c’est qu’on n’en restera pas là », telle est la promesse de François Rihouet à ses adhérents.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Marie Lecardonnel n'a pas pu se séparer d'un morceau d'obus conservé dans une boîte recouverte de l'inscription "morceaux de bombe ou d'obus ramassé dans la cour par Clermont Lecardonnel".
[EN PHOTOS] A 101 ans, Marie Lecardonnel reste un témoin précieux
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d…
Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes.
Le grand retour des portes ouvertes du syndicat Charolais du Calvados
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes. Les rencontres ont lieu cette fois-ci sur…
"Je ne suis pas de ceux qui pensent tout connaître", remarque David Clavière, mardi 18 mai, à l'occasion d'une conférence de presse. Le nouveau préfet souhaite "trouver des moyens d'avancer avec du bon sens et du pragmatisme, en étant simple, transparent et direct".
David Clavière, nouveau préfet "de terrain et de proximité" dans le Calvados
David Clavière, 52 ans, est le nouveau préfet du Calvados. Il succède à Stéphane Bredin et il a pris ses fonctions le 18 mai…
La remise de La Croix de commandeur dans l'ordre du mérite agricole à Gilles Beaufils s'est faite en mairie de Moyon, mairie qu'il a côtoyée pendant plusieurs décennies.
Promu commandeur dans l'ordre du Mérite Agricole, Gilles Beaufils reste humble
À 84 ans, Gilles Beaufils, ancien maire de Moyon pendant 30 ans, a reçu des mains du député Philippe Gosselin, parrain pour l'…
Grégory Bariller, élu président de la commission environnement le 8 avril dernier, par les membres du conseil d'administration de la FDSEA 61.
Grégory Bariller représente la commission environnement
Mercredi 8 avril, la FDSEA 61 a élu son nouveau conseil d'administration pour une durée de trois ans. Grégory Bariller, 40…
Publicité